Pour nous la saison des pluies, c’est pas la joie.

Jeanne-Véronique Atsam

Cameroun

Le bonheur des agriculteurs fait le malheur des familles qui vivent dans la vallée du quartier Nlongkak à Yaoundé en cette saison de grandes pluies.

La zone est marécageuse et inondée chaque fois que dame pluie dicte sa loi. Cela met les nombreuses familles qui habitent dans ces bas-fonds de la ville dans d’énormes difficultés.

Cela fait plusieurs années que je connais mama M. C’est à la Fondation Petit Dan et Sarah que je l’ai rencontrée. Elle habite ce quartier et m’a raconté sa souffrance et celle des autres habitants du quartier.

Dans sa maison, presque tout est suspendu aux murs.

« Nous n’accrochons rien au plafond de peur qu’il ne cède. C’est comme ça que nous essayons de sauver ce que nous avons des eaux qui envahissent de temps à autre la maison.

‘’La saison de pluie pour nous c’est pas la joie. Ça nous met vraiment en difficulté. Ça empire notre situation. L’eau entre dans nos maisons. Et nous surprend parfois dans notre sommeil. Ceux qui ne peuvent pas avoir un lit à étage pour se réfugier en haut passent des nuits blanches les pieds dans l’eau. Nous voulons tellement changer de quartier. Mais où aller quand on n’a pas d’argent ? Avoir le choix dans la vie ce n’est pas à la portée de tout le monde. Ce n’est pas à notre porte. »

Inondations au Cameroun - photo UNHCR

Inondations au Cameroun-photo UNHCR

Comme je pianotais sur mon ordinateur pendant qu’elle parlait, elle s’est arrêtée de parler pour me demander ce que je faisais. Je lui ai répondu que j’étais en train d’écrire ce qu’elle disait pour les partager avec des personnes avec lesquelles je réfléchis sur les questions de conditions de vie difficiles. Elle a souri avant de me dire : ‘’écris si tu veux mais je n’attends rien. Je n’espère plus rien de personne‘’.

Quand on passe sur l’axe central de ce quartier, on est loin de deviner que derrière les immeubles qui font comme une façade, vivent de nombreuses familles qui ont la vie difficile non seulement en temps normal, mais plus encore en saison de pluies.

Alors qu’ailleurs dans la même ville on invoque la pluie pour les semences mises en terre, ici on la redoute et on rêve sans espoir de trouver un autre lieu de vie.

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