Stop à la discrimination

Maria Victoire

Bouaké, Côte d’Ivoire

Le thème de la Journée Mondiale du Refus de la misère de ce 17 Octobre, « Ne laisser personne de côté : réfléchir, décider et agir ensemble contre la misère », nous entraîne tous à cette réflexion là où nous sommes et avec qui nous sommes, que ce soit ceux qui subissent la misère à longueur de la journée, ceux qui sont sensibles à la cause ou ceux qui n’ont pas encore rejoint la lutte de se mettre ensemble pour vraiment éliminer la misère de notre planète.

A Bouaké en Côte d’Ivoire ceux qui subissent la misère au quotidien réfléchissent à la lumière de leur expérience de vies et disent « Venant des quartiers où toute chose manque, comme par exemple dans notre quartier il n’y a pas d’eau courante et d’eau potable, nous avons à puiser l’eau très tôt le matin pour préparer les enfants pour aller à l’école, pour préparer la nourriture et faire la vaisselle avant de partir au marché », nous disait une maman. « Quand on est né dans la misère, tout devient compliqué et difficile pour nous, pour survivre et élever nos enfants ; malgré tous nos efforts nous sommes stigmatisés à cause de notre pauvreté. Combien de fois nous ne nous sommes pas sentis humiliés en entendant : les pauvres sont des paresseux, ils ne veulent pas travailler, ils aiment tendre la main, ils ne s’occupent pas de leurs enfants, ils aiment être assistés (…) et j’en passe. Toutes ces négativités nous enferment dans notre misère. » nous disait aussi M. Soro.

Pourtant tant de familles vivant dans la pauvreté font des efforts tous les jours pour résister à la misère qui leur est imposée. Yasmine vend le pain le matin, qu’il tonne ou pleuve, elle est là avec son grand panier sur sa tête et son enfant de deux ans dans son dos. Le panier est tellement gros qu’elle a du mal à le soulever sur sa tête. Elle va de porte en porte pour vendre son pain et à la fin du mois elle ne gagne presque rien. Elle n’a pas le droit d’être malade sinon elle n’arrive pas à faire sa journée.

M. Rasmané ramasse à longueur de journée des bouteilles en plastique qu’il lave ensuite. Les revendant à 10 FCFA, il n’arrive même pas à 1000 FCFA la semaine (1,52 euros). Il plante le riz dans une rizière empruntée. Lorsqu’il moissonne 4 balles de riz, il en garde deux pour sa famille et en partage deux à ses voisins. Malgré tous ses efforts, il vit toujours dans la misère. Il n’arrive pas à subvenir aux besoins de sa famille.

Tout le monde met du sien pour survivre et personne ne voit l’effort de ces enfants et de leurs parents. Ils sont jugés comme de mauvais parents qui font travailler leurs enfants.

Face au scandale de la misère, des personnes s’indignent heureusement et agissent, comme ce directeur d’école M. Diloma qui a tout fait, malgré le manque de bancs et de tables, pour que certains enfants puissent faire leur entrée scolaire dans des bonnes conditions.

Si on se met ensemble, cela devient possible d’éliminer la pauvreté.
Mme Soro nous disait, «Il faut que nous soyons ensemble pour ne laisser personne de côté. Ce n’est pas juste de laisser les gens derrière.»

L’espoir est grand, et je pense que chaque personne est une chance pour l’humanité comme nous disait le fondateur du Mouvement ATD Quart Monde le père Joseph Wresinski. Nous vous attendons pour nous rejoindre dans cette lutte, le temps presse et nous avons besoin de TOUS pour que cela devienne possible.

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