« Ma richesse ce sont les personnes qui m’entourent »

IMG-20170308-WA0022

Des femmes réfugiées donnent de leur temps pour nettoyer les abords d’une maison de retraite (Cameroun)

Jeanne-Véronique Atsam

Cameroun

Je suis chargée de l’assistance sociale dans un Programme d’autonomisation des réfugiés (centrafricains, tchadiens, rwandais et autres) de la zone urbaine de Yaoundé cofinancé par l’UNHCR et Plan international, ce qui m’amène à travailler avec des femmes pour chercher avec elles comment améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs familles. Ces femmes sont seules, sans emploi, avec des enfants en bas âge, soucieuses du bien-être et de l’avenir de leurs enfants. Nous suivons une méthode participative pour que la solution adoptée vienne des femmes concernées et ne leur soit pas du tout imposée. Nous écoutons et consignons les propositions des unes et des autres.

Lors d’une réunion, je fus frappée de voir que la majorité d’entre elles soutenaient l’importance de se mettre ensemble pour mener des projets d’activités génératrices de revenus, et qu’elles réfutaient l’individualisme. Il était clair qu’elles préféraient être ensemble pour s’en sortir. J’ai voulu comprendre davantage et leur ai demandé pourquoi cette préférence plutôt que l’idée de projets individuels. C’est alors que l’une d’elles a pris la parole:

« Nous avons besoin d’être ensemble car c’est comme ça que nous sommes plus fortes. Nous nous soutenons et tout le monde avance. Je ne sais pas comment dire mais je crois que vous comprenez. »

Une autre femme a ajouté : « Quand on est comme nous, on s’en sort mieux si on n’est pas seul. Notre richesse et notre force ce sont les personnes qui nous entourent car sans elles nous sommes encore plus pauvres, même si on a un petit travail qui nous donne un peu d’argent. »

J’étais frappée par ces paroles et aussi de retrouver au milieu de ces femmes cette idée défendue dans le Mouvement ATD Quart Monde de ne laisser personne de côté. Souvent les gens pensent que les personnes pauvres sont des gens sans intelligence, à qui il faut imposer des « solutions ». Témoin de la solidarité qui existent entre les personnes qui ont la vie difficile, j’ai été davantage convaincue que cette idée largement répandue est un préjugé affreux.

Avec une grande simplicité, ces femmes modestes, analphabètes pour la majorité, confirmaient une pensée introduite il y a de cela bien des années par Jean Bodin (1) qui proposait une vision relativement humaniste de la politique et de l’économie en affirmant que la vraie richesse n’est pas seulement matérielle, et que la force d’un pays réside dans sa population : « Il n’y a ni richesse ni force que d’hommes », disait-il.

Il y a des richesses enfouies en ces personnes qui vivent dans la pauvreté dont le monde est privé à cause des préjugés qui pèsent sur eux, un potentiel non utilisé du fait qu’en général on ne tient pas compte d’eux quand on pense, quand on construit, quand on décide.

(1) né en 1530 à Angers et mort en 1596, à Laon, il est un jurisconsulte, économiste, philosophe qui influença l’histoire intellectuelle par la formulation de ses théories économiques et de ses principes du « bon gouvernement ».

Diplômée et courageuse

Traveler Digital Camera

Je suis une chef d’entreprise appelée « Beignetariat » (Roberstine, Cameroun) Photo d’une vendeuse de beignet, Kalaranet magazine

B. Ndeenga

Cameroun

La journée internationale de la femme (8 mars dernier) me donne l’occasion de montrer le courage d’une jeune femme connue dans un quartier de la ville de Yaoundé au Cameroun.

Il s’agit de Roberstine. Diplômée de l’enseignement supérieur et vendeuse de beignets…
Âgée de 25 ans,c’est depuis sa tendre enfance que Roberstine a fait ses premiers pas dans la vente des beignets auprès de sa maman. Elle l’aidait à vendre pendant que celle-ci les faisait frire. Lorsque sa maman devint totalement invalide suite à la disparition brutale de son mari, Roberstine, aînée d’une fratrie de 7enfants et mère d’une fillette, prit le relais de l’activité.

Ce fut une transition assez difficile pour cette jeune femme titulaire d’un master en communication des entreprises. Tout le quartier s’était habitué à la voir sortir chaque matin, vêtue de beaux vêtements, aller à la recherche du boulot. C’était avec plaisir que les parents et ses congénères lui souhaitaient bonne chance. Tout le quartier lui présageait un avenir radieux dans l’administration. Jusqu’au jour où l’espérance céda la place à l’étonnement et la stupéfaction. Roberstine faisait frire les beignets et les vendait.C’était l’incompréhension dans le quartier. Que lui arrivait-il donc  ?

Elle nous livre son témoignage :
« De l’extérieur, beaucoup de personnes ne pouvaient pas comprendre ce choix. L’urgence s’était faite ressentir. Ça devenait très difficile de vivre à la maison. Il n’y avait plus de sources de revenus. Papa était décédé et maman, invalide. Il fallait faire un choix et je l’ai fait sans hésiter. Dès les débuts, c’était très difficile. Comment affronter le regard de mes camarades ? Ceux-ci me disaient que je déshonorais mon diplôme et faisais honte à toutes les jeunes filles qui voulaient aller à l’école. Mais au fond de moi, je savais que je creusais un autre chemin, celui de décomplexer la jeune femme qui doit avoir le courage de vivre sa vie sous toutes ses facettes. J’avais cherché du boulot pendant 5 ans sans succès. De plus, je me sentais responsable de ma famille. Il fallait la soutenir, envoyer mes cadets à l’école, s’occuper de la santé de maman… Le temps n’était plus de se dire diplômée. J’ai retroussé mes manches. J’ai troqué mes belles tenues contre les vêtements remplis de graisse, j’ai cessé de rêver d’un bureau confortable pour la rigueur du feu du bois, j’ai abandonné la coquetterie de jeune fille pour les brûlures de l’huile bouillante, la douceur de mon lit pour la rudesse du froid, car il faut que je me réveille chaque jour à 3 h du matin pour pétrir la farine. J’ai appris à ne plus faire attention au regard des autres mais à puiser mon courage dans le regard de ma mère et dans la résilience de mes frères et soeurs qui me soutiennent.
Après 5 ans d’activité, je le dis haut et fort : je suis une chef d’entreprise appelée « Beignetariat ». Je m’occupe totalement de maman, mes frères et mon enfant vont à l’école. Toute la famille a le minimum vital. Ma ténacité et mon courage ont mis ma famille hors du besoin et je suis très contente d’accompagner des jeunes filles diplômées qui veulent suivre mon exemple. »

L’école de la rue : une belle leçon

François Phliponeau

France

La scène se passe dans une grande ville d’Afrique de l’Ouest.
La circulation est bloquée. Il fait très chaud. Derrière leurs vitres teintées, soigneusement fermées (« sinon à quoi servirait la clim »), les automobilistes qui nous précèdent ne les ont pas vus.
Notre voiture n’a pas la clim. Nos vitres sont ouvertes. Deux enfants s’approchent. Le garçon a une dizaine d’années, la fillette un peu moins.
Ils parlent un peu français :
– « Bonzour. Saa va ?
– Oui, ça va bien. Et vous ? »
En guise de réponse, un grand sourire. Ils ne demandent rien. Ils se hissent sur la pointe des pieds pour voir ce qui peut les intéresser.
Soudain, leur regard pétille. Ils ont vu à nos pieds deux bouteilles en plastique :
– « Eau ? Merci… »
Les deux bouteilles, entamées, ont encore un peu d’eau, fraîche une heure plus tôt.
L’aîné prend les deux bouteilles et, aussitôt, il verse une partie de l’eau de l’une, davantage remplie, dans l’autre. Il vérifie à deux reprises l’égalité de quantité et il tend une bouteille à sa petite sœur de la rue. Alors l’un et l’autre boivent lentement, heureux.
Dans la voiture, nous sommes muets, émus de ce partage instinctif des deux enfants.

Quelle belle leçon. Tout le monde n’a pas le même souci du partage. La richesse cumulée des 10% les plus riches de la planète dépasse celle détenue par les 99% restants (chiffres de l’ONG OXFAM).

Avec leur simplicité, leur sourire, ces enfants nous ont fait comprendre ce proverbe :
« Partage ton eau, elle diminue. Partage ta joie, elle augmente. »

Nous les hommes pauvres

joueur-de-kora

Joueur de Kora au Sénégal – image skynetblogs.be

Pape Mody Diop

Sénégal

Pape Mody Diop, militant Quart Monde, a écrit ce poème en 2015. Sur une chanson d’un artiste de son pays, Baba Maal, il égrène doucement les souffrances que vivent les personnes en situation de pauvreté et leurs efforts pour la surmonter. C’est un vibrant appel à les rejoindre et à s’unir à leurs efforts et leur courage.Ecoutez le poème de Pape Diop

Nous les hommes pauvres.

Nous les hommes miséreux.

Nous voulons construire un avenir durable.

Et nous ne savons pas que l’avenir est une page vierge à remplir.

Rien n’est établi à notre destin mais c’est à nous de l’accomplir.

Le hasard n’existe pas chez Dieu, seul ton engagement, ton courage, ta foi et ta détermination pourront amener à réaliser le minimum de tes rêves.

Car souvent les aléas de la vie s’opposent à notre volonté.

Alors la vérité est que la vie est faite d’obstacles,

Sans difficulté, nous ne serons jamais fiers de notre bonheur.

Être pauvres c’est souffrir en silence, en vide et en absence.

Pour sortir de cette pauvreté nous devons savoir vivre en famille l’hiver comme l’été.

Être en famille, c’est attirer la solidarité, l’entraide, le pouvoir et le savoir.

Nous les hommes du quart monde, nous sommes souvent ignorés oubliés et discriminés par une partie de la population, ce qui nous remplis de tristesse.

Nous ne devons pas être ignorés, oubliés ni discriminés car nous faisons partie de la population.

Nous pouvons parler de notre souffrance mais serons-nous entendus ?

Étant pauvre nous devons nous unir.

En ne laissant personne de côté, car cette union est notre force.

Unissons-nous pour combattre la pauvreté et la misère.

Ecoutez le poème de Pape Diop

Réflexions sur l’extrême pauvreté inspirées par une pluie

philippestreicher-flickr-femmesouslapluie

Femme sous la pluie, Philippe Streicher (flickr.com)

Bagunda MUHINDO René

Bukavu, République Démocratique du Congo,

La saison de pluie commence chaque année à Bukavu au mois de septembre. Dès la fin du mois d’août, la population prend des précautions contre d’éventuels dégâts. Tout le monde craint les premières pluies: les eaux envahissent des maisons, les vents emportent des toits, des parties de routes deviennent impraticables, certaines cultures sont décimées par les grands ruissellements.

Le cinq octobre, quand la pluie s’est annoncée à 14 heures, j’ai entendu maman Nadine dire à sa voisine qui venait d’étaler ses habits dehors : « ils risquent de ne pas sécher durant deux jours, comme les miens la semaine passée »…Et sa voisine de rétorquer : «je n’aime pas la pluie de Bukavu, avec trop de boue on ne peut pas marcher, on ne peut pas aller au marché, les enfants sont parfois empêchés d’aller à l’école. »

Trente minutes après, j’ai entendu les mamans appeler leurs enfants jouant à côté des voies de canalisation. Elles étaient inquiètes qu’ils se fassent mouiller ou emporter. Moi je courais vers la paroisse pour une rencontre avec les enfants de mon groupe qui préparaient un sketch à présenter à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre. Les premières gouttes m’ont surpris en chemin. Devant moi se hâtait une maman avec, sur son dos, un enfant d’environ six mois. Elle avait un panier dans sa main droite. Je l’ai pris espérant alléger son poids pour qu’elle puisse courir vite, et suis allé m’abriter à l’église.

Quelques minutes plus tard, je l’ai vue entrer toute mouillée derrière moi. J’étais sûr d’avoir fait le nécessaire, j’avais sauvé la farine de son panier.

Le jour de la cérémonie du 17 Octobre, un groupe d’enfants a présenté un sketch illustrant une course d’enfants handicapés. Alors que le premier était sur le point de l’emporter, le groupe a entendu le dernier crier en tombant par terre. Ils sont tous allés le secourir et ont franchi ensemble la ligne d’arrivée. J’ai pensé à Mouktar, un ami de Côte d’Ivoire qui disait : « la misère est comme un fardeau invisible que portent certains ». Et au père Joseph disant  : « la grande pauvreté est comme un homme à qui ses frères n’ont pas laissé la liberté de se sentir un homme »…

Quant à la maman sous la pluie, j’ai réalisé qu’en agissant sans prendre le temps de la réflexion, des aspects importants nous échappent. Un enfant boursier d’une famille pauvre échoue à l’école parce que « tous » sont incapables. De même quand un ménage pauvre échoue dans un projet de micro-finance. Mais est-ce juste ? Est-ce logique ?

Aujourd’hui encore quand je visualise la vidéo sur le sketch des enfants, je me questionne : était-il suffisant de protéger la farine ? De quoi avait réellement besoin cette maman ? Lui ai-je laissé le temps de me l’exprimer ? Je me suis rendu compte qu’après, elle ne pouvait plus me le dire. En l’imaginant derrière moi, il me vient que la question de l’extrême pauvreté n’est pas une course de marathon ou de cyclisme. On doit penser les réponses avec ceux qui manquent encore.

Soif de futur dans ma tête, entre mes mains

img_6046-reduite

Jaime Muñoz Pérez

Depuis Bangui, République Centrafricaine

Du 8 septembre au 1er octobre à Bangui, en République centrafricaine, trente jeunes se sont mobilisés pour rendre possible la tenue d’un Festival des Savoirs dans six communautés défavorisées de la ville. Le Festival, une action culturelle d’ATD Quart Monde, reprenait dans les quartiers après trois ans d’interruption à cause des conflits.

Le Festival des Savoirs, à travers les ateliers qu’il propose (création de colliers de perles, peinture, contes, fabrication de jouets éducatifs), est une porte ouverte à la curiosité et à la connaissance, une porte ouverte sur l’avenir.

Pendant trois jours consécutifs, la communauté, les gens du quartier, l’association des enfants qui vivent à la rue se mobilisent. Les chants et les danses résonnent. Les enfants se regroupent autour des différents ateliers proposés. Trois heures durant règnent la joie, la concentration, la créativité, la participation. De temps en temps, quelqu’un(e) interrompt son activité pour aller faire une course pour sa maman, s’occuper des plus jeunes, aller chercher de l’eau ou du bois. Pendant le Festival des Savoirs, toutes les personnes présentent défient la pluie, la fatigue, le découragement, le « je ne sais pas », ou « je ne peux pas ».

Mais dans l’air est restée suspendue la question d’une des responsables d’un quartier et du coordinateur des différents secteurs du centre d’accueil des réfugiés de l’aéroport de Bangui : « Combien de temps encore allez-vous continuer à chanter et crier avec les enfants, sans pour autant que leurs conditions ne changent ? En plus de cela, le Festival ne distribue rien, n’offre ni cahiers, ni bonbons, ni même un peu de riz pour les parents. »

Est-ce vrai que nous n’avons pas d’ambition pour améliorer les conditions de vie de ces communautés ? Que nous ne donnons pas de réponse à leur ambition de prospérité ? Quelles sont nos ambitions principales pour l’avenir ?

Le pari du Festival des Savoirs est de réussir à démontrer que chaque petit garçon, chaque petite fille, est capable de produire et de créer de jolies choses. Dans l’un des quartiers, un homme s’est approché et a dit : « Dans mon village il n’y a pas ce genre d’activités, il n’y a pas d’école, ici je vois tous les enfants actifs et enthousiastes, et c’est quelque chose de très important. » Dans un autre quartier, la pluie a interrompu les activités et tout le voisinage a ouvert ses portes pour permettre aux ateliers de se terminer.

Notre ambition ne se limite pas à ces trois jours de création collective, mais elle est une porte que nous ouvrons ensemble, que nous poussons, et qui nous amène à réfléchir sur la question de l’école, du travail et de l’avenir.

Cette expérience positive, d’être capable de créer, est une première pierre que nous posons, bien souvent invisible. Dans les endroits où il n’y a pas d’école, où il n’y a pas de cahiers, quel est le prochain pas à faire ?

Les Festivals des Savoirs déchaînent un torrent de soif de l’avenir.

 

C’était vraiment osé !

cameroun4

Caroline Blanchard,

Cameroun

C’était vraiment osé, voire même un peu fou ! Lancer cette idée de monter un spectacle pour la Journée mondiale du refus de la misère, dans la grande salle de spectacle de l’IFC (Institut Français du Cameroun) lors d’une réunion en juin, avec le Directeur, pour un groupe si jeune et si fragile que le nôtre ! Au moment de la réunion, notre petit groupe des Amis d’ATD Quart Monde avait très peu d’éléments :

  • L’envie de travailler avec Piko, un comédien centrafricain, dont nous avions vu les talents avec les enfants de la Fondation Petit Dan et Sarah qu’il avait su former au théâtre dans une mise en scène très comique,
  • La confiance que tous nos partenaires répondraient présents, chacun à leur manière : l’école française Fustel de Coulanges, le centre social Edimar qui accueille les enfants et les jeunes qui dorment dans la rue, la bibliothèque Lucioles, à caractère social et éducatif,
  • L’espoir que d’autres comme le Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun nous rejoindraient.

C’était vraiment osé, et risqué : faire se rencontrer sur la scène et dans le public des jeunes qui vivent et dorment dans la rue, des jeunes non-voyants, et des jeunes d’un monde favorisé comme celui du Lycée Français !

C’était vraiment osé, audacieux, de mêler dans le public expatriés et locaux, occidentaux et africains, alors que nous n’avons pas le même sens de l’humour et pas tout à fait le même français… Allions-nous nous comprendre, et faire comprendre le message essentiel que nous voulions transmettre ?

C’était vraiment osé, et nous imposer un joli défi que de remplir cette salle de spectacle !

Pourtant le défi a été relevé, et au-delà de nos espérances, la salle était pleine à craquer quelques minutes avant le début du spectacle, tellement qu’il nous a fallu refuser du monde. Nos amis de la bibliothèque Lucioles, et bien d’autres n’ont pas pu entrer. Et puis, des artistes nous ont suivis, encadrés, conseillés, accompagnés, formés : Piko, le comédien metteur en scène, mais aussi Ndjonbe Jean, un autre comédien, et d’autres, musicien et photographe. Nos liens se sont renforcés à travers cette expérience.

Nous avons eu peu de temps pour écrire et monter ce spectacle, mais nous avons réussi deux choses au cœur de la mission du 17 octobre : mettre les plus pauvres à l’honneur et permettre la rencontre.

Quelle joie ce fut pour nous de voir les enfants de la Fondation Petit Dan et Sarah nous faire tous rire dans ce sketch « Je mange » parodie comique du monde du travail ! Quelle fierté de montrer le talent de ces enfants orphelins et vulnérables !

Quelle émotion de faire monter sur la scène les jeunes non-voyants montrer leur sens de l’humour, et leur talent artistique pour nous chanter « Toi qui dis que je ne vois pas, mais moi je dis que je vois mieux que toi, aujourd’hui j’ai envie de te parler de ma vie, de mon cœur, parce que quand je tombe, je me relève… »

Quelle harmonie et quelle espérance d’écouter chanter les enfants du l’école primaire Fustel de Coulanges pour nous dire leur sens de la solidarité, et leur souci de préserver notre terre.

Quel message d’espoir que celui de ce jeune qui après 8 ans dans la rue est en apprentissage dans une boulangerie, hébergé par ses patrons, et s’accroche pour apprendre un métier et continuer à l’école. Nous espérons que ce témoignage d’une vie de travail, d’épargne très modeste, et de soutien constant à sa famille va contribuer à faire changer le regard porté sur les enfants qui dorment dans la rue.

Certes, il faisait beaucoup trop chaud dans cette salle bondée, certes, nous n’avons pas su bien maîtriser le temps et nous allons tirer les leçons de cette belle expérience pour progresser. Mais à un an de la grande mobilisation 2017, nous somme sûrs d’une chose : notre capacité à mobiliser un public qui s’est laissé toucher par notre création si osée à la hauteur des ambitions que nous avons pour le monde de demain.

Des extraits de la pièce de théâtre seront bientôt disponibles.