L’économie du Cameroun face au changement climatique

cameroun

photo @grainesdinfo.wordpress.com

Blaise N.,

Cameroun

« Le climat est devenu est instable et il nous embrouille énormément. Nous ne savons plus à quel moment il pleuvra ou il fera chaud. Nous sommes troublés et nos cultures aussi. Soit il pleut beaucoup et certaines cultures ne supportent pas l’abondance de l’eau soit il fait très chaud et cela brûle totalement nos plantes réduisant ainsi le rendement et la qualité de production. Les hommes doivent arrêter de détruire la couche d’ozone avec leurs usines et leurs véhicules car si rien n’est fait d’ici quelques années nous risquons de mourir de faim… »

Voilà le témoignage d’un paysan du Cameroun. Il témoigne de la réalité dans laquelle se trouve la majorité de notre population car le Cameroun est un pays agricole à plus de 60 % et les populations tirent leur subsistance dans l’agriculture qui est faite généralement à petite échelle. Les effets pervers du changement climatique se font sérieusement ressentir. Il y a encore quelques années un paysan camerounais pouvait vous dire avec exactitude que la saison des pluies commençait en août pour s’achever en novembre et la saison sèche allait de la mi-novembre à la mi-mars. De nos jours on attend indéfiniment les pluies. Tout le cycle agraire est troublé. Les agriculteurs ne savent plus à quel moment de l’année remuer le sol, préparer les semis et enfouir les plants. La plupart par réflexe et par habitude continue de se fier à l’ancien calendrier qui est devenu caduc d’où d’innombrables conséquences : les végétaux sont brûlés par le soleil, les plants de cacao dépérissent, la qualité de la production est altérée. Le volume des fruits baisse, la chaîne alimentaire s’effrite car on savait par exemple qu’avec la venue des pluies, il y avait prolifération des champignons blancs qui relevaient le fumet des sauces d’arachide et équilibraient aussi l’alimentation. L’argent se fait rare car les produits devenus de mauvaise qualité n’ont pas de valeur sur le marché. Et un septuagénaire d’arguer : « On ne se retrouve plus. Non seulement nous ne mangeons plus à notre faim mais on ne peut plus rien vendre. Comment fera t-on pour envoyer nos enfants à l’école et subvenir à nos besoins? Si la terre qui est notre seule mamelle nourricière nous abandonne, vers quoi irions et nous et comment ferons nous? La situation est vraiment grave. »

Voilà un tableau sombre, conséquence des changements climatiques. Cependant face à cela certains paysans ont développé diverses initiatives afin d’atténuer les effets des changements climatiques sur leur quotidien et sur leurs revenus.

La première initiative est la mutation au niveau des cultures. Les cultures généralement friandes en eau ont cédé la place à celles qui s’adaptent à toutes les saisons. « Nous ne pouvons plus cultiver du maïs qui consomme beaucoup d’eau. Nous cultivons davantage le manioc qui avec peu d’eau peut s’adapter à toutes les saisons. Nous pouvons donc le manger sous diverses formes tout le long de l’année et le vendre aussi. Cela nous permet de tenir face à certaines charges. Nous plantons aussi beaucoup d’arbres que l’État nous a distribués. Nous pensons qu’à la longue cela atténuera la dureté des saisons » nous révèle une femme agricultrice.

La seconde initiative est la transformation des produits issus des récoltes en diverses conditionnements. Par exemple des fruits sont transformés en jus : « Vues la mauvaise qualité et la perte de volume des fruits comme les mangues, l’ananas, les goyaves et les oranges et les papayes , nous sommes obligés de les transformer en jus afin de les vendre. Cela nous permet de garder un certain équilibre financier. Les produits comme les bananes plantain ou bien les pommes de terre sont transformés en chips .Cela nous permet aussi d’occulter la qualité du goût qui devrait être tout autre s’ils étaient consommés frais. Nous transformons aussi le manioc en amidon…Voilà comment on s’en sort face aux désagréments du climat » explique un membre d’une coopérative agricole.

La troisième initiative est la culture dans les bas-fonds marécageux. Elle est de plus en plus prisée par les populations. Car ces bas-fonds présentent la particularité de regorger d’eau au gré des saisons. C’est ainsi que les cultures à l’instar du maïs, des légumes, des haricots et des arachides poussent sans problème le long de l’année et permettent d’approvisionner nos marchés.

Ainsi certaines de nos populations ont développé différentes initiatives qui allient écologie et économie afin de parer aux troubles économiques et agricoles qu’engendrent les mutations climatiques.

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