Entrer dans la danse…

Nathalie Barrois, Guatemala

NathalieSamedi nous avons vécu notre premier « samedi de rencontres » à Escuintla. A partir d’ateliers créatifs, de l’art et de la culture, nous avons voulu permettre la rencontre entre des réalités sociales différentes, dont des familles de deux quartiers stigmatisés pour leur pauvreté.

Nous sommes juste ce qu’il faut pour parler d’équipe  (deux !) pour organiser des ateliers pour une centaine de personnes Mais après tout, pour que ce samedi mérite son nom, ayons l’audace d’aller à la rencontre pour présenter le projet, rechercher le soutien des uns et des autres.

Depuis plusieurs mois, l’école d’art accueille gratuitement des enfants dont les parents n’auraient pas les moyens de payer des cours de danse, de musique, de peinture. Nous sommes allés rencontrer la professeure de peinture, et elle s’est enthousiasmée pour le projet. Elle viendra préparer mercredi. Et nous avoue son principal souci : venir jusqu’à nous. Le quartier a mauvaise réputation. Pilar ira donc à sa rencontre au centre commercial tout proche. Faire ensemble ainsi le premier pas. Si la rencontre avec les gens du quartier est réussie, peu à peu la peur disparaîtra.

Le samedi approche, on s’active pour préparer la journée.Certains parents font les courses, d’autres commencent à cuisiner le repas et se préparent à animer un atelier cuisine. Une maman s’investit dans la couture : elle animera un atelier sac-à-livres. Les jeunes animateurs de bibliothèques de rue auront passé deux après-midi à faire des panneaux et préparer leurs animations.

Et vient le jour J

Une cour d’école remplie du silence des enfants concentrés dans leur tâche. Les adultes tranquillement affairés à leurs ateliers. Comme c’est beau de voir chacun occupé à peindre, à découper, à créer : des marque-pages, une nature morte, un bracelet ou un oiseau. Se découvrir capable de faire du beau, relever le défi d’aller jusqu’au bout de l’activité… Il y avait aussi les jeux de société qui regroupaient des enfants des deux quartiers invités, et bien sûr le coin des livres.

Vraiment une belle journée ! Cela se reflète sur les photos, tant de visages souriants, rieurs, tant d’application. « Aujourd’hui j’ai appris deux bons trucs pour cuire le riz. » « Il m’en a fallu de la patience, mais regarde mon bracelet, il est joli hein ? »

Le gardien de l’école était au départ très réticent, nous mettant en garde contre ces garnements qui jettent des pierres et ne font que des bêtises. Je crois que cette journée lui aura aussi permis de changer de regard. Ses enfants, eux, se sont sentis suffisamment à l’aise pour participer aux activités : dessins et jeux de société avec les autres.

La professeure de peinture est toute disposée à revenir.

Oui vraiment une journée de rencontre réussie, des ponts bâtis d’une rive à l’autre entre deux mondes qui s’ignorent trop souvent. Comme dans l’histoire de Khadija que nous avons lue aux enfants Tapori.

Nous sommes heureux, même s’il nous reste au fond du cœur les visages de la famille de Don Victorio, celle de Marlon … qui refusent toujours de participer aux activités. Quelle chemin trouverons-nous pour qu’eux-mêmes et leurs enfants osent les premiers pas de la rencontre, en confiance, et entrent dans cette danse qui nous permet de grandir ensemble ?

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