Pour que le monde que l’on souhaite ne soit pas qu’un rêve …

une exposition de peintures réalisées par des jeunes de la Nouvelle Orléans, dénonçant le relogement loin de leur quartier d'origine après l'ouragan Katrina en  2005

une exposition de peintures réalisées par des jeunes de la Nouvelle Orléans, dénonçant le relogement loin de leur quartier d’origine après l’ouragan Katrina en 2005

Maria Victoire,

Nouvelle-Orléans

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) n’auront pas atteint leur but initial d’éliminer la pauvreté de 50% en 2015. Les Objectifs pour le Développement Durable (ODD)  qui prendront la relève pour 2015 -2030 pour tenter de mettre à fin à la pauvreté, y parviendront-ils ?

Le monde se rappelle du lancement des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en l’an 2000 par les Nations Unies. Et bien des peuples dans le monde ont vibré d’un grand espoir de voir que la pauvreté allait enfin être réduite à 50 %.

L’attente était grande et certaines institutions dont ATD Quart Monde ont critiqué cet objectif de 50 %, en disant qu’il laissait de côté toute une partie des personnes les plus pauvres. ATD a même lancé une évaluation de ces objectifs avec les personnes même vivant dans des conditions de pauvreté, pour réfléchir à un développement durable qui n’exclut personne.

Les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement proclamés par les Nations Unies et ses partenaires de réduire la pauvreté de 50% en l’an 2015 n’ont pas été atteints, un milliard d’individus vivent  toujours avec moins de 1,25 dollar par jour, le seuil d’extrême pauvreté. Si  le nombre de personnes extrêmement pauvres a baissé en beaucoup d’endroits, en Afrique, il a augmenté. Ce chiffre a même doublé, passant de 210 millions en 1981 à 415 millions en 2011 (sources : observatoire des inégalités).

Qu’est-ce qui n’a pas bien fonctionné ?

Beaucoup ont constaté que parmi les Objectifs, les droits de l’homme n’ont pas été mentionnés ni pris en compte. Il est sûr que pour les personnes qui vivent en situation d’extrême pauvreté, les droits de l’homme sont loin d’être une réalité.

Que ce soit à Bouaké, en Côte d’Ivoire ou à la Nouvelle Orléans aux États-Unis ou dans d’autres pays, les familles vivant dans l’extrême pauvreté luttent toujours  pour avoir le droit à la santé, à une bonne éducation pour leurs enfants, à un bon travail qui rapporte assez pour nourrir leur famille, un logement décent ou encore le droit à la culture et aux loisirs, aux vacances.

Une maman de la Nouvelle Orléans disait « On dit qu’il y a du changement au niveau de la santé mais lorsque l’on va aux urgences, on attend toujours dix heures pour avoir les premiers soins. Et encore on te prescrit les médicaments que tu ne peux même pas payer.» Un père de famille, allant chercher ses médicaments à la pharmacie, fou de rage disait tout haut « Comment je vais payer mes médicaments pour mon hypertension ? ça coûte 67 dollars, je n’ai pas l’argent pour payer. »

Dans un hôpital en Afrique de l’Ouest, une jeune maman était admise à l’hôpital en urgence et lorsque les infirmières ont demandé à son mari de payer pour les analyses et d’acheter les gants et les seringues pour que sa femme puisse être soignée, ce dernier leur a répondu qu’il n’avait pas l’argent nécessaire. On l’a renvoyé lui et sa femme à la maison en disant, « lorsque vous aurez l’argent on pourra soigner votre femme. »

Certaines personnes atteintes du VIH et qui ont déjà bénéficié de trois mois d’aide alimentaire pleurent pour pouvoir revenir sur le programme car elles dépendent de celle-ci pour nourrir leur famille. Certains doivent mentir pour bénéficier de ces aides.

On peut parler longuement sur le droit à la santé, le droit au logement décent et d’autres droits. Au nom du développement durable, les investisseurs, les États acculent les familles très pauvres dans des zones de pauvreté où il n’y a aucun investissement, où l’école est loin, où les commerces et les services ne sont pas accessibles. A croire que les très pauvres sont des nuisances à la société. Les droits des plus pauvres sont de plus en plus bafoués.

Le comble c’est que certaines institutions d’aide aux plus pauvres ferment leurs portes faute de fonds pour soutenir leurs programmes. C’est un choc de voir les petites organisations qui faisaient leur travail avec les moyens du bord fermant leurs portes pour des raisons de non renouvellement de leur subvention.

Les Nations Unies et une centaine de partenaires ont lancé une enquête sur internet « My World » ; ils invitent tout le monde à voter six priorités pour le prochain agenda mondial pour le développement durable, « le Monde que nous voulons voir » et engager la société Civile à participer aux choix des objectifs.

A nous de proposer de nouvelles priorités qui prennent réellement en compte la voix et l’expérience des plus pauvres, qui nous disent qu’un monde meilleur n’est possible qu’en permettant la participation réelle de tous, en garantissant les mêmes droits pour tous.

Tant que les très pauvres sont laissés derrière et que les droits de l’homme ne sont pas pris en compte, aucun objectif ne sera mesurable et réalisable. Bien sûr les plus dynamiques en bénéficieront, mais il faut voir plus loin et faire en sorte que les droits de l’homme et les familles vivant dans l’extrême pauvreté soient respectés dans les Objectifs pour le Développement Durable.

Rendez-vous en Septembre 2015 pour le lancement des ODD.

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