Poussez-vous les morts

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Par Saint Jean Lhérissaint,

Haïti

Haïti se trouve sur le passage des Ouragans qui, chaque année, prennent naissance sur l’Océan Atlantique. D’où la saison cyclonique sur l’île s’étend chaque année du 1er juin au 30 novembre. C’est dans ce contexte d’ouverture de la dite saison cette année que je visite la commune de Port à Piment, dans le département du Sud.

La situation générale de ce département est dominée par les ravages qu’avait fait Matthew, puissant ouragan qui a frappé Haïti les 2, 3, 4 et 5 Octobre 2016. La visite de ce département exige prudence et discrétion à cause de la situation de grande nécessité dans laquelle se trouve la majeure partie de la population. Toute personne inconnue attire l’attention. On découvre une situation vraiment spéciale à Port à Piment, plus que dans les autres communes touchées. C’est l’une des communes qui est loin de se relever après cet ouragan qui a tout ravagé sur son chemin : maisons, arbres, plantations.

Situés dans l’arrondissement de Chardonnières, les sinistrés de Port à Piment sont dans une situation extrêmement alarmante. Toutes les maisons sur les hauteurs qui n’avaient pas de toit en béton ont perdu leur structure. Toutes celles qui se trouvaient dans la partie basse, à côté de la mer, ont disparues. Désespérée, la population a construit de petites maisons en tôles usagées, vieux bois, bâches et haillons, dans le cimetière de la ville, à côté de la route nationale. On n’imaginait pas que cela pouvait se faire pour deux raisons : d’abord, de coutume, les Haïtiens ont peur des morts, des « zombis ». Ensuite, on respecte beaucoup la mémoire de nos défunts, on ne saurait aller troubler leur repos. Incroyable mais vrai, les gens habitent carrément dans le cimetière. Ils y mangent, reposent et font tout. Les enfants, il y en a en grand nombre qui jouent autour des caveaux. Le mur de certaines tombes sert à adosser les baraques. Tout près de moi, une jeune fille indique au téléphone son adresse à quelqu’un : « j’habite au cimetière ».

Le cimetière devient donc une nouvelle adresse pour des vivants qui attendent des autorités un vrai programme de relèvement prenant en compte leur dignité et leur droit à la participation au dit programme dès sa genèse. Car plus d’un dans la population, surtout les plus faibles qui n’ont pas d’amis parmi les décideurs, se plaignent du fait qu’ils sont mis de côté dans plusieurs programmes qui visaient à apporter une solution aux problèmes auxquels ils font face. La nouvelle saison cyclonique commence, les séquelles de l’ancienne sont encore visibles et les victimes risquent d’être à nouveau les mêmes, parce qu’elles restent vulnérables au plus haut degré.

 

 

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Quand des combattants de la misère refusent de s’exiler

Saint Jean Lhérissaint

Haïti

Le travail de détection pour l’implantation en milieu rural d’ATD Quart Monde en Haïti continue lentement mais sûrement. C’est cette activité qui m’a porté à visiter la commune des Gonaïves – Département de l’Artibonite – la semaine dernière. Bien que chef-lieu de Département et d’Arrondissement, j’ai découvert qu’au-delà d’une ville active, il y a la vie nocturne où les blessés de la vie, de tout âge et en provenance de plusieurs communes, viennent à la recherche d’un mieux être. Il y a dans cette commune des coins bien misérables, comme la section Bassin. La terre y est aride et poussiéreuse. Quelques maisons précaires se trouvent non loin de la route, dans une chaleur suffocante, faute d’arbres. Les chauffeurs de taxi moto et leurs passagers font tout pour se protéger de la poussière. Seuls des bayarondes mal nourris (épineux qui servent à la fabrication du charbon de bois) et des cactus poussent là.

Nous rencontrons un homme et deux femmes, assis à côté de leurs sacs de charbon, en train d’espérer un véhicule de transport pour aller vendre leurs produits aux Gonaïves. Ils nous expliquent : « là où nous vivons, c’est comme l’enfer, mais nous sommes nés là, nous devons y rester, nous ne pouvons pas abandonner nos racines. Partir d’ici, ce n’est pas la solution, car nous allons arriver ailleurs avec nos problèmes. » Ces habitants de la zone disent qu’ils gagnent leur vie grâce à la fabrication du charbon de bois et font tout ce qu’ils peuvent pour assurer un avenir à leurs enfants. Aller à l’école est cependant l’un des plus grands sacrifices consentis par les enfants quand on tient compte de la distance à parcourir et du nombre de pentes raides à grimper. Pas d’arbres, pas d’eau, pas de fruits, pas de légumes, il faut se déplacer loin pour se procurer la moindre chose.

Trouver de l’eau potable est un véritable problème pour les habitants de cet endroit. Ils doivent faire au moins une heure de route pour monter à Trou Melon et trouver de l’eau de source. Une eau salée, en plus. Mais ils n’ont pas le choix s’ils ne veulent pas mourir de soif. Je remarque une autre activité pour les jeunes et moins jeunes de la zone: embarquer les camions avec des pierres et de sable destinés à la construction. On voit plusieurs camions qui font le même exercice dans des endroits plus ou moins dangereux à cause des falaises.

Les habitants de Bassin sont de vrais combattants contre la misère quand, malgré les difficultés quotidiennes, ils refusent d’être des acteurs de l’exode rural. J’espère qu’un jour leur bravoure sera récompensée par de l’État central qui mettra en œuvre une vraie politique de décentralisation.

Du charbon de bois pour la survie quotidienne

Saint Jean Lhérissaint,

Haïti

Ma nouvelle mission de détection en vue d’une implantation d’ATD Quart Monde en milieu rural me permet de découvrir des communes dont la survie se base uniquement sur la fabrication du charbon de bois. Plusieurs zones d’Haïti sont réputées sèches depuis un bon bout de temps. Fatigués de perdre les récoltes, les paysans n’y cultivent plus la terre. Pourtant, les deux principales activités économiques du pays sont l’agriculture et l’élevage. Celui-ci sert à dépanner en cas de maladie, de décès ou d’autres imprévus, mais la survie quotidienne est assurée par l’agriculture vivrière, en grande partie tournée vers l’auto-consommation.

Dans les zones rurales où l’agriculture est absente, comme à Phaeton dans le Nord Est, la nourriture quotidienne se fait rare. Les familles laborieuses s’ingénient pour s’offrir, tant bien que mal, de quoi manger chaque jour. Sur ces terres qui paraissent très pauvres en termes de capacité de production, pousse en grande quantité une sorte d’arbuste sauvage, dur, plein d’épines qu’on appelle « Bayawonn ». Ces plantes sont coupées et utilisées pour fabriquer du charbon de bois à répétition. Lequel est vendu pour couvrir les dépenses journalières. Les rares arbres forestiers et fruitiers qui peuvent se trouver au milieu des « Bayawonn » subissent le même sort que ces derniers. Un peu partout, on aperçoit de la fumée qui monte comme si c’était l’âme des arbres qui allait se plaindre auprès de Dieu parce qu’ils sont systématiquement abattus.

Cela se passe ainsi, non pas parce que les habitants ne connaissent pas les conséquences du déboisement, mais ils le font par nécessité. Ils reconnaissent le rôle que jouent les arbres pour qu’ils aient de l’eau. Ils savent qu’un jour, ils risquent de ne plus trouver d’arbres pour fabriquer du charbon. Ils sont souvent sensibilisés par les autorités, mais aucune alternative ne leur est proposée. Bélius, un habitant de Phaeton venant de préparer du bois pour son prochain fourneau de charbon, déclare : « Je sais que ce n’est pas bon d’abattre les arbres. Je suis au courant de toutes les conséquences. D’ailleurs, je me sens souvent triste en coupant un arbuste. Cependant, j’ai une femme et 8 enfants à nourrir. Je laisserai rapidement cette activité le jour où j’en trouve un autre. C’est vrai qu’un jour je risque de mourir de faim et de soif, mais les arbres doivent perdre leur vie bien avant moi». Ce père de famille n’est sans doute pas le seul à se trouver devant ce fait accompli. C’est difficile de dire qu’il a raison d’agir de la sorte, mais quand on regarde bien la zone, on voit que la population est livrée à elle-même, condamnée à se débrouiller pour vivre. Et il n’y a pas beaucoup d’autres solutions. La société est toujours prête à culpabiliser ces personnes, sans pour autant chercher à proposer une solution durable qui respecte leur dignité.

Drôle de coïncidence, ce jour-là, 10 décembre, je me suis rappelé que c’était le 68ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme. N’y a-t-il pas assez de richesses dans le monde pour nourrir plus que la population mondiale ? Chaque fois que quelqu’un meurt de faim, n’a-t-on pas raison de dire qu’il est assassiné ? A côté des proscrits des différentes sources de droit concernant la protection de la personne humaine, quand viendra le vrai combat pour la justice sociale ?

Logement décent pour tous : un véritable défi en Haïti

Saint Jean Lhérissaint

Haïti

En Haïti, tant en milieu rural qu’en milieu urbain, le droit au logement décent est loin d’être une réalité pour les plus pauvres. Les conséquences dévastatrices de l’ouragan Matthew dans le sud du pays viennent à nouveau tristement le démontrer.

Ce problème qui existait depuis toujours a pris une autre ampleur depuis le séisme du 12 janvier 2010. Louer la faible quantité de maisons qui résistent à une catastrophe est quasi impossible pour les petites bourses. Il n’y a pas de quoi payer le loyer, mais il faut bien qu’on dorme sous un toit. A Port-au-Prince, la capitale haïtienne, des familles pauvres qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts s’ingénient pour se construire un abri. L’un des rares choix qui se présentent à elles est de pousser la mer pour mettre leur petite maison. Il suffit de trouver quelques camions de gravats qu’on jette à la bordure de la mer. A chaque camion jeté, l’eau recule jusqu’à ce qu’on aboutisse à un espace littoral assez grand pour en faire une vraie petite ville. C’est ainsi qu’on est né Village de Dieu, par exemple.

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C’est un village où logent aujourd’hui des milliers de familles. Vivre à côté de la mer dans un pays situé sur le passage des cyclones prenant naissance chaque année sur l’atlantique, et sous la menace de tsunamis parce qu’à haut risque sismique, n’est pas sans risque. Personne ne choisirait de se mettre en danger, mais condition économique précaire oblige. Il est facile pour les autorités de critiquer la façon dont les habitants de ce village choisissent de résoudre le problème de logement, quand il leur est toujours demandé de déplacer. Mais où aller ? Que vaut la parole sans action concrète ?

En milieu rural, les paysans à très faible moyen construisent le toit de leur maison en pailles de palmier, de cocotier, de canne à sucre etc… S’ils arrivent à se protéger assez bien contre le soleil, quand il pleut, il leur faut quelques bassines s’ils veulent empêcher que tout se retrouve trempé. En temps d’ouragan, c’est la panique généralisée. Pour ceux qui peuvent se débrouiller un peu, c’est plutôt des maisons à toit en tôle. Mais il arrive souvent que ces toits ne résistent pas au vent violent.

Encore une fois, du 2 au 5 octobre 2016, l’ouragan Matthew a mis à nu la précarité de nos constructions et des endroits où elles se trouvent. Les villes littorales dans 4 de nos 10 départements sont presqu’inexistantes. L’île compte ses morts et ses principales pertes, la mer monte inondant les environs, les rivières déchaînées emportent tout ce qui se trouve sur leur chemin, les toits en tôle en en paille sont arrachés par les vents violents. Avant une catastrophe de plus, nous sommes en droit de demander : quand est-ce que les plus pauvres seront rétablis dans leur droit à un logement décent ?

Dames Sara : ces femmes qui forgent la vie

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Saint Jean Lhérissaint

depuis le Burkina-Faso

En milieu rural reculé en Haïti, les seules sources de revenus des paysans sont l’agriculture et l’élevage. Pendant que les hommes s’occupent des animaux et des champs, les femmes s’ingénient pour garantir la nourriture quotidienne des familles. Avec les moyens du bord, elles se créent une activité commerciale exigeant un grand effort physique. Elles deviennent des Dames Sara.

Les milieux ruraux reculés ne sont pas accessibles aux camions. Transporter les denrées jusqu’aux points où les véhicules peuvent arriver, n’est pas chose facile pour les paysans. Les Dames Sara sont des commerçants qui se proposent d’acheter les différentes denrées sur le marché local paysan et même sur le lieu de la récolte pour les transporter à la ville la plus proche et les revendre. Sacré travail, exercice difficile, effort physique énorme, mais les Dames Sara sont courageuses. Sur tous les chemins de marché, dans toutes les provinces, on croise ces femmes transportant des dizaines de kilogrammes de marchandises sur la tête. Elles sortent en groupes solidaires plus ou moins grands. Malgré le lourd fardeau sur la tête, chaque groupe est bien animé, il y a de la vie sur chaque visage. Dans les montagnes, les plaines, les collines – le rire, les blagues, les chants de toutes sortes, les cris de joie – annoncent l’arrivée d’un prochain groupe de Dames Sara. La nuit, la lueur des lampes s’ajoute aux signes annonçant l’arrivée d’un groupe. Aucun membre n’est laissé derrière, au moindre petit problème, c’est tout le groupe qui se sent concerné. De petites dégustations se font en marchant.

Sous le soleil de plomb, sous la pluie, la nuit, le jour, les Dames Sara ne peuvent s’empêcher de voyager. Des femmes de tout âge, des femmes enceintes font partie des groupes. Parfois la ville la plus proche se trouve à 50 kilomètres comme c’est le cas pour les Dames Sara de Cornillon qui se rendent à Thomazeau pour revendre leurs marchandises. Pour ce parcours, il faut emprunter des sentiers glissants, faire des traversées dangereuses, monter et descendre des pentes raides, mais les Dames Sara endurent, sachant qu’il y plusieurs bouches à la maison qui attendent les provisions qui seront achetées avec les bénéfices. N’est-ce pas cette activité qui permet à des familles de gagner dignement leur vie ? Dans la partie sèche et aride de Cornillon, c’est l’activité commerciale qui prévaut. Madame Salomon en témoigne : « les conditions de vie de ma famille sont difficiles, je suis obligée de fatiguer mon corps. J’achète tout ce que je trouve comme poule, dinde, haricot, maïs, vivres alimentaires etc… Je sais que mon corps paiera le prix de tout ça un jour, mais je n’ai pas le choix. C’est grâce à ça que les mâchoires mâchent. C’est dur, mais c’est mieux que mendier ». Dames Sara, une expression symbolisant la résistance de la femme vaillante haïtienne acceptant de voyager dans des conditions difficiles pour pouvoir nourrir dignement sa famille est malheureusement utilisée comme injure pour qualifier les élèves qui bavardent en classe ou ceux qui ne se taisent pas dans une assemblée.

À travers leur activité, les Dames Sara servent les paysans en achetant leurs récoltes. Elles nourrissent dignement leur famille. Enfin elles apportent la vie dans les villes parce que si les récoltes des paysans n’atteignent pas la ville, les citadins ne peuvent pas manger. Elles sont partout et elles sont fières d’être des Dames Sara.

Vivre comme un poulet

Saint-Jean Lhérissaint,

Burkina-Faso

Je suis arrivé au Burkina-Faso, il y a 2 mois et quelques jours. L’une des premières choses qui attire mon attention, c’est la grande préoccupation des gens pour les papiers d’identité. On crée des qualificatifs pour ceux qui se trouvent dans l’impossibilité de s’identifier, non pas par moquerie, mais pour dire que c’est inacceptable que des êtres humains ne peuvent même pas prouver comment ils s’appellent. D’où l’expression « Vivre comme un poulet ».

Au pays des hommes intègres, beaucoup de personnes, surtout les plus pauvres, n’ont rien pour s’identifier. Plusieurs raisons, certaines liées directement à la pauvreté, d’autres à la coutume ou à l’isolement, justifient ce manque. D’abord il y a des enfants qui sont nés chez un proche de leur maman ou dans un lieu d’accueil quelconque parce que la coutume du pays exige que la fille qui tombe enceinte chez ses parents parte et qu’aucun membre de la famille n’ait le droit de lui adresser la parole tant qu’elle ne revienne présenter ses excuses. Ensuite, il y a des familles qui n’ont pas de moyens pour payer la déclaration de naissance. Il y a des papas qui ne reconnaissent pas leurs enfants, du coup c’est impossible pour la mère de déclarer toute seule la naissance de l’enfant. Il y a des personnes qui se voient bannir de leur village. On leur déchire les papiers ou elles se sentent si désespérées qu’elles les jettent elles-mêmes. Enfin, autrefois chaque famille avait des taxes à payer. Ces taxes variaient selon le nombre de personnes qu’il y a dans la famille. Pour payer moins, des familles n’ont pas déclaré la naissance de quelques-unes de leurs progénitures. Le temps a changé, ces taxes n’existent plus, mais certaines personnes habitant des coins reculés gardent ça encore à l’esprit. À côté de tout ça, tous les parents sans papiers voient leurs enfants tombés dans la même situation puisque qu’il faut avoir ses propres pièces d’identité pour pouvoir en faire pour ses enfants.

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La déclaration de naissances par SMS bientôt possible au Burkina Faso : une réponse possible aux difficultés d’identification des naissances en Afrique ou une solution qui ne prend pas en compte les plus pauvres ?

Ne pas avoir de papiers ne devrait pas être une catastrophe si on pouvait s’en procurer facilement. Mais les avoir ici est bien compliqué, car la procédure est longue, les démarches difficiles. L’accompagnement, surtout de la famille de l’intéressé, est essentiel et il faut des sous pour couvrir les frais. Ainsi est-il clair que ceux qui ne connaissent aucun membre de leur famille ou qui n’ont pas le droit d’y retourner, ainsi que leurs descendants, sont condamnés à ne jamais avoir de papiers. Dans un pays où le contrôle s’intensifie surtout depuis l’attentat du 15 janvier 2016, où tout le monde, même les burkinabés, est obligé de circuler toujours avec une pièce d’identité pour ne pas se faire arrêter et payer, sortir sans ses papiers est un grand risque. Sayouba a bien mesuré ce risque quand, en se rendant de Ouagadougou à Kaya, il s’est fait arrêter lors d’un contrôle à un poste fixe. Oui, il a été arrêté parce qu’il n’a pas pu s’identifier comme les autres passagers l’ont fait. 2500 francs cfa lui ont été exigés pour obtenir sa libération. N’ayant pas cette somme en sa possession, il a passé 12 jours en prison.

« Quand on n’a pas de papiers, on vit comme un poulet. Même les morts ont des papiers, sinon on ne peut pas les conduire au village pour être enterrés » a déclaré un militant d’ATD Quart Monde. Un acte de naissance est le tout premier cadeau qu’on offre à un enfant qui arrive au monde. Ça prouve qu’il existe. C’est cette première pièce qui lui donne droit à toutes les autres. Faire bouger les états civils, les ministères de justice, les mairies, les ministères de l’intérieur et toutes autres structures selon les pays pour permettre à tout le monde d’exister légalement dès la première seconde de respiration sur notre planète, tel est le grand verrou à faire sauter pour que plus jamais personne ne vive comme un poulet.

Image tirée de l’article : La déclaration de naissances par SMS voit le jour au Burkina Faso