Quel présent, quel avenir pour nos jeunes ?

Pascale Tissier

Bolivie

C’est une question que chaque pays devrait prendre au sérieux mais que nous avons bien du mal à assumer. Une des préoccupations importantes que portent les mamans que je rencontre à El Alto (ville, à 4050 mètres, de plus de 800 000 habitants, au-dessus de la Paz) c’est leurs jeunes.

La plupart d’entre elles vivent en situation de pauvreté. Plusieurs assument seules le foyer, pour d’autres le mari part au loin durant une semaine ou plus pour travailler. Elles ont peur pour leurs jeunes de 13 à 18 ans. L’école les accueille soit le matin, soit l’après-midi soit le soir. Le reste de la journée, dans de nombreux quartiers, rien ne leur est proposé. Certains travaillent, d’autres vont dans les boutiques internet sur facebook.

Les parents ont peur des bandes qui se créent et de l’alcool. Une maman a retrouvé par hasard son jeune de 12 ans complètement saoul, en plein après-midi, dans une rue pas très loin de chez elle. On l’avait poussé à boire. Elle l’a ramené chez elle dans une brouette, inanimé.

Solidaire de Somain ATD Quart Monde

Photo  ATD Quart Monde

Des jeunes filles se retrouvent enceintes dès l’âge de 13 ans. Leur compagnon souvent les abandonnera. Du coup beaucoup quittent l’école à ce moment-là. J’en connais qui se cachent chez elles et n’ont plus de vie sociale. « Depuis 2 ans, dans les collèges, on observe que des jeunes filles sont enceintes plus précocement et ce dès l’âge de 13 ans. Pour le gouvernement c’est une grande préoccupation. A La Paz, le service de santé a enregistré, en septembre 2014, 5000 adolescentes enceintes entre 12 et 18 ans » pouvait-on lire récemment dans un journal bolivien. « J’ai peur pour ma fille de 17 ans, je la vois traîner avec Amélie, 15 ans, qui a quitté ses parents et vit à la rue maintenant. Je sais qu’elle boit. Qu’est-ce que je peux faire ? » disait une maman.

Des personnes diront c’est la période de l’adolescence, ça passera mais pour certains jeunes, cela détruit leur avenir. L’an dernier, Marco s’est jeté de la falaise qui se trouve au bord de El Alto et « ce n’est pas le seul » m’a-t-on dit. En Bolivie, comme en France, l’alcool pour certains ou la drogue pour d’autres entraînent les jeunes sur une fausse route. Certaines associations les invitent à se réunir, proposent des activités, des temps de réflexion. Je connais par exemple « la casa de la solidaridad » qui se situe tout au bout d’un quartier non asphalté de El Alto et qui accueille tous les après-midi des jeunes pour des ateliers de danses, de théâtre ou de musique et des temps de réflexions en commun. Des adultes bien engagés sont avec eux. Nous aussi, nous avons voulu répondre à l’appel de ces parents et de ces jeunes que nous rencontrons. Depuis l’an dernier un groupe de jeunes s’est constitué et se réunit tous les jeudis après-midi autour de différents projets dans les locaux d’ATD Quart Monde.

Nous, en tant que citoyens, parents y réfléchissons-nous assez, agissons-nous ? Ou essayons-nous seulement de protéger nos propres enfants ?

Publicités

Une réflexion au sujet de « Quel présent, quel avenir pour nos jeunes ? »

  1. Ping : Quel présent, quel avenir pour nos jeunes ? | Pascale y Michel en Bolivia

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s