Les enfants de Buterere

buterere

Par Saleh Kazige ABASI,

Bujumbura, Burundi

Buterere est l’un des quartiers les plus défavorisés de Bujumbura, la capitale commerciale du Burundi. Il est situé près du lac Tanganyika, proche de l’aéroport international du Burundi. Il s’agit d’une zone qui a connu des récurrentes catastrophes d’origine naturelle, notamment d’énormes inondations.
On y trouve les stations d’épuration où sont orientés tous les canaux et sont déversées toutes les eaux usées de la ville, ainsi que les dépotoirs de déchets liquides et solides collectés sur toute l’étendue de Bujumbura.

Cette décharge est visitée, chaque jour, par des milliers d’enfants, qui y vont pour faire le tri des déchets en espérant trouver des outils encore utilisables, des habits à porter, des restes d’aliments,… Les conditions de vie dans lesquelles vivent ces enfants et leurs familles, les obligent parfois à se rendre aux dépotoirs des déchets, même si le risque qu’ils encourent peut avoir des graves conséquences sur leur santé et voire même leur coûter la vie.

« Ma mère vend des fruits. C’est souvent des bananes et des avocats qu’elle étale sur la route. Parfois, elle rentre à la maison sans avoir vendu. Moi et mes frères, sommes obligés de chercher aussi pour que notre famille survive » me témoigne un enfant de moins de 14 ans lors de ma visite à Buterere. Il m’avait fait savoir que son souhait était de retourner au banc de l’école et vivre dans des conditions favorables à son épanouissement. « J’aime étudier, mais chez moi on n’a pas assez d’argent. Au lieu de passer toute la journée à la maison, je préfère venir ici pour trouver d’autres enfants et jouer avec eux… » dit-il. J’ai connu cet enfant lors d’une visite aux dépotoirs de Buterere, où il y avait beaucoup d’autres enfants en train de fouiller dans les déchets. Il n’était pas facile pour lui de se confier à moi lors des premiers jours de notre rencontre. C’est seulement après plusieurs semaines qu’on est devenu plus proches.

Après plusieurs jours de visite à Buterere, j’ai découvert que le désir le plus profond de ces enfants était que leur vie et celle de leurs familles changent. Généralement, les gens écoutent les enfants d’une oreille distraite et sans accorder beaucoup d’importance à ce qu’ils ont à nous dire. Pourtant, les enfants, et surtout ceux qui vivent dans la pauvreté la plus extrême, ont beaucoup des choses à nous apprendre. Ils portent au plus profond d’eux un message fort que l’on ne peut découvrir que si on s’approche pour les écouter et mettre en valeur leurs pensées. De leur bouche sortent des paroles et des vérités que Joseph Wresinski avait qualifiées de « trésor ».

Malgré les avancées que nos pays ont fait dans le domaine de la protection des droits de l’enfant, la situation dans ce coin de périphérie de Bujumbura reste encore préoccupante et nécessite l’intervention de tous. Parents, enseignants, autorités politico-administratives, jeunes, nous sommes tous appelés à agir en nous assurant que tous les enfants, sans laisser personne de côté, vivent dignement et que leurs droits, même les plus élémentaires, soient respectés.

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