Éducation de qualité pour tous : un combat à mener ou une utopie ?

BLOG-FR19fev-GuatBdR

Nathalie Barrois

Guatemala

Ici au Guatemala , la rentrée des classes vient de se terminer.

Début janvier, inquiétude des parents de notre quartier en inscrivant leur enfant : le bruit court qu’il manque des professeurs. Trouveront-ils une place pour tous leurs enfants dans la même école ? En classe de 4e, des élèves sont refoulés, faute d’enseignant. C’est seulement la semaine qui précédait la rentrée que l’école a pu ouvrir une 2e classe. Quel stress. J’étais encore plus perturbée que les parents. Sans doute cette incertitude est-elle plus habituelle à Escuintla qu’en France … Quoique, là aussi, combien de parents luttent pour trouver un établissement qui accepte leur enfant en rupture scolaire…

L’éducation est tellement importante dans une société. C’est la pierre d’angle pour le futur de l’enfant. Que penser d’un gouvernement dont l’investissement par enfant à l’école est de 6,50 quetzales, soit à peine le prix d’un repas ? Comment ce chiffre dérisoire peut-il couvrir le matériel pédagogique, l’entretien, les cours … et la formation des professeurs ?

Nous en discutions avec un groupe d’amis. Et nous étions assez désespérés. Car que deviennent ces enfants qui ne peuvent bénéficier d’une école où on apprend, où on développe son esprit, où on découvre et comprend le monde qui nous entoure ? Tant de jeunes à la dérive et sans repère. Sans estime pour eux-même ni pour les autres. Prêts à entrer dans l’engrenage de l’illégalité et de la violence.

Heureusement les parents sont présents, qui enseignent leur sagesse et leur savoir faire, protégeant ainsi beaucoup de jeunes. Sans pouvoir toujours éviter des drames, parents blessés à jamais de la mort violente d’un fils.

Heureusement aussi, des associations soutiennent. Mi janvier nous passons rendre visite à nos amis de Guatelinda (quartier d’Escuintla), et quelle joie d’apprendre que des jeunes sont inscrits dans une école qui applique la gratuité (légalement l’école est gratuite) avec prêt des livres scolaires. Et la semaine suivante d’autres jeunes, dont les parents ne pouvaient se permettre de payer une inscription annuelle trop forte suivaient le même chemin !

Je pense aussi à ma famille, à des amis qui parrainent des scolarités. Quelle joie de voir les enfants réussirent, devenir médecin ou architectes !

Cependant l’Etat ne devrait-il pas être le premier à donner le maximum pour sa jeunesse ? En même temps, les ressources sont tellement inégales d’un pays à l’autre (je ne veux aborder le thème de la corruption), qu’un appui d’organisations internationales me semble juste. Or là aussi, tout ne va pas de soi : la part consentie à l’éducation dans le budget de l’aide internationale est réduite au minimum.

Un document de l’Unesco (http://unesdoc.unesco.org/images/0022/002280/228057F.pdf) montre que l’éducation est le parent pauvre de l’aide humanitaire, elle ne reçoit que 2,4 % (2013) et passe largement après l’alimentation et la santé. Quel choc d’apprendre cela !

Voilà, j’ai poussé mon cri… mais après ? Comment faire changer le regard de nos communautés, quartiers, villes et pays sur les questions de l’école et de l’enseignement ? Comment j’ouvre les yeux, et rejoins d’autres pour concrètement se soutenir entre édiles, enseignants, éducateurs et parents ? Pour marcher ensemble, se reconnaissant partenaires pour un même but, faire de nos enfants, de nos jeunes des citoyens actifs et responsables, bâtisseurs du monde de demain.

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