Pour qu’ils continuent de vivre !

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Elda Garcia,

Guatemala/France

Joaquim était l’un des 4,9 millions de jeunes du Guatemala. Je l’ai rencontré par mon engagement en tant que professeur. Comme beaucoup de jeunes de mon pays, la vie ne lui a pas fait de cadeau. Dès le début, l’école était difficile pour lui. C’est pour cela que plusieurs fois je suis allé chez lui, afin qu’avec ses frères et quelques voisins, nous révisions les leçons. Il faut dire qu’aux difficultés de l’école s’ajoutaient les problèmes d’une vie difficile, qui touchent la famille et la communauté. Même avec tout le poids du quotidien, sa mère était là, consciente des besoins de ses enfants. Le jour où je venais, tout était prêt : la table, les cahiers, les crayons. Et elle était assise à côté de moi, attentive à ce que nous faisions.

Comment oublier ces jours-là ? S’ils étaient remplis de regards, de visages, de désespoir, de frustration, de luttes, d’amour, mais surtout de rêves. Oui, de rêves d’enfants, de parents et d’amis.

La vie des familles les plus pauvres est chaque jour plus difficile. Face à cette terrible réalité que beaucoup d’entre elles ont vécu, l’un des amis d’enfance de Joaquim me disait: « On aurait mieux fait de rester jouer aux billes ». Mais pourquoi vouloir arrêter le temps ? On ne peut pas comprendre quand on n’est pas témoins de la violence quotidienne qui sévit dans les quartiers, et quand, pour cette raison, il vaut mieux rester chez soi pour ne s’exposer aux inévitables surprises qui vous attendent dehors. Beaucoup de parents cherchent à protéger leurs jeunes de différentes manières : c’est triste à dire, mais souvent ça ne fonctionne pas! Rien n’arrête ce monstre de la violence, de la drogue, des gangs, de la prostitution. Si tu as quitté l’école sans rencontrer ensuite des opportunités qui te permettent d’avoir une vie meilleure pour le présent et l’avenir, le plus probable est de tomber dans leurs griffes.

Où est l’État? Quelles stratégies leur sont offertes pour la vie des jeunes puisse changer? Il est urgent que soit adoptée la Loi Nationale de la Jeunesse qui reconnaît les jeunes comme sujets de droit et qui leur donne accès à des conditions de vie digne.

Joaquím n’est plus là, mais des milliers de jeunes sont debout et s’opposent à cette violence, avec force, cherchant les chemins qui leur permettent de changer leur réalité, de continuer à rêver d’un avenir meilleur. A côté d’eux, leurs familles continueront leurs efforts de tous les jours. Nous ne cessons pas d’apprendre d’elles. Que leur courage soit la lumière dans notre engagement.

Article traduit du blog Cuaderno de viaje.

 

 

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