Le rejet, les divisions… et les couleurs des peintres…

36 Exposition. Peintures de Mme  Schenker-article

Exposition de peintures de Nelly Schenker

Noldi Christen,

Suisse

Je ressens une immense joie en relisant le récit de Jean-Luc Heintz dans ce même blog. Tout ce qu’il dit me rappelle tellement l’univers de Nelly. Justement, en ce temps Nelly nous a aussi parlé du remède de la peinture face à la misère. *

Je pense à ses toutes premières aquarelles : Un arbre, esseulé, qui pousse dans du sable… Et une grande feuille remplie de trous de serrures serrés… «Et derrière ces trous, tous ces yeux qui te regardent ! Sans rien comprendre !»…

Ses tableaux d’aujourd’hui sont beaucoup plus lumineux. Dans tout son appartement, ils sont accrochés aux murs et parlent à ses visiteurs…

Les titres de ces tableaux semblent retracer chacun une partie de sa vie : «Le ruisseau sauvage qui se fraye un chemin !»… «Le poisson, signe du partage tant espéré»… Et : «L’escargot, lui aussi, fait de la musique»…

Il y a aussi ce tableau où l’on voit la mer s’échouer contre les falaises d’une haute côte sombre… Sans arrêt, toujours à nouveau. «C’est nous, ce sont nos paroles repoussées par une société qui ne veut rien entendre !» Cette image me rappelle une création de la grande danseuse-chorégraphe allemande Pina Bausch, où des jeunes enfermés en institution se jettent pendant toute la représentation contre les murs, pour se libérer. C’était ça la vie de Nelly, ces institutions là et cet enfermement elle les a connu, jusqu’au bout. Mais un jour elle a trouvé des portes pour s’échapper et pour aller vers une longue quête de la liberté.

Nelly peint

Le tableau qu’elle aime le plus, s’appelle : «Les fables et les contes». Tableau aux couleurs chaudes, orange, rouge et jaune… On y trouve toute une ville, des maisons, des usines, des tours… «Et beaucoup, beaucoup de livres, et de ces cahiers qu’aujourd’hui j’aime tellement remplir !» «Là, tu vois… Rapunzel, qui laisse descendre ses longs cheveux dorés ! Fini la réclusion dans la grande tour !»

En contemplant ce tableau l’esprit de Nelly s’envole un instant dans les histoires de sa vie. Cette vie qui aurait dû se dérouler différemment, si des gens avaient été là pour accueillir la soif et l’intelligence de cette enfant jamais scolarisée…

Le monde devient plus clair en l’écoutant. C’est une survivante, et du coup un guide. Et elle dit, comme aussi Jean-Luc : Ce beau-là, quand enfin tu peux le cueillir… il t’engage.

A quand le jour où chaque Etre Humain sur cette terre aura le droit de toucher à cette grâce… ?

Et… est-ce que cela ne contribuerait-il pas à faire en sorte qu’il y ait moins de révolte, moins de bombes et plus de paix dans le monde actuel ?
*Nelly Schenker a écrit un livre sur son expérience de vie en grande pauvreté, et fait une tournée de lecture à travers la Suisse.

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