La journée internationale des droits des femmes et les mamans de Luhwindja

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25-03-2019 Mamans APEF Après la Rencontre - Copie

Bagunda MUHINDO René

Bukavu – République Démocratique du Congo

Je me suis toujours posé des questions sur la journée du 8 mars. J’ai toujours été dubitatif à ce sujet. Quand on accorde une journée aux femmes pour célébrer le respect de leurs droits c’est comme si tous les autres jours on autorise implicitement que ceux-ci soient piétinés. Les femmes m’ont révélé un autre sens à cette journée à Luhwindja. Ce village surplombe les montagnes situées à environ 90 Kilomètres de la ville de Bukavu. Après la guerre de 1996 qui a empêché le développement du pays, la population a décidé de travailler pour un nouveau départ. Les femmes ne sont pas restées en marge du processus.

En 2003, une centaine de femmes se mobilise pour mener des Actions pour la Promotion de l’Enfant et de la Femme. L’initiative aboutit à la création de l’association APEF. Depuis, elles réfléchissent sur des activités à mener solidairement pour participer au développement de leur communauté. Elles ont utilisé comme ressources leur force et leurs savoirs. Les femmes qui possédaient des parcelles de terre ont invité d’autres à les cultiver ensemble. Grâce à l’argent qu’elles ont gagné elles ont acheté des chèvres et des porcs pour un élevage rotatif. A la mise bas, les porcins sont partagés entre elles, l’objectif étant de permettre à toutes de mener une activité. Elles font attention aux plus démunies d’entre elles.

L’initiative louable a poussé l’autorité locale MWAMI NALUHWINDJA CIBWIRE Tony à leur accorder un champ pour les activités rurales. Pour les encourager il leur disait : « notre Chefferie a besoin de la force de chacun pour se développer. »

En 2017, ces femmes ont tourné leur regard vers les autres de la communauté, meurtries par la misère et des violences diverses. Surtout vers celles qui ont été abandonnées par leurs maris partis chercher la vie loin sans revenir depuis plusieurs années.

Ces mamans ont entre 4 et 10 enfants, et pour les nourrir elles travaillaient dans les carrés miniers. Certaines sont tombées dans le piège de la prostitution. Grâce à l’appui de la Fondation Panzi du Dr Denis MUKWEGE elles ont toutes suivi des formations dans différents métiers.

Nsimire Zihindula, une femme de 30 ans ayant abandonné les mines explique comment elle gagne sa vie à travers la formation qu’elle a suivie en vannerie: « le plus souvent ce sont des commandes que les gens font. Je vends en moyenne un panier à 4.500 FC. L’argent me permet d’assumer les dépenses de ma famille. Avant je cultivais pour les gens et gagnais très peu. Je ne pouvais pas me reposer. Des fois quand j’étais malade je ne pouvais pas cultiver et mes enfants ne mangeaient pas.

Cette formation a apporté un soulagement dans ma vie. Je fais l’alternance des travaux de champs avec ceux de confection des paniers. Je gagne l’argent aussi à partir de la culture des choux et des amarantes. J’ai acquis un savoir qui reste en moi. J’en suis très fière et j’ai commencé à l’apprendre à mes enfants. »

« Le savoir est le meilleur héritage qu’un parent puisse transmettre à ses enfants. Tant qu’une femme aura de quoi transmettre à ses enfants, elle aura de la valeur ».

Le dimanche 25 mars ces femmes se sont rassemblées pour réfléchir sur ce qui fait leur fierté. Maman NGWASI, présidente du groupe disait : « la magie d’une femme se trouve entre ses mains. Elle cultive avec elles pour nourrir ses enfants. Lorsque la famille s’épanouit elle a de quoi être fière. Une journée ne peut pas suffire pour honorer cette valeur de la femme. Cet honneur se vit chaque fois que nous faisons quelque chose de bien pour nos familles ».

Maman Valentine a expliqué sa victoire face à une solitude de 14 ans : « mon mari est parti il y a 14 ans. J’ai élevé mes enfants seule grâce aux travaux des champs. C’est pour moi un grand succès. Aujourd’hui mon mari est revenu et m’a retrouvée avec mes enfants. Nous avons fêté et la vie continue, nous nous soutenons ».

Lorsque les autres femmes ont entendu ce retour toute l’assemblée s’est levée pour danser. Chacune s’est sentie soulagée et victorieuse face aux souffrances qu’elles endurent.

Chaque année des institutions dépensent des millions de dollars pour fêter la journée des droits de la femme. Cet argent n’atteint pas beaucoup les femmes des villages qui se battent quotidiennement contre l’injustice, le mépris et l’exclusion.

Celles de Luhwindja n’ont pas acheté de pagnes pour marcher dans la rue, elles n’ont demandé à personne d’acheter à manger ou à boire pour elles. Elles ont réfléchi ensemble sur la dignité, l’honneur et la fierté.

Pour moi le 8 mars ne peut être la journée de la femme, mais celle commémorant le respect pour le courage de la femme à travailler dans les mines pour épargner à sa famille l’humiliation, malgré tout ce qu’elle doit endurer; pour son honneur à apprendre un métier et le transmettre à son enfant comme héritage; pour mettre fin à toute violence y compris celle qui minimise sa valeur.

C’est une occasion de s’arrêter un moment pour méditer et comprendre la magie qu’il y a dans les mains, les têtes et les cœurs de femmes qui permettent à leurs familles de vivre dignement.

Le Prix Nobel du Dr DENIS MUKWEGE qui les a soutenues nous invite à y réfléchir.

Les plus pauvres, acteurs de paix et de développement

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Saleh KAZIGE ABASI

Bukavu – République Démocratique du Congo

Dans la vie de tous les jours, à travers les actes qu’il pose, l’être humain cherche le bonheur et le sentiment de bien-être. Trouver de quoi manger et être au milieu des autres, c’est notre quête perpétuelle. Cela, ne dépend en aucun cas du statut social de la personne, la position qu’elle occupe au sein la société, sa situation physique, son niveau de vie, ses origines, etc. Cette recherche d’harmonie au sein du groupe se construit au quotidien et par tous. De même, la paix et le développement, qui sont deux dimensions consubstantielles, se bâtissent de la même manière.
Ces deux notions peuvent s’entendre de diverses façons. Pour certains, la paix serait « une réponse à ces familles qui vivent sans abri, à ces enfants qui veulent partir à l’école mais qui trouvent toujours le malheur sur leur chemin ». Dans sa définition, UMUSEKE, une association Rwandaise pour la promotion de l’éducation à la paix, a fait savoir que la paix « c’est le développement du pays et de ses habitants. C’est quand le peuple est libre dans ses activités et quand la production du pays est suffisante et bénéficie à tous ses citoyens ».

Ainsi, le terme paix est intrinsèquement lié au développement : tous les êtres humains doivent lutter pour la paix et chacun y est invité, ajoute UMUSEKE. Le mot « TOUS » inclut également les personnes qui vivent en situation d’extrême pauvreté, victimes de rejet et de discrimination et dont les droits sont bafoués.

Généralement lorsqu’on parle de combat pour la paix et même dans des projets de développement, les efforts des plus pauvres semblent être inscrits dans leurs dos, méconnus ou simplement ignorés.

Ils sont privés de tous les moyens d’assumer leurs responsabilités et d’exercer leurs droits, de telle sorte que, quelques fois les institutions et les structures sociales ne leur sont d’aucun recours. Pourtant, il faut les placer au centre de cette action car ils disposent aussi d’un pouvoir de penser et d’agir. Cette situation ne pourra changer que si les hommes et les femmes de courage risqueraient leur situation personnelle pour le bien des personnes écrasées par la souffrance de la misère.

La construction de la paix et du développement ne doit donc pas être l’apanage d’une minorité de personnes identifiables (politiciens, agents de l’ordre, intellectuels, organisations locales et internationales…). Il faudrait reconnaître plutôt, qu’il s’agit de l’affaire de tous, sans ignorer les efforts des uns pour ne considérer que ceux des autres. Ceux qui subissent ou ont subi la violence de la misère, nous rappelle Eugen BRAND (Ancien délégué général d’ATD Quart Monde), n’acceptent pas une paix de façade, une paix de bons sentiments, ils veulent une paix de changement.

Le premier changement, c’est d’exister au milieu des autres et de jouir pleinement de ses droits.

« Ma richesse ce sont les personnes qui m’entourent »

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Des femmes réfugiées donnent de leur temps pour nettoyer les abords d’une maison de retraite (Cameroun)

Jeanne-Véronique Atsam

Cameroun

Je suis chargée de l’assistance sociale dans un Programme d’autonomisation des réfugiés (centrafricains, tchadiens, rwandais et autres) de la zone urbaine de Yaoundé cofinancé par l’UNHCR et Plan international, ce qui m’amène à travailler avec des femmes pour chercher avec elles comment améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs familles. Ces femmes sont seules, sans emploi, avec des enfants en bas âge, soucieuses du bien-être et de l’avenir de leurs enfants. Nous suivons une méthode participative pour que la solution adoptée vienne des femmes concernées et ne leur soit pas du tout imposée. Nous écoutons et consignons les propositions des unes et des autres.

Lors d’une réunion, je fus frappée de voir que la majorité d’entre elles soutenaient l’importance de se mettre ensemble pour mener des projets d’activités génératrices de revenus, et qu’elles réfutaient l’individualisme. Il était clair qu’elles préféraient être ensemble pour s’en sortir. J’ai voulu comprendre davantage et leur ai demandé pourquoi cette préférence plutôt que l’idée de projets individuels. C’est alors que l’une d’elles a pris la parole:

« Nous avons besoin d’être ensemble car c’est comme ça que nous sommes plus fortes. Nous nous soutenons et tout le monde avance. Je ne sais pas comment dire mais je crois que vous comprenez. »

Une autre femme a ajouté : « Quand on est comme nous, on s’en sort mieux si on n’est pas seul. Notre richesse et notre force ce sont les personnes qui nous entourent car sans elles nous sommes encore plus pauvres, même si on a un petit travail qui nous donne un peu d’argent. »

J’étais frappée par ces paroles et aussi de retrouver au milieu de ces femmes cette idée défendue dans le Mouvement ATD Quart Monde de ne laisser personne de côté. Souvent les gens pensent que les personnes pauvres sont des gens sans intelligence, à qui il faut imposer des « solutions ». Témoin de la solidarité qui existent entre les personnes qui ont la vie difficile, j’ai été davantage convaincue que cette idée largement répandue est un préjugé affreux.

Avec une grande simplicité, ces femmes modestes, analphabètes pour la majorité, confirmaient une pensée introduite il y a de cela bien des années par Jean Bodin (1) qui proposait une vision relativement humaniste de la politique et de l’économie en affirmant que la vraie richesse n’est pas seulement matérielle, et que la force d’un pays réside dans sa population : « Il n’y a ni richesse ni force que d’hommes », disait-il.

Il y a des richesses enfouies en ces personnes qui vivent dans la pauvreté dont le monde est privé à cause des préjugés qui pèsent sur eux, un potentiel non utilisé du fait qu’en général on ne tient pas compte d’eux quand on pense, quand on construit, quand on décide.

(1) né en 1530 à Angers et mort en 1596, à Laon, il est un jurisconsulte, économiste, philosophe qui influença l’histoire intellectuelle par la formulation de ses théories économiques et de ses principes du « bon gouvernement ».

La « théorie infantile » du développement manque de chercheurs

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’photo ATD Quart Monde, chantier communautaire avec des enfants et jeunes de Bukavu

Bagunda MUHINDO  René,

Bukavu, République Démocratique du Congo

La littérature et les théories sont aujourd’hui abondantes sur la part des différents groupes au développement de la société. Les ONG de Bukavu ont ces 10 dernières années insisté sur « la théorie féministe » du développement et « le gender ». Depuis environ 17 ans je suis engagé dans les actions de promotion des droits l’enfant… Il existe beaucoup de textes bien écrits là-dessus… Ce que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire, ce sont les recherches qui mettent en lumière le taux de participation des enfants au développement d’un pays.

Il faut creuser plus profond pour voir sa pertinence. Il y a cinq ans j’assurais l’animation d’une émission radio diffusée dans une chaîne locale. L’émission s’intitule « les enfants du courage ». Elle donne aux enfants l’occasion de s’exprimer sur différents sujets tels que la participation, la protection, les droits… Un enfant de 7 ans avait dit : « On peut penser que quand on n’a pas commencé l’école on reste à la maison à ne rien faire mais ce n’est pas le cas. Il arrive que la maman ou la bonne soit occupée par d’autres tâches ménagères et si le bébé pleure et qu’un enfant de 4 ans chante pour lui afin qu’il se taise, il participe dans ce cas au progrès de la famille ». Depuis, j’y ai réfléchi et me suis dit que cet enfant avait raison. Celui-là participe indirectement à l’économie du ménage en permettant à celui qui travaille de gagner en temps.

Le 22 mai à l’occasion de la Journée internationale des familles, un parent s’est exprimé dans une cérémonie sur l’apport d’un groupe qu’il connaît sur le développement de sa communauté. Papa Alexis disait : « Je vais parler de ce que Tapori apporte aux enfants, aux jeunes et à leurs familles. Bien que le monde connaisse des défis gouvernementaux et institutionnels face auxquels il est souvent difficile de trouver des réponses immédiates, il y a dans tous les pays du monde des gens qui s’unissent ensemble pour que les choses changent. Tapori suit aussi ce chemin et j’apprécie beaucoup cela.

Suite à certaines contraintes, des enfants et des jeunes sont en difficulté et quand c’est trop dur, certains se retrouvent dans la rue. Avec Tapori, certains ont compris l’importance de réfléchir ensemble à travers des activités éducatives, culturelles, de formation ainsi que des activités de développement pour donner la chance à ceux qui sont en difficulté d’avancer avec tout le monde dans leur société. Quand je vois tout ce qu’ils font, je suis fier de voir mon enfant participer aux activités des Tapori. Ce qu’ils font ne se limite pas uniquement dans leurs groupes mais ça contribue aussi au développement social et économique de la société. A travers leurs projets et toutes les actions dans lesquelles ils sont engagés, ces enfants et ces jeunes nous apportent beaucoup. Le fait que mes enfants participent aux activités de Tapori leur permet d’écouter leurs parents, et quand ils parlent des droits par exemple dans la famille, nous nous rappelons de l’importance de leur place dans les décisions importantes à prendre ensemble en famille».

Les exemples comme ceux-ci sont légion dans ma communauté bien qu’ils ne soient pas quantifiés pour prouver la pertinence de la participation des enfants au développement au niveau le plus élevé. Est-ce parce qu’il manque des enfants chercheurs ? Est-ce parce que les chercheurs adultes ne voient pas d’intérêt scientifique à trouver des données chiffrées là-dessus ? Ces questions me conduisent à penser que « la théorie infantile du développement» dans mon pays (si elle existe) manque de chercheurs.

Je voudrais savoir comment c’est dans votre pays.

Comment parler de développement quand il laisse des gens de côté ?

 

 

 

 

 

Denis Gendre,

Antananarivo, Madagascar

En septembre 2015, alors que les Nations Unies se regroupaient à New York pour adopter les Objectifs de Développement Durable, était inauguré à Tananarive, en face de chez nous, la rénovation du lavoir du quartier. Il était fermé depuis 4 mois : 2 pour la réalisation des travaux et 2 dans l’attente de l’inauguration officielle. Pendant ce temps, les femmes du quartier avaient dû trouver une solution de repli pour laver leur linge.

Quand les travaux avaient débuté, je n’avais pas compris pourquoi faire de ce lavoir une priorité alors qu’il y a tant d’autres d’urgences demandées par la population : la réfection des systèmes d’assainissement et du réseau routier, le curage de tous les canaux pour éviter les inondations dont sont victimes chaque année les habitants des bas quartiers de la ville, le traitement des ordures qui s’accumulent à de nombreux carrefours ou la résorption des embouteillages qui sont devenus un fléau permanent.

Auparavant, le lavoir était une véritable ruche qui rassemblait les femmes du quartier depuis la levée du jour jusqu’à la tombée de la nuit. Il constituait le cœur du quartier, là où les nouvelles se partagent et se diffusent. Le matin, nous étions réveillés de bonne heure par leurs conversations et ceci, 7 jours sur 7. Cette ambiance me rappelait avec une certaine nostalgie, ce que j’avais connu enfant quand j’accompagnais ma grand-mère au lavoir de son village, charriant le linge sur sa brouette.

Depuis sa rénovation, le lavoir est clos en dehors d’horaires très précis et les deux grands bassins ont laissé la place à quelques bacs individuels (une douzaine tout au plus) qui suffisent aujourd’hui car ce lieu ne connaît plus la même fréquentation. Un panneau indique le nom de l’association grâce à laquelle cet aménagement a été rendu possible. Perçoit-on cette œuvre comme source de développement et de progrès, mais pour qui ? Se demande-t-on pourquoi moins de personnes viennent désormais et comment font les autres femmes pour laver leur linge ? A-t-on pris conscience de tous les changements que cela provoque ?

Une voisine que je connais bien s’acharne à faire vivre sa famille en lavant le linge des autres ou en leur portant l’eau par deux bidons de 10 litres. Elle fait partie des personnes qui ne vont plus au lavoir maintenant. J’ai appris qu’elle avait dû cesser de laver le linge pour d’autres personnes car, depuis la rénovation du lavoir, elle ne pouvait plus rentrer dans ses frais. Auparavant, les gens payaient une entrée forfaitaire d’un montant de 500 Ariary pour accéder au bassin et maintenant, ils payent chaque bidon d’eau consommé 150 Ariary. Cela revient beaucoup plus cher au final, or le prix payé par le client est calculé en fonction du nombre de pièces à laver, sans prendre en compte le coût de l’eau.

Par ailleurs, j’ai questionné l’épicière où je me rends chaque jour. Elle m’a expliqué que les femmes qui ne se rendent plus au lavoir préfèrent laver chez elles en achetant l’eau à la pompe où le bidon coûte trois fois moins cher qu’au lavoir. En l’absence de systèmes opérationnels pour évacuer les eaux usées, j’imagine l’eau stagnante s’accumuler dans de nombreuses cours. D’autres vont chercher l’eau dans les rizières ou y lavent leur linge sur place. Or tout le monde sait que les rizières de Tananarive constituent le réceptacle des égouts et de nombreuses déjections, pas seulement animales.

Le non-accès au lavoir de ces femmes a généré une dégradation de l’hygiène et sans doute un accroissement des risques sanitaires. On en prendra peut-être conscience d’ici quelque temps et peut-être même d’ici peu, maintenant que la saison des pluies est arrivée. En quoi l’amélioration de ce lavoir offre-t-elle réellement un progrès ?