La poésie, la peinture, chemins pour se dire

Parfois les jeunes n'écoute pas les conseils de leurs parents et prennent d'autres chemins comme celui de la délinquance. Les livres représentent nos rêves et le désir d'apprendre

Par manque de conseils -Peinture de Daniela, 14 ans, Guatemala. « Parfois les jeunes n’écoutent pas les conseils de leurs parents et prennent d’autres chemins comme celui de la délinquance. Les livres représentent nos rêves et le désir d’apprendre. »

Nathalie Barrois,

Guatemala

Dire le quotidien
Se découvrir le pouvoir
De se regarder dans un miroir
Peindre pour émouvoir

Sortir du quotidien
Avec d’autres réfléchir
Penser aujourd’hui et l’avenir
Écrire pour se dire

Ces quelques vers de ma propre inspiration pour vous transmettre combien les jeunes du projet « Jeunes artistes et artisans de la paix » d’ATD Quart Monde m’ont touchée. Ils vivent dans un bidonville, étudient souvent sans livres, parfois à la lumière d’une bougie. Chaque jour trouver de quoi vivre, aider ses parents en poussant la brouette, en vendant au porte à porte. Et espérer que la maladie avec ses frais médicaux impossibles ne viendra pas rompre ce fragile équilibre. Bien sûr les copains, les voisins. On tourne en rond, entre rêves et tentations. Une violence sourde que rehausse le passage de la police : pour qui, pour quoi ?

Et puis voilà qu’un espace s’ouvre…

Ils sont rentrés dans notre proposition, que ce soit à travers l’écriture de poésie, ou par le biais de la peinture. Se référant à notre thème « une éducation digne, sans exclusion », ils ont pu exprimer leur rêves pour demain, partager leur expérience.

Avec à la clé une exposition de peintures et une matinée de Récital poétique à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère. Ils se sont sentis écoutés, attendus, reconnus…

Pouvoir se dire et la reconnaissance de l’autre font sentir qu’un autre chemin que le silence étouffant peut être possible pour demain. Appel à prendre son avenir en main.

Puissions-nous créer partout de ces espaces, dans nos quartiers, nos communautés, nos maisons…

MA LIBERTE
Auteure: Dalia 13 ans.

Liberté pour jouer et sourire
Liberté pour vivre le bonheur
dans l’école et ailleurs

Nous sommes libres pour recevoir une éducation
Nous sommes libres d’être de différentes couleurs
et de différents lieux

Personne ne peut nous nommer indigène ou nègre
Nous sommes libres et égaux.

Mon avenir dépend de ce que tu penses toi
Mon avenir est liberté sans mauvais traitements
Mon avenir et ma liberté, comme l’arc-en-ciel.

Parfois il n'y a pas de possibilité pour étudier par manque d'argent. Certains doivent travailler pour pouvoir étudier. Mais ils ne peuvent mettre en pratique ce qu'ils étudient. Les livres devraient être pour tous. Mais il y a ceux qui ne les prêtent pas. Emeldis, 18ans

Éducations Perdues -Emeldis, 18 ans « Parfois il n’y a pas de possibilité pour étudier par manque d’argent. Certains doivent travailler pour pouvoir étudier. Mais ils ne peuvent mettre en pratique ce qu’ils étudient.

Yeison Antonio, 17 ans

Education dans la paix et la liberté -Yeison Antonio, 17 ans
« Il faut avoir l’espérance qu’à partir de l’éducation tu peux atteindre ton projet . Il faut aussi la paix »

 

Une bouteille à la mère

Kobani en ruine photo ibtimes.co.uk

Kobani en ruine
photo ibtimes.co.uk

Une blogueuse, Sophie Torris, qui vit au Québec partage cet article sur son blog « Le Chat qui louche » en écho au drame du petit Aylan Kurdi, enfant de réfugiés syriens échoué sur une plage turque la semaine dernière. Elle invite à se méfier du piège de l’émotion et en appelle à trouver de vraies solutions de paix. Elle fait le lien avec la situation des enfants de son pays qui sont victimes d’un système scolaire à la dérive.

« Bien sûr, comme vous, je suis dévastée. Permettez que je me réfugie dans l’écriture, ma terre d’asile et mon arme de construction massive. Je pourrais passer mon arme à gauche, du côté du cœur et me contenter de pleurer les trois ans mutilés de ce petit garçon.

Bien sûr, comme vous, j’ai été bombardée par cette image qui, si elle noue la corde sensible autour du cou, risque de bâillonner la raison. L’émotion, si elle est de bonne guerre, s’attaque-t-elle à l’origine des problèmes ? Malheureusement, quand les sentiments déferlent, la capacité d’analyse reste souvent en rade.

L’enfant échoué est une bouteille à la mère, au père que nous sommes.  Quel message choisissons-nous d’y trouver ?

Quelle serait la véritable planche de salut pour ces familles entières qui viennent noyer leur désespoir sur les côtes européennes ? Car n’est-ce pas avant tout un acte de désespoir que de choisir le risque de l’exode, la menace d’un naufrage, le péril d’un futur incertain plutôt que de rester dans son pays ? N’est-ce pas un acte de désespoir que de fuir un pays sans issue pour une issue des plus incertaines ?

Il a fallu que l’on médiatise l’image d’un enfant mort alors que les côtes européennes sont un charnier depuis trois ans, pour que nos cœurs désarmés partent enfin en croisade. On couvre le feu de nos culpabilités en réclamant l’institution de quotas d’accueil. On se fait porte-étendard de la cause en se proposant soi-même comme camp de base : un petit Aylan Kurdi dans chaque foyer, ça ne serait pas la mer à boire, non ?

J’ai le mal de mère. Parce qu’en faisant preuve de bons sentiments, on bat nous aussi en retraite, en laissant derrière nous un terrain miné et des gens dessus. Si vous étiez Syrien,

ne voudriez-vous pas, tout simplement, mieux vivre chez vous ? C’est la guerre qu’il faut arrêter, et non réguler le flot d’immigration, supprimer les raisons de partir plutôt que d’imposer des quotas de réfugiés.

Nous ne sommes pas sur le même bateau, ici, au Québec. Nous n’avons pas à fuir tout un champ de ruines, pourtant, certains de nos terrains sont minés. Chaque année, des centaines d’enfants fuient les rives de la commission scolaire du Saguenay. Surtout des garçons, et certains sont encore en culottes courtes.

Ce n’est pas avec joie qu’on quitte l’école. C’est un acte de désespoir plus ou moins conscient, parce que ce terrain d’apprentissage est désolé, parce que ce milieu de vie n’est plus acceptable. On entasse de plus en plus les écoliers et les étudiants dans des espaces de vie réduits, on s’interdit actuellement, moyens de pression obligent, d’agrémenter leur nourriture ou de leur offrir des trêves, on les sanctionne sans leur offrir toute l’aide dont ils ont besoin, on dévalorise ceux et celles à qui l’on confie leur instruction. N’est-on pas en train de faire de l’éducation un champ de mines ? N’est-on pas en train de faire de l’école une Kobani* ? Chaque année, des centaines d’enfants fuient ses rives, bien avant l’heure, tentant de rejoindre, sans diplômes, celles du marché du travail. Ainsi, ils choisissent le risque de s’y échouer plutôt que de rester face à des tableaux trop noirs sur les bancs d’une école entonnoir.

Les petites filles sont mieux armées pour faire face aux hostilités. Si elles supportent de bonne guerre la souffrance de ce long bivouac, peut-être est-ce parce que, matures plus jeunes, elles sont capables de s’investir aujourd’hui pour demain. J’ai beau faire la guerre aux préjugés, je pense que les petits garçons veulent avant tout jouir du présent et peinent à se projeter dans l’avenir. Mon fils tente actuellement de survivre dans des tranchées de chiffres et de lettres avec si peu de munitions que c’en est héroïque. Il a encore confiance en l’éducation quand d’autres n’y voient plus qu’un champ de bataille où aucune victoire n’est possible.
L’école doit rester un lieu attractif. Et pour en finir avec ces guerres sans merci qui poussent des régiments d’enfanterie à la fuir, ne devrait-on pas supprimer les raisons de cet exode, de ce décrochage qui s’avère parfois si suicidaire ?

Je suis Aylan, je suis Tom, mon fils. Je suis tous ces enfants sur le sentier d’une guerre qui ne devrait pas être la leur. Je suis pour un traité de paix signé sur les décombres, seul engrais véritable qui ferait refleurir l’espoir. »

*Kobani est la ville syrienne, théâtre de combats violents entre djihadistes de l’État Islamique et miliciens kurdes, que fuyait la famille d’Aylan Kurdi.

Sophie Torris

Yo voto por… Je vote pour…

Les candidats à l'élection présidentielle sont nombreux, mais répondent-ils aux attentes de changement de la population ?

Les candidats à l’élection présidentielle sont nombreux, mais répondent-ils aux attentes de changement de la population ?

Christine Josse,

Guatemala

Le 6 septembre 2015 aura lieu l’élection présidentielle au Guatemala, dans un contexte de crise politique profonde. Nous avons rencontré des habitants du quartier Lomas de Santa Faz dans la zone 18 de la capitale qui nous disent comment ils vivent ce moment historique pour leur pays.

Baldizon, Sandra, Zury… les candidats à l’élection présidentielle guatémaltèque sont nombreux… Hay un empleo, hay un futuro, No mas extorsiones, Nosotros Si Podemos… Les slogans aussi sont multiples… Et en ce qui concerne les promesses pour un futur meilleur, les programmes des différents candidats omettent de détailler comment les concrétiser. La confiance n’est pas au rendez-vous de cette élection. C’est plutôt la remise en cause du système politique qui domine dans la population.

Le mouvement citoyen contre la corruption et en faveur de la Réforme de la loi électorale et des partis politiques le prouve en manifestant de manière pacifique chaque semaine et en appelant les guatémaltèques à s’impliquer pour obtenir les changements qu’ils espèrent. C’est la citoyenneté qu’ils veulent au centre du système. Cette campagne électorale et les enjeux qui l’entourent sont un moment critique pour le pays. Et pour toute la population.

Dans le quartier de Lomas de Santa Faz, l’un des quartiers les plus pauvres de la ville, pas d’affiches à l’effigie des candidats. Pas de grands panneaux publicitaires surplombant la rue pour mettre en avant un nouveau slogan. Seulement quelques candidats sont venus jusqu’ici présenter leur programme. Les habitants savent qu’une fois élus, ceux qui s’y sont présentés ne reviendront pas les soutenir pendant leur mandat. Ils vivent du coup la campagne électorale à distance. Mais, face aux promesses des candidats jamais tenues par le passé, le résultat des élections et ce qu’il implique pour leur avenir les préoccupent. Pour Don R., « il y a de la tristesse et de l’impuissance » à faire ces constats. « Les promesses ne sont pas tenues. Nos droits sont violés. Nous avons des droits, mais ils ne sont pas respectés ».

La démarche choisie par les partis politiques pour convaincre les habitants de voter pour eux va même en-deçà des mots et des promesses. Elle se transforme en distribution de petit sac alimentaire (mini bolsa) contenant parfois deux livres de maïs, une livre d’haricots rouges, une livre de riz et une petite bouteille d’huile. D’autres distribuent du café et des tamales (pâté de viande à la farine de maïs enveloppé dans des feuilles de maïs). Bien peu pour ces familles. Ceux qui les reçoivent ne sont pas dupes. Ce sont là des tentatives pour acheter les votes. Certains choisissent de marcher dans ces combines. D’autres non. « Je ne vends pas mon vote », nous dit ainsi Doña W. Don R. nous explique qu’il ne soutient pas ces candidats, « Ils veulent seulement nos voix, les acheter. Après, ils ne tiennent pas leur parole et nous oublient. Je vote parce que c’est un devoir ».

Cependant, les habitants de Lomas espèrent eux aussi que les choses changent.

« Nous devons avoir des opportunités de travail »

Les élus auraient pourtant beaucoup à faire pour que la vie dans ce quartier soit meilleure et cela en impliquant ses habitants dont la citoyenneté est niée. Éducation, travail, santé, sécurité, corruption… Sur tous ces sujets, les habitants de Lomas savent ce qu’ils ne veulent plus subir et ce qu’ils veulent améliorer.

Pour Don R., « nous devons avoir des opportunités de travail et un travail digne. Aujourd’hui, le salaire n’est pas suffisant pour acheter à manger, seulement des haricots rouges et des tortillas. Le salaire minimum n’est rien. Nous, les pauvres, n’avons pas une alimentation équilibrée. ». Et parfois rien à manger. « Il y a beaucoup de gens qui luttent pour donner du pain à leurs enfants. Les personnes qui vendent dans la rue doivent parfois s’enfuir comme des voleurs parce que la police municipale en a après eux. Ils vont jusqu’à leur enlever leur marchandise. ».

L’éducation pour tous, pour Doña S. comme pour les autres habitants, est primordiale. Elle souhaite que ses enfants aient accès à une éducation de qualité. Ce qui est difficilement faisable. « Rien n’est gratuit. Si nous n’avons pas d’argent, nos enfants ne peuvent pas aller à l’école. ». Doña W. nous parle d’un programme d’assistance sociale du gouvernement, la « Bolsa Solidaria », qui apporte chaque mois aux familles les plus pauvres un sac contenant des produits alimentaires de premières nécessités pour aider à couvrir les besoins nutritionnels de base dans un pays où une grande partie de la population et en particulier les enfants souffrent de malnutrition chronique. Outre les problèmes d’accessibilité au programme et le fait que la Bolsa Solidaria ne permet pas toujours à ces familles un apport suffisant, Doña W. ajoute qu’ « offrir la Bolsa Solidaria devient une mode. Ce n’est pas la solution. Si on nous donne quelque chose que nous n’avons pas gagné, nous ne nous sentons pas bien. On se sent bien quand on gagne quelque chose par ses propres efforts. Avec la Bolsa, nous n’avons pas à manger pour un mois, mais si on nous donne la possibilité, nous pouvons gagner les choses par nous-mêmes. ». Elle espère, comme chacun d’entre eux, que les familles les plus pauvres soient prises en compte dans les propositions des gouvernements.

« Nous devons lutter »

Doña W., Doña S., Doña M. et Don R. nous disent ne pas savoir s’ils iront voter. S’ils vont voter, ils ne savent pas pour qui ni pour quoi. Ils attendent plus d’honnêteté et de vérité de la part du personnel et des partis politiques. « Quelle éducation donnent les pères de la patrie ? Je ne crois pas en eux. Et nos enfants, en qui vont-ils croire ? ».

Ils attendent qu’on les écoute et que l’on construise avec eux ce nouveau Guatemala en paix et plus juste. Ils attendent que le système éducatif leur soit davantage accessible et leur permette d’accéder à un futur meilleur. Ils attendent que le système de santé ne les laisse pas aux portes de l’hôpital. Ils attendent d’avoir un travail qui leur permette de vivre. Ils attendent que leurs droits soient enfin respectés. Ils savent aussi que cela n’est pas suffisant d’attendre. « Nous devons avoir nous-mêmes la force pour changer, nous devons lutter, parce que les gouvernements ne font que des promesses et ne les tiennent pas. », explique Doña M. En définitive, ils savent pourquoi ils veulent voter.

Ils font partis eux aussi de ce mouvement citoyen qui veut changer le Guatemala.

La géographie de l’échec scolaire

echecscolaire

Pascal Percq, France

 

« Le jour de la rentrée, les enfants sont beaux. Les parents se sont ingéniés à les habiller de neuf pour dire tout l’espoir qu’ils mettent dans une nouvelle année qui commence » écrit Martine, militante en Normandie. Ce jour « heureux » de la rentrée est souvent suivi hélas de grandes désillusions.

En France, cette année, deux accrocs importants marquent cette rentrée scolaire : la réforme des rythmes scolaires et l’accueil de tous les enfants. Sur les rythmes scolaires : thème polémique, on observe deux aspects, l’un, positif qui favorise l’accès à certaines pratiques pour des enfants de familles à faibles ressources et l’autre, négatif, qui accentue les inégalités d’une commune à l’autre. Sur la scolarisation de tous les enfants, on constate que le consensus national sur « l’école pour tous avant 16 ans » est largement entamé par le sort fait aux enfants Roms dont plus de la moitié ne sont pas scolarisés souvent en raison d’obstacles placés par les maires sur le chemin de l’école, dissuadant les parents de pouvoir les y inscrire.

Revenons sur les inégalités permanentes.

Dans une récente étude publiée cet été, le Ministère de l’Éducation nationale dresse une « géographie de l’école » qui souligne le lien entre les territoires et le niveau de formation 1. Celui-ci n’est pas sans rapport entre l’élève et son environnement plus ou moins propice à la réussite scolaire. L’étude prend en compte quatre indicateurs : l’environnement économique et social, le contexte scolaire, les moyens et les ressources humaines, les parcours scolaires et les résultats. Affinée au niveau cantonal, l’analyse porte sur sept autres variables de conditions de vie : le niveau du revenu, le taux de chômage, la précarité de l’emploi, le niveau de diplôme des parents, le taux de familles monoparentales et de familles nombreuses ainsi que les conditions de logement.

Le résultat est impressionnant. Alors que les détracteurs de la réforme des rythmes scolaires critiquent des inégalités dans les activités périscolaires laissées à la charge des communes, la lecture de cette étude confirme que de multiples inégalités à l’école existaient déjà, illustrées au niveau de la trentaine d’académies, des régions, des départements ou des cantons. Tous les élèves n’ont pas les mêmes probabilités de décrocher leur bac, ou de se retrouver en échec scolaire, suivant leur lieu d’habitation, leur milieu socio-économique et leur structure familiale.

On apprend par exemple que la proportion d’élèves en retard à l’entrée en sixième s’échelonne entre 8 % et 47 % (la Guyane). Dans les académies de Grenoble et de Besançon, elle est en moyenne inférieure à 10,5 %. Dans celles d’Amiens et de Reims, elle se situe entre 12 % et 15 % et. Le risque de terminer sa scolarité sans aucun diplôme varie du simple au triple. À Paris, environ 5 % des jeunes de 18 à 24 ans ont terminé leur cursus sans diplôme en 2010. En Corse, ils sont plus de 15 %. Le taux de réussite au bac est inférieur à 90 % dans l’académie d’Amiens et d’Aix-Marseille, supérieur à 93 % dans celle de Grenoble. Plus des trois quarts des nouveaux bacheliers s’inscrivent dans l’enseignement supérieur à Paris et Versailles, moins de 65 % à Grenoble, Nantes, Poitiers.

Cette étude du ministère, bien comprise, ne doit pas être considérée comme les « zones à éviter » (sic !) mais au contraire comme une « feuille de route » pour tous les acteurs de l’éducation. Et parmi ceux-ci on n’oubliera pas d’inclure ni les élèves, ni les parents y compris ceux des milieux défavorisés. C’est avec eux que pourra être imaginée cette « école de la réussite de tous les enfants ».

Cette carte de l’échec scolaire est en quelque sorte l’aveu de faiblesse d’un système scolaire en cours de rénovation mais aussi la carte des défis à relever par tous les acteurs de l’école, qu’ils soient enseignants, responsables politiques, locaux ou nationaux. On rêve d’une prochaine livraison du même Ministère qui nous donnerait à voir la carte des réussites scolaires et pédagogiques dans le pays, car elles existent !

 

 

Le glas sonne pour ces enfants de la misère

Maria Victoire, Côte d’Ivoire

Tandis que l’UNESCO dénonce la non-scolarisation de millions d’enfants dans le monde,

tandis que L’ONU travaille d’arrache-pied à l’évaluation des Objectifs du Millénaire pour réduire la pauvreté en ne « laissant personne de côté » et assurer une « éducation de qualité » pour tous,

tandis que la Banque Mondiale finance 19 « centres d’excellence africains », à hauteur de 150 millions de dollars destinés à aider à la transformation de l’enseignement scientifique et technologique de sept pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale,

tandis que bat son plein la campagne menée par des Agences de l’ONU et des ONG pour dénoncer l’exploitation et les violences faites aux enfants en mobilité, qui quittent leur village pour étudier en ville mais se retrouvent à la rue, victimes d’institutions peu scrupuleuses,

le petit Kouadio Koffi, 10 ans, la tête entre ses mains crie, « je suis fatigué, je ne me sens pas bien ! ».

Et comme en réponse aux cris de Kouadio, le PAM (Programme Alimentaire Mondial) annonce la fermeture de son bureau à Bouaké faute de fonds, entraînant celle de nombreuses autres organisations qui dépendent du PAM !

Kouadio arrive tôt le mercredi matin pour participer à l’activité des enfants, il est toujours à l’heure et attend ses petits camarades. Il chante, il joue avec les autres et personne ne remarque qu’il est malade.

Il a échoué trois fois son CE1 et cette année on l’a renvoyé de l’école. Il n’est admis nulle part et à la rentrée lorsqu’il verra ses camarades aller à l’école, lui restera à la maison avec sa tante qui a sa garde. Il en pleure déjà. La maman de Kouadio est morte de VIH ainsi que son père. Kouadio et sa tante ne sont pas épargnés par cette maladie contagieuse qui décime toute une partie de la population en Côte d’Ivoire et d’autres pays d’Afrique.

Kouadio a soif d’apprendre, mais sa maladie empire de jour en jour. Il ne sait pas pourquoi il doit prendre autant de médicaments, pourquoi on l’a mis à la porte de l’école ni pourquoi il n’arrive pas à apprendre. Il n’a peut-être pas longtemps à vivre. Qui se soucie de Kouadio ? Il risque de mourir bientôt comme tant d’autres enfants et adultes qui subissent le même sort à cause de la misère.

Combien de projets mis en œuvre pour les plus pauvres s’arrêtent subitement faute de fonds ou à cause d’un désengagement politique, sans consulter les personnes qui se retrouvent ainsi privées de l’accès à leurs droits ? Qui délivrera désormais les médicaments salvateurs pour Kouadio ?

Les instances internationales auraient pu trouver mieux que de s’en aller pour soutenir les familles vivant dans la pauvreté et défendre les droits de l’homme et de l’enfant, qui sont pour tous sans discrimination.

Le glas sonne constamment pour ces millions d’enfants vivant dans la misère, et plus encore quand les institutions internationales ferment leurs portes.

 

LES ENFANTS « EN MOBILITE »

Le 16 Juin, c’était la journée de l’Enfant Africain. Des milliers d’enfants ont défilé dans les rues de Bouaké en Côte d’Ivoire et ailleurs pour dire « Non à la discrimination, non à la grossesse des jeunes filles en milieu scolaire, non à la mobilité et à l’exploitation des enfants.» Mais aussi : « oui  à une éducation gratuite de qualité pour tous »

Des ONG mènent depuis des mois des campagnes de sensibilisation contre la grossesse des jeunes filles en milieu scolaire, la mobilité et l’exploitation des enfants en Afrique.

Depuis plusieurs mois l’ONUCI (l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire), les autorités ivoiriennes, les chefs religieux des pays limitrophes (Burkina Faso et Mali) mènent une campagne « musclée » contre ces fléaux.

Il s’agit de détecter ces enfants déplacés par la force des choses de leur pays ou de leur village pour être « offerts » à des parents proches ou des institutions comme ici à Bouaké dans une école Coranique dans l’espoir qu’un jour leur enfant deviendra un marabout. Mais sur deux cents enfants il se peut que seulement cinq d’entre eux deviennent marabouts et les autres se retrouvent à la rue en train de vendre des boites de mouchoirs ou des cure-dents ; certains sont dans les champs de Cacao ou certains sont devenus tisserands. Souvent malheureusement, ces enfants s’adonnent à la drogue ou à la prostitution.

Un membre d’une ONG raconte comment ils mènent ces campagnes : « Nous identifions les enfants en danger et ensuite nous les mettons dans les familles d’accueil pour qu’ils bénéficient du soutien de cette famille. Nous tenons compte de l’origine ethnique de l’enfant pour que celui-ci puisse être intégré et ne perde pas ses racines. On recherche sa famille pour que celle-ci sache où se trouve l’enfant et si l’enfant souhaite rentrer dans sa famille. On le soutient ensuite dans son projet de vie. Ce sont les enfants eux-mêmes qui choisissent les métiers qu’ils souhaiteraient apprendre, en collaboration avec les travailleurs sociaux. »

Mais ces enfants, habitués à la mendicité ou à la rue, reviennent souvent en ville car la misère de leurs parents au village les accule à y retourner. C’est pourquoi dans la ville de Bouaké on voit des jeunes qui continuent à vendre des boites de mouchoirs, des pneus de voiture, ou des filles qui vendent des oranges ; Igname, bananes à longueur de journée.

Il ne s’agit pourtant pas d’accuser les parents !

Quand est-ce que nos autorités et institutions comprendront que la lutte contre la grande pauvreté est la base de la protection des enfants ?

Il existe des projets bien construits pour la protection des enfants, afin que ces enfants puissent vivre pleinement leur vie et s’insérer dans la société et dans leur famille d’origine. Mais combien d’enfants peuvent en bénéficier ? Les budgets sont souvent minimes ; parfois le financement n’est pas renouvelé d’année en année.

Attention : il existe des enfants qui soutiennent leurs parents dans leurs petits commerces ou dans leurs champs. Comme disait le petit Mory lors de sa prise de parole dans la célébration de cette journée : «Nos parents ne nous obligent pas à vendre avec eux ou à aller aux champs ; c’est par respect et par amour pour nos parents que nous les aidons parce que c’est eux qui nous nourrissent. »

En écoutant les interventions lors de cette rencontre, beaucoup d’enfants ne comprenaient pas ce que disaient les grands dans leur désir de les protéger. Mais certains ont quand même entendu des choses ; ainsi le petit Wilfried raconte : « ils ont aussi parlé de l’Education pour Tous, ». Il rigolait un peu en ajoutant « ils sont des menteurs car l’éducation n’est pas gratuite ! Si tes parents ne payent pas la cotisation annuelle, on te chasse de la classe.»

Le président de la LIDHO (ligue des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire) disait lors d’une conférence-débat le mois dernier : « Il faut que nos Etats pensent un peu plus loin pour ouvrir d’autres infrastructures dans toutes nos communes pour vraiment donner accès à l’éducation à TOUS les enfants »

Ce que Wilfried nous dit aussi, c’est que si les institutions ou les gouvernements veulent vraiment protéger les enfants, « il faut écouter nos parents ! ». Parce que Wilfried qui vit dans la précarité, sait très bien que ses parents veulent son bonheur.

 

Maria Victoire – Bouaké – Côte d’Ivoire

L’accès aux études et l’accès au travail

En République Démocratique du Congo le programme d’études comprend 4 grandes phases : il y a d’abord l’école primaire qui dure normalement 6 ans, ces études sont précédées de 2 ans d’école maternelle pour ceux qui veulent. Suivent les études secondaires qui prennent  6 ans. Enfin il y a les études supérieures qui durent aussi 5 ans. Par la suite, certains peuvent  faire des études avancées en master ou doctorat. Vu que  l’école primaire n’est pas gratuite, les plus démunis n’ont pas accès aux études.

Au début de l’école primaire, les études n’ont pas beaucoup d’importance pour les enfants. Ils acceptent d’y aller pour des raisons plus ou moins valables, notamment la crainte de recevoir une fessée ! Plus tard, surtout à l’université, la prise de conscience grandit  avec l’espoir de trouver un emploi à la fin des études.

Le 22 Janvier 2014 j’ai fait partie du groupe des étudiants finalistes de l’Institut Supérieur de Développement Rural qui se sont questionnés sur les  possibilités offertes aux étudiants à avoir un travail après les études. En gros ils ont  démontré que même dans un milieu où peu de gens ont étudié, « le succès scolaire, ne garantit pas toujours la réussite dans la vie.  L’accès au travail dépend plus de l’histoire de sa famille, des relations  dans la société (et surtout avec le monde professionnel), de la chance, et moins, des compétences et de l’expérience personnelles».

En Mars 2013, l’inspection provinciale de la police a lancé un appel à candidature pour 10 finalistes en droit. Les candidats devaient passer une formation de 6 mois dans la Capitale (Kinshasa) avant leur entrée en fonction.  A la présélection, 20 candidats ont été retenus à Bukavu. Après le concours et la sélection finale, 5 candidats seulement ont été retenus parmi les 20. Deux mois plus tard, mon ami Junior (l’un de 5 retenus) a appris que la formation avait déjà commencé. Il n’était pas invité.

En mai 2012, mon ami Pascal a été le premier de  la liste de 4 candidats retenus au concours de sélection finale dans 2 deux organisations différentes. Dans l’une, une fille  qui occupait la dernière position  au concours a été recommandée  par une personne influente de la ville. Et dans l’autre, seul le candidat occupant la 2ème position a été retenu, la deuxième personne retenue n’avait même pas passé le concours.

A Bukavu l’accès au travail n’est pas facile mais le choc est encore grand chez les parents des familles démunies qui éprouvent plus de peine  à faire étudier leurs enfants. Même pour initier une activité privée il faut avoir un capital initial et les étudiants n’ont pas accès au crédit. Je comprends pourquoi le jour de la soutenance de mon travail de mémoire, le premier ami à me serrer la main m’a dit « bienvenue dans le monde des chômeurs »Il est plus facile d’étudier que de trouver un travail pour certains.

 

René MUHINDO – République Démocratique du Congo

Fait divers de l’exclusion ordinaire à l’école

C’est l’histoire d’un élève de sixième (11 ans et demi) agité, turbulent et pour tout dire très pénible en classe. Après une exclusion d’une semaine et à quinze jours des vacances de Toussaint, le principal dit à cet élève et à sa maman qu’il doit rester chez lui et ne plus venir au collège jusqu’aux vacances. Cela sans choisir de l’exclure par conseil de discipline et donc de façon tout à fait illégale et illégitime.

Bien sûr la maman, en position de faiblesse (son fils est quand même drôlement perturbateur) n’ose pas protester et s’opposer à ce qui n’est rien d’autre que le piétinement du droit de son enfant (l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans en France) et une incitation déguisée à la dé-scolarisation. Cette maman, il faut le dire, fait tout ce qu’elle peut depuis des mois et des années pour éduquer son fils malgré de multiples difficultés de tous ordres ; elle a même demandé une assistance éducative qui vient d’aboutir sur un placement alterné.

Alerté par cette maman, je me suis indigné et ai fait remonter ce cas de violence institutionnelle jusqu’à l’inspecteur à l’orientation dont dépend la structure pour décrocheurs scolaires dont je suis responsable. Je n’ai pas eu de réponse ni de retour directs à mon message. Je constate une nouvelle fois une forme d’impunité liée aux multiples dysfonctionnements de l’école dès qu’ils touchent à la hiérarchie et à des responsables, chefs d’établissement inspecteurs ou autres…

D’ailleurs, lorsque j’ai eu l’occasion de parler en commission départementale de cette situation de vive voix avec l’inspecteur et divers responsables, personne ne conteste devant moi ce dysfonctionnement, on me confirme même à demi-mot l’anormalité de cette situation, mais à aucun   moment il n’est question d’une mise au point avec ce chef d’établissement, d’un rappel à l’ordre tenant compte certes des difficultés posées par cet élève mais aussi de ses droits et des obligations du collège et des adultes responsables de sa scolarité.

Finalement la situation s’est « arrangée » suite au placement alterné qui a abouti à un changement de collège qui arrange bien tout le monde et qui sera sans doute bénéfique au jeune en premier, puisque l’accueil a été beaucoup plus positif et constructif dans ce nouvel établissement. Mais qu’est-ce qui empêchera l’autre chef d’établissement de persévérer dans son attitude de rejet et d ‘exclusion face aux élèves que l’on dit en difficulté, et qui sont en fait ceux qui nous mettent en difficulté ?…

Sébastien Billon – Angers – France

La misère crie violence

Lorsqu’un groupe de jeunes tire sur une foule, comme ce fut le cas, récemment, lors de la fête des mères dans le 7th Ward, quartier pauvre de  la Nouvelle-Orléans ( USA ), et tue des enfants innocents, les familles, les organismes du quartier crient leur souffrance devant une telle violence. Dans leur désarroi, ils insultent et maudissent les jeunes, comme le font aussi les autorités d’ailleurs. D’autres se demandent comment les jeunes en sont arrivés là, à se haïr les uns les autres et à s’entretuer. Les autorités concernées, publiques ou privées, se mettent ensemble et  cherchent – en vain  – comment arrêter cet engrenage.

Pour ces jeunes, le rêve américain n’a pas eu lieu. Etre né dans une famille pauvre ne donne pas beaucoup de possibilités de réussir dans la vie. Comme beaucoup le disent : « Lorsque tu as une vie comme la nôtre, il faut chercher à survivre, sinon t’es mort arrivé à 21 ans, ou tu passeras ta vie en prison. » Dès leur très jeune âge, ils commencent à apprendre comment survivre. Kenneth C. en témoigne dans le livre « Not Meant To Live Like This » :  « Comme il n’y avait pas de père chez nous et que j’étais l’aîné de la famille,  je devais m’occuper de mes frères et soeurs. Je n’aime pas voir ma mère pleurer. Je devais leur trouver de quoi manger, quitte à me faire arrêter par la police. Je m’en foutais parce que l’essentiel pour moi, c’était de voir que mes petits frères et sœurs avaient de quoi  manger et aussi assurer qu’ils avaient leur uniforme pour l’école. Une fois je me suis fait tabasser par la police mais à la Cour ils ont vu que j’étais un enfant.»

Beaucoup de jeunes comme Kenneth crient leur violence. C’est leur façon d’exister.  Mais une fois qu’ils ont  fait de la prison, ils sont fichés et il n’y a plus de travail pour eux. Alors ils s’adonnent à vendre de la drogue comme si c’était la seule chose qui leur restait à faire pour survivre. La plupart de ces jeunes meurent très tôt ou sont handicapés pour la vie.

Les U.S.A honorent l’égalité des chances, mais semblent ignorer qu’il y a 20, 5 millions d’américains qui sont nés dans le filet de la pauvreté, et qui ne seront jamais égaux avec les autres. Qu’est devenu le rêve américain qui promet que chaque personne a droit non seulement à la vie, la liberté mais aussi à une vie de dignité et  à la joie de vivre.

Les enfants nés dans les familles pauvres arrivent à l’école maternelle avec une vie déjà hypothéquée (déficiences de développement ), selon un rapport fait par Annie E. Casey Foundation « Kids COUNT » :   85% des enfants de familles pauvres n’arriveront jamais au collège et leur avenir est en danger.

Si l’Etat, la Ville doivent lutter contre cette violence, il faudrait certainement regarder et s’investir en toute priorité dans la petite enfance, afin que dès  leur départ dans la vie, les enfants n’aient pas besoin de comprendre que, pour survivre, il faut utiliser la force.

 

Maria Victoire – Cyprès – USA

 

 

 

« L’autre guerre »

GuateBD Au Guatemala, l’année scolaire commence en janvier pour se terminer en octobre. En visitant un quartier populaire de la capitale la semaine dernière, je me suis surpris à féliciter des adolescents qui travaillaient. Ils consacrent leur journée à trier des déchets à recycler : différents types de papiers ou journaux, bouteilles en plastique ou verres. Je les connais bien et nous avons pu parler ensemble. Ils ne peuvent pas aller à l’école : décrochage scolaire, inadaptation de la scolarité (comment comprendre de redoubler trois fois la même classe ?), frais de scolarité trop importants. Durant ma visite cette matinée-là, j’ai salué 10 jeunes qui n’ont pas accès à l’école.

Après réflexion, je me suis senti affligé d’avoir dû complimenter ces adolescents. A l’âge auquel ils devraient bénéficier de l’éducation scolaire, se concentrer sur leurs loisirs, leurs amis ou leurs premiers amours, ils doivent déjà assumer les contraintes du monde du travail et la réalité de leurs familles qui luttent pour survivre et gagner leur nourriture quotidienne.

En d’autres occasions, j’ai eu le privilège de passer du temps avec quelques uns d’entre eux. Nous avons pu rire, jouer, bricoler ou parler ensemble. J’ai entendu leurs souffrances ou les malheurs qui ont déjà jalonné leur courte existence : tous ont déjà été témoins, par exemple, d’assassinats ou de morts violentes dans leur quartier ou leur cercle familial ou amical.

Dans le même temps, ces adolescents sont riches de vie : ils rêvent, veulent apprendre à lire, à écrire, à peindre… Comme tous les jeunes dans nos différentes sociétés, ils sont fragiles mais veulent découvrir le monde et y trouver leur place.

Le lien suivant permet d’illustrer mes propos et peut vous permettre de découvrir une facette du Guatemala sous la forme originale de la Bande Dessinée. Vous découvrirez des vignettes liées à une partie de la jeunesse guatémaltèque ou au phénomène des bandes et « Maras » qui les touche de plein fouet.

Au Guatemala, la violence est présente. La violence de la misère frappe durement. Celle-ci est forte et amplifiée par le contraste si important que l’on peut voir dans tous les espaces de la société guatémaltèque:

• un taux de malnutrition important malgré d’énormes ressources économiques et naturelles,
• une démocratie gangrénée par la corruption du pouvoir économique et dans le même temps une société civile dynamique avec une volonté de changer les choses,

• dans la capitale, à quelques kilomètres de distance, des zones « rouges » stigmatisées et des quartiers résidentiels ultra sécurisés et privilégiés…

• un système d’accès à la santé, à l’éducation ou à la culture à « deux, trois ou quatre vitesses » en fonction de la capacité économique de chaque citoyen.

En repensant à cette matinée, mes sentiments se bousculent : je reste affligé et indigné mais aussi, après réflexion, fier que ces jeunes puissent, de par leurs efforts immenses, résister à la violence de la société dans laquelle ils évoluent et qui ne leur offre que d’infimes opportunités. Travailler reste leur dernier rempart pour survivre et exister ! Ne sont-ils pas aussi « en guerre » ?

Romain Fossey  (Guatemala)