Logement décent pour tous : un véritable défi en Haïti

Saint Jean Lhérissaint

Haïti

En Haïti, tant en milieu rural qu’en milieu urbain, le droit au logement décent est loin d’être une réalité pour les plus pauvres. Les conséquences dévastatrices de l’ouragan Matthew dans le sud du pays viennent à nouveau tristement le démontrer.

Ce problème qui existait depuis toujours a pris une autre ampleur depuis le séisme du 12 janvier 2010. Louer la faible quantité de maisons qui résistent à une catastrophe est quasi impossible pour les petites bourses. Il n’y a pas de quoi payer le loyer, mais il faut bien qu’on dorme sous un toit. A Port-au-Prince, la capitale haïtienne, des familles pauvres qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts s’ingénient pour se construire un abri. L’un des rares choix qui se présentent à elles est de pousser la mer pour mettre leur petite maison. Il suffit de trouver quelques camions de gravats qu’on jette à la bordure de la mer. A chaque camion jeté, l’eau recule jusqu’à ce qu’on aboutisse à un espace littoral assez grand pour en faire une vraie petite ville. C’est ainsi qu’on est né Village de Dieu, par exemple.

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C’est un village où logent aujourd’hui des milliers de familles. Vivre à côté de la mer dans un pays situé sur le passage des cyclones prenant naissance chaque année sur l’atlantique, et sous la menace de tsunamis parce qu’à haut risque sismique, n’est pas sans risque. Personne ne choisirait de se mettre en danger, mais condition économique précaire oblige. Il est facile pour les autorités de critiquer la façon dont les habitants de ce village choisissent de résoudre le problème de logement, quand il leur est toujours demandé de déplacer. Mais où aller ? Que vaut la parole sans action concrète ?

En milieu rural, les paysans à très faible moyen construisent le toit de leur maison en pailles de palmier, de cocotier, de canne à sucre etc… S’ils arrivent à se protéger assez bien contre le soleil, quand il pleut, il leur faut quelques bassines s’ils veulent empêcher que tout se retrouve trempé. En temps d’ouragan, c’est la panique généralisée. Pour ceux qui peuvent se débrouiller un peu, c’est plutôt des maisons à toit en tôle. Mais il arrive souvent que ces toits ne résistent pas au vent violent.

Encore une fois, du 2 au 5 octobre 2016, l’ouragan Matthew a mis à nu la précarité de nos constructions et des endroits où elles se trouvent. Les villes littorales dans 4 de nos 10 départements sont presqu’inexistantes. L’île compte ses morts et ses principales pertes, la mer monte inondant les environs, les rivières déchaînées emportent tout ce qui se trouve sur leur chemin, les toits en tôle en en paille sont arrachés par les vents violents. Avant une catastrophe de plus, nous sommes en droit de demander : quand est-ce que les plus pauvres seront rétablis dans leur droit à un logement décent ?

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