La COP 21 vue de l’intérieur (4 décembre)

Don'Duck adaptation

Le 4 décembre, nous commençons la journée par un événement comme il y en a beaucoup d’organisés, pendant un quart d’heure, en plein air sur les « Champs Elysées ». Les Champs Elysées, c’est l’allée principale qui distribue les différents halls de ce village de 30.000 personnes créé pour ces deux semaines.

CARE organise son événement : « Don’t duck adaptation » pour encourager les négociateurs à être exigeants sur le volet adaptation de l’accord. Article numéro 4.

De jolis petits canards en papier mâché sont décorés et portent des messages d’enfants. Ils ont été fabriqués au Bengladesh par des enfants au sein d’un projet de CARE et ont été décorés par des enfants d’une école primaire à Paris. Ils portent des messages du style « baissez le chauffage, roulez à vélo… ». En français le slogan donne ceci « Ne laissez pas l’adaptation dans un Coin-Coin » ou « L’adaptation ne doit pas être le vilain petit canard ». Après quelques photos, on doit prendre un canard et le porter à un négociateur, de préférence spécialisé dans le domaine de l’adaptation, pour lui rappeler ses responsabilités.

Et pourquoi des canards ? Parce que le canard est le symbole de l’adaptation. Alors que les poules ne supportent pas l’eau ni le froid, beaucoup de poulaillers ont été remplacés par des élevages de canards au Bangladesh. Le canard peut patauger, nager, voler, c’est la résilience par excellence !

A 10 heures, la plénière commence. Il y a un nouveau texte. Le but de la séance est de faire une lecture commune du texte article par article. Le texte est présenté en vidéo sur grand écran de façon lisible. Il faut produire un nouveau texte et non pas un accord, qui soit la meilleure base possible pour que les politiques, la semaine prochaine, négocient entre eux.

Il n’y aura plus de spin off groups. Le texte a intégré les « bridging texts » c’est-à-dire les formules qui sont censées accorder les différents points de vue exprimés. Ces formules ont été rédigées par les présidents des différents « spin off groups » Mais ce texte ne fait pas l’unanimité. Certaines délégations ne se retrouvent pas toujours dans les nouvelles formulations.

Après une série de remarques au texte, le président de séance trouve qu’elles rentrent trop dans ce qu’il appelle « détails rédactionnels ». Il n’y a pas le temps de procéder comme cela si l’on veut passer en revue tous les articles à la fin de la séance, et parvenir à produire un texte samedi 5 à midi comme prévu, pour examen par les ministres la semaine prochaine.

Il y a une certaine confusion. L’Afrique du Sud, au nom du G77, propose que les « bridging texts » soient améliorés. Certains reflètent bien les débats des « spin off groups » et d’autres non.

Le président de séance ne veut pas que soient rajoutées de nouvelles positions ou rappelées des positions déjà prises, mais souhaite voir des propositions pour éclairer les politiques dans leurs prises de décision.

La Malaisie fait une proposition qui sera adoptée. Elle propose que soient apportés des éléments clés qui sont manquant dans le texte actuel. Il y aura donc une liste de commentaires qui viennent s’ajouter au texte actuel. Cette méthode semble adoptée, mais certaines délégations continuent à prendre la parole pour discuter de méthode alors que d’autres la prennent pour commencer à nommer les éléments clefs manquants.

Après une petite interruption de séance, les travaux reprennent dans ce sens. Si les délégations ne sont pas d’accord pour savoir quel élément clé est à soumettre pour un article ou paragraphe précis, elles peuvent sortir, travailler ensemble et revenir avec une proposition claire.

De nombreux points sont énumérés sur l’ensemble du texte.

( Préambule : orientation générale ; article 1 : Définition des termes utilisés ; article 2 : Objet avec la mention des 2°C ou variante, et la mention des DDH ; article 3 : Atténuation, réduction des émissions de carbone, lutte contre la déforestation, mécanismes de soutien au développement durable ; article 4 : Adaptation pour augmenter les capacités de résilience des pays touchés ; Article 5 : Pertes et préjudices, mécanismes permettant réparation – voir aussi mécanisme financier de l’accord ; Article 6 : Financement ; Article 7 : Transfert de technologies ; Article 8 : Renforcement des capacités ; Article 9 : La transparence ; Article 10 : État des lieux mondial ; Article 11 : facilitation de la mise en œuvre et contrôle du respect des dispositions ; Les articles suivant sont juridiques et administratifs. )

Nous sommes frappés par l’insistance du Nicaragua pour mentionner la Terre Mère (Mother Earth) dans l’article 2. « C’est ce qui donne la dimension éthique du texte » selon lui. Par ailleurs, nous constatons que, sauf la Bolivie, tous les pays d’Amérique du Sud ne sont pas en accord sur ce point de vue du Nicaragua. Certains craignent que cela masque les droits des peuples autochtones. Certains craignent que ce soit une référence vague et non opérationnelle. Pourtant, d’après la Bolivie et le Nicaragua, la notion de Mother Earth figure déjà dans des textes de l’ONU et peut faire référence. Il y a une sorte de jurisprudence appliquée aux éléments de langage dans les textes de l’ONU.

Les pays concernés par l’article 2 sortent pour tenir entre eux une réunion salle 20, qui n’est pas ouverte aux ONG. Ils doivent faire un accord et le remettre à 18 heures au plus tard à la présidence. Ce qu’ils font.

Lire aussi la COP 21 vue de l’intérieur des jours précédents :

30 novembre, 2 décembre, 3 décembre

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s