Soif de futur dans ma tête, entre mes mains

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Jaime Muñoz Pérez

Depuis Bangui, République Centrafricaine

Du 8 septembre au 1er octobre à Bangui, en République centrafricaine, trente jeunes se sont mobilisés pour rendre possible la tenue d’un Festival des Savoirs dans six communautés défavorisées de la ville. Le Festival, une action culturelle d’ATD Quart Monde, reprenait dans les quartiers après trois ans d’interruption à cause des conflits.

Le Festival des Savoirs, à travers les ateliers qu’il propose (création de colliers de perles, peinture, contes, fabrication de jouets éducatifs), est une porte ouverte à la curiosité et à la connaissance, une porte ouverte sur l’avenir.

Pendant trois jours consécutifs, la communauté, les gens du quartier, l’association des enfants qui vivent à la rue se mobilisent. Les chants et les danses résonnent. Les enfants se regroupent autour des différents ateliers proposés. Trois heures durant règnent la joie, la concentration, la créativité, la participation. De temps en temps, quelqu’un(e) interrompt son activité pour aller faire une course pour sa maman, s’occuper des plus jeunes, aller chercher de l’eau ou du bois. Pendant le Festival des Savoirs, toutes les personnes présentent défient la pluie, la fatigue, le découragement, le « je ne sais pas », ou « je ne peux pas ».

Mais dans l’air est restée suspendue la question d’une des responsables d’un quartier et du coordinateur des différents secteurs du centre d’accueil des réfugiés de l’aéroport de Bangui : « Combien de temps encore allez-vous continuer à chanter et crier avec les enfants, sans pour autant que leurs conditions ne changent ? En plus de cela, le Festival ne distribue rien, n’offre ni cahiers, ni bonbons, ni même un peu de riz pour les parents. »

Est-ce vrai que nous n’avons pas d’ambition pour améliorer les conditions de vie de ces communautés ? Que nous ne donnons pas de réponse à leur ambition de prospérité ? Quelles sont nos ambitions principales pour l’avenir ?

Le pari du Festival des Savoirs est de réussir à démontrer que chaque petit garçon, chaque petite fille, est capable de produire et de créer de jolies choses. Dans l’un des quartiers, un homme s’est approché et a dit : « Dans mon village il n’y a pas ce genre d’activités, il n’y a pas d’école, ici je vois tous les enfants actifs et enthousiastes, et c’est quelque chose de très important. » Dans un autre quartier, la pluie a interrompu les activités et tout le voisinage a ouvert ses portes pour permettre aux ateliers de se terminer.

Notre ambition ne se limite pas à ces trois jours de création collective, mais elle est une porte que nous ouvrons ensemble, que nous poussons, et qui nous amène à réfléchir sur la question de l’école, du travail et de l’avenir.

Cette expérience positive, d’être capable de créer, est une première pierre que nous posons, bien souvent invisible. Dans les endroits où il n’y a pas d’école, où il n’y a pas de cahiers, quel est le prochain pas à faire ?

Les Festivals des Savoirs déchaînent un torrent de soif de l’avenir.

 

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