Guatemala : jurisprudence et Droits de l’Homme

C’est l’histoire de cinq enfants (qui seront nommés par l’initiale de leurs noms). Ce pourrait être l’histoire de n’importe quel petit garçon ou petite fille de n’importe quel village de Camotán (département de Chiquimula au Guatemala), où les données de la malnutrition gonflent les statistiques nationales et les statistiques de mortalité infantile. La « différence » de l’histoire consiste en ce que ces noms apparaissent dans quatre processus judiciaires, les premiers de ce type au Guatemala, où une plainte contre l’État a été déposée pour violation des droits économiques, sociaux et culturels (DESC). Une autre différence est, qu’en plus, les jugements ont été gagnés !

A la mi-novembre 2011, le programme « Guatemala sin hambre » (Guatemala sans la faim), qui réunit 14 organisations sociales et non gouvernementales du pays, a appuyé cinq cas juridiques pour violation du droit d’alimentation, droit à la vie, à la santé, à l’éducation, à un niveau adéquat de vie et d’hébergement. L’État a été accusé d’être le responsable par omission du fait que cinq mineurs – trois petites filles et deux garçons-, de quatre familles de Camotán, souffraient d’une malnutrition sévère.

« C’était un processus inédit que nous avons documenté de telle manière que nous espérions obtenir un résultat également inédit », rapporte Omar Jerónimo, de la « Coordinadora Central Campesina Chortí Nuevo Día » (Coordination Centrale rurale Chortí Nouveau Jour), chargé d’identifier les faits portés aux jugements. « À un niveau juridique, nous cherchions à établir une jurisprudence en matière de judiciarisation des droits économiques, sociaux et culturels (DESC); à un niveau politique, influer sur les politiques sociales existantes et obtenir que cessent les programmes « assistancialistes » sans vision des Droits de l’Homme », précise Magaly Cano, coordinatrice du programme « Guatemala sans la faim ».

L’important consiste en ce que les décisions judiciaires aient été plus loin dans l’engagement de la responsabilité de l’Etat que les traditionnelles recommandations de « respect de ses engagements » : des mesures spécifiques ont été établies pour chaque cas, en incluant la création de nouveaux protocoles d’attention à ces droits, et l’ordre a été donné au Ministère Public d’être le garant de leur accomplissement, avec la possibilité d’engager des actions pénales contre les fonctionnaires qui ne les mettraient pas en œuvre… Pour Magaly Cano, cela est  quelque chose d’inédit à tous niveaux.

Le principal problème était de démontrer que l’État était le vrai responsable et non les parents de ces familles. Les initiateurs de la plainte voulaient expliquer que les conditions sociales et économiques, qui entrainent une violation des droits de ces mineurs, se sont répétées d’une génération à l’autre chez ces familles, ainsi que comme dans tant d’autres des zones où ils vivent. « Les exemples sont les plus grands frères de M., qui sont de petite taille ; les exemples sont les frères et sœurs de D.M. et de M.L. qui ont une anémie et souffrent de malnutrition », dit Magaly Cano.

Le précédent juridique s’est établi dès que le juge Elvyn René Gutiérrez Romero a déclaré que, par omission, l’État était responsable de violer le droit à l’alimentation des demandeurs. Selon les résolutions, tant au niveau des lois nationales, que des conventions et traités internationaux, l’État se voit obligé de garantir aux mineurs une alimentation adéquate, en précisant toutefois cela dans le cas où « les parents n’ont pas la capacité ou la possibilité de leur offrir », et d’assurer que les mineurs « aient un développement intégral pour leur avenir », ainsi que l’accès à la santé et un logement digne où « ils peuvent vivre dans des conditions humaines favorables ».

Associé à cette décision juridique, un précédent s’est établi à un niveau politique. « À la fin, les résolutions déterminent que l’État guatémaltèque ne peut pas se vanter d’avoir une politique effective de combat contre la malnutrition quand ses programmes se concentrent sur des mesures « assistancialistes » et n’ayant pas comme base les droits de l’homme, les droits économiques, sociaux et culturels », rapporte Omar Jerónimo.

Cela était le point principal des plaintes : partir de la violation du  droit à l’alimentation de ces petits garçons et filles afin de réussir à changer les conditions générales de vie de toutes leurs familles, dans un premier temps, et ensuite celles des communautés dans lesquelles ils vivent. « Parce que si non, nous ne changeons rien … absolument  rien. Croyez-vous qu’en donnant une aide alimentaire à D.M. et L.M., nous changeons leur avenir ? Combien de temps leur durera-t-il un sac d’aliments ? Qu’est-ce qui passe quand l’État ne pourvoira plus à cette aide? Ces questions sont celles auxquelles il faut répondre », dit Magaly Cano: « Et ce sont les questions qu’aucun gouvernement ne s’est posées, ni celui-ci ni les antérieurs. »

Avoir des politiques sociales avec une vision des droits de l’homme garantirait de changer les conditions de vie de la population pour assurer que ses droits ne soient pas violés. « Nous devons chercher des mesures intégrales et non partielles. Par exemple, le droit à l’alimentation est lié à d’autres droits, comme l’accès à une eau potable, au fait d’avoir des terres appropriées à une culture, en plus d’une assistance technique pour faire la récolte d’une meilleure manière », soutient Magaly Cano. « Soit on travaille dans tous les domaines à la fois ou alors la violation des droits des gens continuera d’exister. »

Romain Fossey – Guatemala

Pauvreté et égalité des chances ?

William Julius Wilson, professeur émérite de l’Université Harvard à Boston (USA), participait, récemment, à la tournée d’un livre qui relate la persistance de l’extrême pauvreté à La Nouvelle Orléans[1], aujourd’hui encore, après le passage en 2005 de l’ouragan Katrina et la reconstruction de la ville. Il s’adressait à une foule d’académiciens, d’étudiants et d’organisations non-gouvernementales sur le sujet de l’extrême pauvreté et de l’égalité des chances. Dans son intervention, il cita le philosophe, James Fishin (1983) : « Selon le principe de « L’égalité des chances », un individu né d’une famille pauvre, de par sa condition de pauvreté, sa race, son sexe, aura moins de chance de réussir dans la vie et de développer ses talents comparé à  ceux qui sont privilégiés ».

On ne peut que constater la véracité de la déclaration quand on sait ce que vivent, par exemple, Lil’ Mike, 20 ans,  Darrell 21 ans, ou  Prentiss 20 ans, nés de familles pauvres à la Nouvelle Orléans. Ils ont quitté l’école trop tôt, en grande partie à cause de leur extrême  pauvreté. La misère a volé leur jeunesse. Travailler dans des restaurants « fastfood » ou autres, faire le nettoyage des hôtels, ramasser les ordures etc…, demandent un minimum de lecture et d’écriture maintenant. Pour travailler dans un super marché, apprendre à cuisiner, il faut savoir lire, écrire et compter. Comme ils ont beaucoup manqué l’école, ils ne savent pas, et d’eux-mêmes ils s’excluent du monde du travail. Ils n’osent même pas aller en chercher ou faire une demande d’emploi de peur qu’on leur demande d’écrire ou de compter. Dès le départ ils se sentent vaincus. Darell, 20 ans, depuis l’ouragan Katrina, s’enferme de  plus en plus chez lui. Comme si la vie pour lui s’était éteinte. L’inactivité les renferme de plus en plus dans leur pauvreté. Pour survivre, ils doivent prouver qu’ils sont handicapés afin d’avoir droit au moins à une allocation et aux soins médicaux.

Autre conséquence : suite au bouleversement économique que le monde connaît aujourd’hui, les petits travaux, qui autrefois étaient attribués aux très pauvres, sont pris maintenant par les ouvriers. Car ces derniers se retrouvent à la rue, sans emploi garanti et prennent ce qu’ils trouvent.

Ces  jeunes, dans 10 ans ou 20 ans, finiront peut-être comme Mr. Paul : ramasser tous les jours des canettes de bières, de Coca-Cola, et autres soda pour survivre. Mr. Paul disait « Il me faut une journée pour pouvoir ramasser 20 livres [10 kilo] de canettes – 1demi kilo coûte $0.60 et pour pouvoir payer mon électricité il me faut 100 livres [50 Kilo]. À ce moment tu les emmènes là où ils prennent les canettes. Si je ne peux pas faire les 100 livres dans le mois je ne peux pas payer mon électricité. C’est juste pour payer mes dettes.  Je ne parle pas de nourriture et je ne reçois pas de « foodstamps » [bon pour nourriture].  J’essaye de tenir debout. »

Pour combler le fossé qui se creuse de plus en plus entre les pauvres, les ouvriers, la classe moyenne et les riches, le Professeur Wilson insiste sur la nécessité d’un fort engagement des organisations sociales, économiques, culturelles etc… au sein des quartiers pauvres, (Eglises, école, organisations politiques, entreprises, clubs …).  Un véritable partenariat entre tous pour un monde sans exclusion, n’est-ce pas le projet de société auquel nous devrions aspirer ?

Maria Victoire – New Orleans (USA)


[1] « Not Meant To Live Like This : Weathering the Storm of our  lives in New Orleans » (« Nous ne sommes pas fait pour vivre ainsi : Contre vents et marées, nos vies à la Nouvelle Orléans »). ATD Fourth World Publications 2012

« L’autre guerre »

GuateBD Au Guatemala, l’année scolaire commence en janvier pour se terminer en octobre. En visitant un quartier populaire de la capitale la semaine dernière, je me suis surpris à féliciter des adolescents qui travaillaient. Ils consacrent leur journée à trier des déchets à recycler : différents types de papiers ou journaux, bouteilles en plastique ou verres. Je les connais bien et nous avons pu parler ensemble. Ils ne peuvent pas aller à l’école : décrochage scolaire, inadaptation de la scolarité (comment comprendre de redoubler trois fois la même classe ?), frais de scolarité trop importants. Durant ma visite cette matinée-là, j’ai salué 10 jeunes qui n’ont pas accès à l’école.

Après réflexion, je me suis senti affligé d’avoir dû complimenter ces adolescents. A l’âge auquel ils devraient bénéficier de l’éducation scolaire, se concentrer sur leurs loisirs, leurs amis ou leurs premiers amours, ils doivent déjà assumer les contraintes du monde du travail et la réalité de leurs familles qui luttent pour survivre et gagner leur nourriture quotidienne.

En d’autres occasions, j’ai eu le privilège de passer du temps avec quelques uns d’entre eux. Nous avons pu rire, jouer, bricoler ou parler ensemble. J’ai entendu leurs souffrances ou les malheurs qui ont déjà jalonné leur courte existence : tous ont déjà été témoins, par exemple, d’assassinats ou de morts violentes dans leur quartier ou leur cercle familial ou amical.

Dans le même temps, ces adolescents sont riches de vie : ils rêvent, veulent apprendre à lire, à écrire, à peindre… Comme tous les jeunes dans nos différentes sociétés, ils sont fragiles mais veulent découvrir le monde et y trouver leur place.

Le lien suivant permet d’illustrer mes propos et peut vous permettre de découvrir une facette du Guatemala sous la forme originale de la Bande Dessinée. Vous découvrirez des vignettes liées à une partie de la jeunesse guatémaltèque ou au phénomène des bandes et « Maras » qui les touche de plein fouet.

Au Guatemala, la violence est présente. La violence de la misère frappe durement. Celle-ci est forte et amplifiée par le contraste si important que l’on peut voir dans tous les espaces de la société guatémaltèque:

• un taux de malnutrition important malgré d’énormes ressources économiques et naturelles,
• une démocratie gangrénée par la corruption du pouvoir économique et dans le même temps une société civile dynamique avec une volonté de changer les choses,

• dans la capitale, à quelques kilomètres de distance, des zones « rouges » stigmatisées et des quartiers résidentiels ultra sécurisés et privilégiés…

• un système d’accès à la santé, à l’éducation ou à la culture à « deux, trois ou quatre vitesses » en fonction de la capacité économique de chaque citoyen.

En repensant à cette matinée, mes sentiments se bousculent : je reste affligé et indigné mais aussi, après réflexion, fier que ces jeunes puissent, de par leurs efforts immenses, résister à la violence de la société dans laquelle ils évoluent et qui ne leur offre que d’infimes opportunités. Travailler reste leur dernier rempart pour survivre et exister ! Ne sont-ils pas aussi « en guerre » ?

Romain Fossey  (Guatemala)

L’art pour tous ?

Tout le monde n’a pas la même réponse à cette question, loin s’en faut. L’article 27 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme est très clair : « Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. »

Pourtant fin janvier, les médias français s’emparaient d’une triste aventure : une famille défavorisée, qui visitait le musée d’Orsay ( Paris )  en compagnie d’un bénévole d’une association internationale ( le Mouvement ATD-Quart Monde ), a été priée de quitter les lieux par des agents de surveillance après des plaintes de visiteurs sur son « odeur ».

Je ne connais pas les suites de cette histoire. Mais le 18 février dernier, à Montréal, Sébastien Poirier, un lecteur du journal francophone « La Presse » publiait son témoignage : une toute autre attitude face à la pauvreté et l’accès à la musique, à l’art : le voici in extenso :

Donner d’une main, redonner de l’autre

Par un samedi très, très froid de janvier, je suis allé magasiner des instruments de musique sur la rue Saint-Antoine, chez Jack’s Musique.

À l’intérieur, un monsieur âgé affairé à classer ses choses, nous qui regardons les instruments, et cet homme, au centre du magasin, qui joue de la guitare acoustique. Puisque nous devons toujours catégoriser les gens, appelons-le «l’itinérant». Cet itinérant ne se démarquait pas, en apparence, de tous les autres: un sac qui contenait sa vie, des rides qui marquaient le temps et la misère, et les mains salies et gonflées par l’hiver.

Aucune musique à l’intérieur. Lui seul trônait au centre de la place, jouant de la guitare acoustique, comme s’il avait fait ça toute sa vie. En fermant les yeux, on n’y entendait que du feu et on aurait pu se croire devant n’importe quel Clapton de ce monde, du moins pour un néophyte comme moi.

Puis, le responsable s’est emparé de la guitare, sèchement, laissant l’itinérant les mains vides. On peut comprendre pourquoi. Qui voudrait laisser un itinérant jouer d’une guitare de plusieurs centaines de dollars, d’autant plus qu’il venait de la salir, le manche montrant des traces visibles de ce « délit » ? À ce moment, je croyais que je venais d’assister à un moment crève-coeur. Le pauvre homme, dans le silence, a jeté son dévolu sur une autre guitare, probablement habitué à sa vie itinérante, qui l’oblige à n’avoir que très peu de possessions et habitué à ce que, chaque jour, on lui retire ce qu’il aime.

Contre toute attente, c’était plutôt pour aller accorder la guitare que le responsable lui avait enlevée des mains. Quelques minutes plus tard, l’itinérant a retrouvé sa guitare, et jamais le responsable ne lui a demandé de «ne pas la salir». Il ne l’a même pas nettoyée avant de la lui redonner, probablement par gentillesse. L’opprobre des gens, il le vit déjà régulièrement, pourquoi gâcher son moment de bonheur?

À vous, cher monsieur travaillant chez Jack’s Musique, qui m’avez redonné espoir et confiance en l’humanité.

Comme  le spécifie Monsieur Poirier, oui ce commerçant  nous « redonne espoir et confiance en l’humanité. » Il mériterait qu’on lui paie un billet d’avion pour aller expliquer à ce grand musée national français, ce qu’est l’accès à l’art pour tous. Mais l’attitude de Monsieur Poirier, auteur de l’article, me redonne aussi espoir et confiance en l’humanité, car il a su capter et témoigner, avec une très grande honnêteté, de ce à quoi il avait assisté. Il devrait aussi aller à Paris rencontrer la Direction du Musée d’Orsay !

Merci Messieurs, vous qui travaillez chez Jack’s Musique et vous Monsieur Poirier, de contribuer ainsi à faire tomber les préjugés contre la pauvreté.

Bernadette Lang – (Montréal, Canada)

CHANGEMENT D’ERE

Le 21 décembre dernier nous avons célébré au Guatemala le Oxlajuj Baktún, c’est-à-dire le changement de calendrier Maya qui est une version du calendrier méso-américain (calendrier élaboré bien avant l’arrivée des espagnols en Amérique Centrale).  Il se composait d’un calendrier sacré, Tzolk’in (ou Bucxok), cyclique sur 260 jours, d’un calendrier solaire, Haab, cyclique sur 365 jours, et du compte long qui faisait le lien entre les deux précédents calendriers.

Même si certains éléments peuvent sembler complexes à appréhender, il me semble important de faire un effort pour bien comprendre et apprendre. En effet, nous avons pu assister en décembre dernier à une supercherie mondiale, au cours de laquelle le 21 décembre a été utilisé par de multiples théories ou élucubrations annonçant la fin du monde. Cette prétendue « prophétie » est rejetée par les scientifiques. En effet, aucune inscription maya n’évoquait la moindre prédiction de fin du monde ou de quelque bouleversement majeur pour cette date-là. De plus, ce qui est considéré par les partisans de cette prédiction comme la fin du calendrier maya n’est en fait que la fin d’un cycle, tout comme chaque 31 décembre marque la fin du cycle d’une année dans notre calendrier grégorien.

Il me semble que l’exemple du changement de calendrier Maya est éclairant car il est un révélateur local et international de notre aveuglement : nous éprouvons des difficultés à « voir plus loin que le bout de notre nez » ou alors il nous est difficile de mettre les lunettes de nos voisins pour essayer de regarder la vie sous d’autres formes. Quelle perte de temps et d’énergie autour de cette annonce de fin du monde alors que nous aurions tellement plus appris si les médias et nous-mêmes avions pris le temps de découvrir la civilisation Maya, sa spiritualité ou sa culture scientifique (au niveau astronomique ou mathématique comme l’invention du zéro) qui en font un des berceaux de notre civilisation.

Au niveau du Guatemala et pour le peuple indigène maya (près de 80% de la population du pays), les célébrations du Oxlajuj Baktún ont été une source de reconnaissance d’un de ses droits culturels.

En effet, les principales demandes et critiques formulées par des représentants de la population indigène portaient sur le fait que leur spiritualité était vue comme négative, liée à la sorcellerie et réprimée violemment par les autorités publiques. Depuis la signature des accords de paix en 1996, la reconnaissance de la culture et de la spiritualité Maya a entamé un chemin lent mais certain. En conséquence, la connaissance et la publicité données à l’évènement du 21 décembre dernier ont pu être soutenues par la société civile et par une partie des instances publiques. Les cérémonies maya se sont ainsi déroulées dans différents sites du pays et ont permis une reconnaissance des droits fondamentaux du peuple indigène et donc d’une grande partie de la population guatémaltèque.

Ce que j’ai appris de cet évènement est que la spiritualité Maya est belle, fondée sur le respect d’un Etre supérieur, de la nature, de l’ensemble des êtres vivants et principalement des êtres humains. Finalement, les prescriptions de cette spiritualité s’appuient sur une philosophie du bien vivre dans laquelle « l’être » prime sur « l’avoir ».

Pour terminer, je vous laisse découvrir le message de Max Araujo, citoyen guatémaltèque, à l’occasion de notre entrée dans cette nouvelle ère Maya et qui peut inspirer nos premiers pas dans la nouvelle année 2013 : « J’espère sincèrement qu’avec le changement d’ère, une nouvelle étape commence pour le Guatemala, pour que finalement nous atteignions la justice sociale, l’équilibre avec la nature, la paix et une vie décente et digne pour tous, sans exclusion et racisme. Dans cette nouvelle ère, il est important que les personnes métisses ou ladinos (guatémaltèques ne se reconnaissant pas de descendance Maya) acceptent notre héritage Maya, parce que cela va nous permettre de promouvoir notre estime individuelle et collective. Nous verrons alors les autres habitants de cette terre comme des frères, sujets de plein droit, et nous pourrons participer à tous les processus de développement global, y compris la lutte contre l’extrême pauvreté et d’autres maux ancestraux.»

Romain Fossey (Guatemala)

L’extrême pauvreté : fléau créé par l’homme

Le fléau de l’extrême pauvreté aux Etats-Unis est pire que l’ouragan Sandy ou l’ouragan Katrina parce qu’il détruit de manière permanente la vie de bien des hommes, de femmes, de jeunes, et d’enfants.

Jérôme C, 41 ans, se rendait à l’hôpital pour se faire soigner d’une bactérie qu’il a contractée dans son travail en ramassant les ordures. Trois fois les médecins l’ont renvoyé chez lui avec des médicaments contre la douleur. Comme il avait toujours très mal, il se rendait en urgence dans un autre hôpital public et les médecins là-bas ne purent lui donner les soins nécessaires à temps. Jérôme est tombé dans un état comateux après avoir crié de tout son corps sa douleur. Il a succombé dans ce même l’hôpital. Jérôme n’avait pas le droit de vivre parce qu’il n’avait pas d’assurance maladie.

Certains dans leur croyance disaient « C’était son heure ! » Mais Jérôme avait le désir de vivre pleinement sa vie. « Il était fier de son bébé Bryan, 18 mois. Il était fier d’être travailleur et aidait beaucoup les gens. Je ne sais pas ce qu’ils [les médecins] ont fait avec mon fils ; mais ce n’est pas juste. » disait sa maman. Jérôme n’a pas choisi la pauvreté dans la vie, et sa mère comme tout autre maman pleure encore son fils qui est parti trop vite, trop tôt sans comprendre la raison pourquoi les médecins l’ont renvoyé chez lui en n’ayant pas pris le temps de le soigner.

Des millions d’individus, d’enfants, de jeunes vivant dans la pauvreté en Amérique, dans le cas de Jérôme ont succombé sans pouvoir se soigner faute d’assurance maladie.

La misère ravage la vie des hommes. Les plus pauvres paient le prix lourd d’une mauvaise gestion des biens communs. Qui sommes nous donc ?

Aucun gouvernement ne doit attendre qu’un fléau naturel comme l’ouragan Sandy ou Katrina ou un tremblement de terre en Haïti ou un Tsunami en Asie arrive, pour s’occuper des plus pauvres.

Si la prévention contre les fléaux naturels est la priorité de bien de gouvernements, n’est-il pas aussi urgent de faire de l’éradication de la grande pauvreté une priorité car la vie des plus pauvres est en danger pareillement ?

La ré-élection du Président Barack Obama apporte beaucoup d’espoir aux familles les plus pauvres parce qu’il pouvait faire avancer son projet de loi autour de la santé qui ouvrira bien des portes aux familles pauvres. Et encore ce n’est pas seulement autour la santé que le gouvernement doit faire avancer les projets de loi mais dans tout ce qui concerne l’Être Humain et ses droits et tout ce qui l’enferme dans l’extrême pauvreté.

Maria-Victoire, (New-Orleans, USA)

Travail et dignité

“La dignité c’est travailler et aller de l’avant grâce à mon commerce. Ils insultaient ma mère mais je lui disais : ce que tu as fait est digne parce que tu nous as appris à travailler !
J’ai travaillé dignement, mais ce sont les autres les indignes parce qu’ils me frappaient, me maltraitaient et ne me payaient pas ce qui devait l’être. Chacun veut être considéré comme un être humain. »

Cette réflexion d’une vendeuse au marché résume les conditions du monde du travail vécues par les personnes les plus défavorisés du Guatemala. Il est important de relever quelques chiffres pour mesurer la réalité de ce pays. 75% des travailleurs occupent un emploi informel ce qui veut dire qu’ils n’ont aucune sécurité au niveau du chômage, de la santé, de la retraite, de l’accès au droit du travail, au repos, etc. Près de 70% de la population guatémaltèque gagne moins de 2000 quetzales (monnaie locale) alors que, d’une part, le salaire minimum est de 2300 quetzales et que, d’autre part, le « panier de la ménagère vital » (qui inclue des services minimum de transport, santé, scolarisation et habitat) se situe à Q4 550 par mois pour une famille de cinq personnes.

Ces chiffres complètent les récits liés au travail qui se répètent de manière accablante pour les plus pauvres et dont nous avons l’illustration ici en quelques étapes.

Premièrement, les personnes commencent à travailler avant l’âge légal qui est de 14 ans. Elles souffrent régulièrement d’une exploitation plus importante pour le simple fait d’être des enfants. Cette situation affecte la scolarité «normale ». « J’ai commencé à laver du linge à 9 ans. Si je ne me levais pas de bonne heure, il n’y avait plus d’eau au lavoir. Nous faisions la queue dès 3h du matin pour garder notre place. Je lavais pour des clients qui m’apportaient le linge au lavoir. Je faisais payer 1 quetzal la pièce. J’ai grandi en lavant parce qu’il n’y avait pas d’autre travail. » Explique une femme de la capitale.

Ensuite, la scolarité se poursuit de manière entrecoupée et peut continuer jusqu’au lycée (pour ceux qui arrivent à atteindre ce niveau) en raison des conditions de vie d’une part mais aussi en raison du fonctionnement des établissements scolaires qui ne facilitent pas l’accès et l’assiduité de ceux qui ont le plus de difficulté.
« Je veux poursuivre ma scolarité au collège mais je dois redoubler. En septembre, j’ai dû arrêter l’école car j’ai été menacée. Quand j’ai demandé mes bulletins de notes, ils m’ont dit que je devais payer les mensualités de retard, incluant les mois où je n’avais pas étudié, pour qu’ils me les donnent. Je n’ai pas d’argent pour les payer. Je ne peux pas poursuivre ma scolarité » témoigne une adolescente d’Escuintla.

A l’âge adulte, les travailleurs souffrent d’humiliations et de mauvais traitement de la part des employeurs. Cela est parfois justifié par la nécessité de « produire plus » mais aussi par un manque cruel de considération de l’Autre qui est déprécié par sa situation de pauvreté. « Beaucoup de gens, chez qui j’allais travailler, repoussaient mes enfants pour appartenir à une famille pauvre. Dans une maison où j’allais, je devais maintenir ma fille assise sous l’évier parce qu’ils ne voulaient pas qu’elle salisse le sol et joue avec les jouets des enfants de la maison » rapporte une ancienne employée de maison. «  Dans les usines, c’est comme ça : quand il y a trop de travail, il te donne 15 minutes pour déjeuner, l’autorisation d’aller une fois seulement au toilette et boire un verre d’eau à la journée. Il nous traite comme si nous n’étions personne. Mais quand arrive le ministère du travail : tout va bien. » Témoigne une ouvrière de Guatemala.

Enfin, quand les personnes arrivent à un certain âge ils n’emploient plus. Dans beaucoup d’usines l’âge maximum pour présenter sa candidature est de 30 ans. Cela renvoie les travailleurs au secteur informel. « Au centre de recyclage, ils payaient seulement en liquide sans aucune cotisation. Si quelqu’un se blessait, ils l’emmenaient à un centre de santé. Nous gagnions 100 quetzales par jour. Tout cela s’est arrêté parce que le prix de la ferraille à baisser. Certains continuent mais gagnent seulement 50 quetzales. Ce sont les plus vieux, pour ne pas rester sans travail.»

Au regard de ces expériences, des citoyens guatémaltèques, parmi eux des personnes exposées à la violence du monde du travail, se mobilisent et formulent des propositions. Ils disent qu’il faut en terminer avec toutes les formes de discrimination faites à l’encontre des plus pauvres : celles liées aux démarches administratives complexes et couteuses, au lieu de résidence, à l’expérience professionnelle ou à l’âge. Il faut donner priorité et améliorer l’éducation pour permettre aux nouvelles générations d’accéder à une vie meilleure, « différente de leurs parents ».

Pour conclure, il semble nécessaire de repenser la « culture de la production » qui fait passer les bénéfices économiques avant la valeur des personnes, culpabilise les plus fragiles et génère l’exclusion. Aujourd’hui plus que jamais, il est indispensable de placer l’économie au service de l’Homme et non l’Homme au service de l’économie.

Romain Fossey (Guatemala)

Sandy, ou le sort très inégal des victimes

 Depuis environ deux semaines, les projecteurs médiatiques sont braqués sur la côte est des USA et sur Sandy : avant, pendant, après. On n’en finit pas d’examiner les dégâts tragiques subis par quelques 20 millions d’Américains de la grande région métropolitaine de New York. Ce qu’ils vivent est très pénible, c’est tout à fait vrai. Une centaine de personnes y ont laissé leur vie, on ne doit pas l’oublier.

Mais j’aurais aimé que les media braquent aussi leurs projecteurs, et avec autant d’intensité et d’humanité, sur la Jamaïque, Cuba, Saint-Domingue, Haïti… Vous savez, là où les taudis aux toits de tôle ondulée volent en éclats, privant leur « propriétaire » de leurs maigres biens. Dans le sud d’Haïti, Sandy a détruit 70 % des récoltes, des milliers de têtes de bétail ont été anéanties, l’eau potable a été polluée… ce qui prive les habitants de nourriture aujourd’hui, mais aussi à beaucoup plus long terme. Le choléra réapparaît, lui qui a fait plus de 7000 morts depuis le sinistre tremblement de terre de 2010. Sandy a laissé une cinquantaine de morts en Haïti mais aussi des centaines de disparus, qu’on ne retrouvera pas… Ah oui, c’est vrai, on est habitué à ces drames en Haïti !!! Les catastrophes naturelles chez les pauvres, ce n’est pas vraiment un « scoop ».

A New York, sur qui les projecteurs médiatiques ont-ils été braqués ? Bien rares sont ceux qui ont pris le temps de rencontrer les petits caissiers, les serveurs, employés d’entretien, etc., qui devaient rester à leur travail pour remplir les sacs de ceux qui faisaient des provisions afin de résister à Sandy. ? Rares sont ceux qui ont pris le temps de rencontrer les personnes âgées, seules, ou les malades qui ne pouvaient partir de chez eux.? « Judith Vorreuter, 74 ans, vit seule avec deux chiens dans la 10e rue d’Alphabet district, dans l’East village…Son appartement au rez-de chaussée a été inondé lundi, lorsque l’East River s’est répandue dans les rues. Elle a été secourue par des voisins des étages supérieurs….

Elle est hébergée par une amie du même immeuble… Sans gaz ni électricité… Dans ces conditions manger chaud est une gageure.Heureusement, elles ont trouvé un petit magasin ouvert qui vend des frites…. Certains n’ont même pas l’argent nécessaire pour y faire leurs courses. Ils doivent attendre des distributions gratuites du quartier….

« Sur la 10e rue, près de la 1reavenue, un particulier a installé un générateur à la porte de chez lui, pour permettre aux autres de recharger leur téléphone portable, même s’il y a très peu de signal dans le quartier. « Pas plus de 30 minutes », précise une petite affichette. » ( AFP 1/11/2012 )

Autant de gestes de solidarité de la vie quotidienne qui bâtissent une société plus humaine, plus juste. En temps de campagne électorale, comme c’est actuellement le cas aux USA, les media pourraient peut-être privilégier cette vision, mais sans doute est-ce moins médiatique car plus ordinaire. Seul l’extra-ordinaire semble avoir un intérêt, et cela se tourne bizarrement toujours vers les plus forts, les plus riches, en tous les cas pas vers les plus faibles.

Bernadette Lang (Montréal – Canada)

 

Vacances ensembles

Dans une partie du monde et en France notamment, nous entrons actuellement dans un temps de vacances : une période de l’année qui permet de s’éloigner de ses activités quotidiennes ou professionnelles. La législation favorise dans certains pays des congés payés, dans d’autres, des coutumes ou des fêtes religieuses octroient des jours fériés. Il est intéressant d’observer combien ces repos collectifs permettent parfois de se réunir.
Pour certains, les vacances sont synonymes de voyages plus ou moins lointains. Pour d’autres, les moyens économiques, la précarité quotidienne, les opportunités ou l’âge ne permettent pas d’envisager de partir de chez eux.
De mon côté, je vis cette parenthèse que nous offre les vacances et profite de prendre le temps de partager avec mes proches ou des amis. Ces temps ensembles invitent à dialoguer, relire les derniers mois écoulés et échanger sur les chemins de vie de chacun. Je suis marqué par l’engagement de certains ou les questionnements d’autres pour imaginer un bien être personnel mais aussi collectif avec pour objectif de réussir à faire société ensemble.
L’écoute de la radio ou la lecture me permet également de me ressourcer et j’ai d’ailleurs été interpelé par les premières lignes d’un article concernant « Tous intouchable ? ». Dans ce livre qui sort aux éditions Bayard, Jean Vanier, fondateur de la communauté de l’Arche, Laurent de Cherisey, directeur de l’association Simon de Cyrène et Philippe Pozzo, dont le handicap a inspiré le scénario du film « Intouchables », nous invitent à bâtir une société plus fraternelle. « Mettre les plus fragiles au cœur de la cité, ce n’est pas glorifier la faiblesse. C’est prendre conscience que la valeur d’une vie ne se résume pas à son efficacité, que notre vraie richesse réside dans notre capacité de faire alliance. »
Dans une autre de mes lectures, un rapport de la Fondation de France révèle que 4 millions de Français n’auraient pas plus de 3 conversations par an. Grossièrement, cela représente une conversation tous les 122 jours. Ce chiffre est tellement sidérant que je n’arrive toujours pas à prendre la mesure de la solitude et du désarroi dans lequel les personnes concernées et nos sociétés sont plongées.
Pour les vacances dans un lieu lointain ou chez soi, il me semble tellement important de se retrouver avec d’autres que je ne peux m’empêcher de penser à tous ceux qui n’ont pas l’opportunité de parler, partager et vivre de simples moments de convivialités entre amis ou en famille.
Profitons alors des vacances pour nous inviter à ouvrir nos fenêtres, nos portes, nos quartiers, nos villages, nos villes et nos cœurs pour nous retrouver ensembles, renforcer ou découvrir des amitiés, apprendre de nos voisins, développer nos savoir-faire ou nos connaissances pour faire Alliance et ainsi bâtir une société plus fraternelle.

Romain Fossey (Guatemala)

La prison : entreprise de rentabilité ou de destruction humaine ?

Aux USA, le système carcéral relève d’une gestion qui ressemble au privé. Ainsi, plus il y aura de prisonniers, plus ils resteront longtemps en prison et plus cela sera rentable. Récemment, un propriétaire de prison faisait remarquer « La prison c’est comme un auberge tant qu’il y a des gens qui occupent les lits ça fait marcher l’entreprise.» Mais pas un mot sur ce système qui casse humainement les familles des prisonniers, surtout les plus pauvres d’entre elles.

En juin dernier, une série d’articles sur les prisons est parue dans le Times Picayune, le quotidien de la Nouvelle Orléans. On y apprenait que La Louisiane, et plus particulièrement la Nouvelle Orléans, était un des lieux où il y avait le plus de personnes incarcérés au monde, près de 40, 000 prisonniers dans toute la Louisiane et 10000 à la Nouvelle Orléans.

Tout est mis en place pour rentabiliser les prisons et faire qu’il n’y ait pas de « lits » libres.
Certains se retrouvent souvent « enchaînés » à la prison pour de longs mois ou années, car une fois relâchés sur parole ( et cela peut durer des années ), ils doivent régulièrement y revenir pour apporter leur urine et la faire analyser. Selon les autorités, c’est le signe qu’ils ne se droguent pas, qu’ils cherchent à s’intégrer à la société, et donc, entre autres, le signe qu’ils cherchent du travail ( qu’il n’y a pas ). S’il y a le moindre petit doute, ils retournent en prison.
D’autres passent toute leur vie en prison, comme Cootis un jeune de 22 ans. Depuis l’âge de 13 ans, il a été plusieurs fois en prison. Après l’ouragan Katrina, il a fallu qu’il quitte la Nouvelle Orléans s’il ne voulait pas s’y retrouver encore. En effet, le gouvernement fédéral donne, à chaque état, 24,39 $ par prisonnier et par nuit. Une fois que vous êtes « entrés » dans le système ( comme ils disent ici ) et donc fichés dans les ordinateurs, la police suit vos fiches pas à pas, et n’hésite pas à vous arrêter à la moindre incartade. C’est important pour que l’  « industrie de la prison soit rentable » ! Par ailleurs, il faut savoir que chaque policier qui met quelqu’un en prison reçoit aussi une prime à la fin du mois. Donc plus un policier incarcère, plus c’est intéressant financièrement pour lui.
Un des articles paru citait le cas d’un jeune de 15 ans, Jaijai. Il devait porter un bracelet d’arrêt électronique à la cheville ( qui permet à la police de surveiller ses va-et-vient ). Jaijai n’a pas pu continuer ses études, tant il avait honte de se montrer à l’école avec le bracelet. Il a quitté l’école et n’arrive plus à se remettre debout. Depuis, il s’est fait arrêter plusieurs fois pour des vols de bonbons dans les magasins.
Beaucoup de familles très pauvres dépendent de la pension de leur jeune pour payer leur loyer. Cette pension du Gouvernement est accordée lorsqu’une personne est reconnue inapte au travail ( handicapée, retardée…) Si un jeune se fait arrêter et que sa famille dépend de sa seule pension alimentaire, c’est toute la famille qui est condamnée : la pension s’arrête, la famille ne peut plus payer le loyer, elle est expulsée. Les enfants sont placés à droite et à gauche. La famille est cassée.
Ce fut le cas aussi pour cet homme qui, à son retour de prison, n’a plus retrouvé plus sa famille : sa femme était allée vivre avec un autre homme, pour avoir une sécurité.
La majorité des prisonniers sont noirs américains ou hispanophones. Le système carcéral ainsi mis en place aux USA et son besoin de rentabilité pèse très lourdement sur les épaules des plus pauvres et de toute leur famille. Pour un prisonnier, c’est toute une famille qui est CASSÉE !

Maria Victoire (Nouvelle-Orléans, États-Unis)