Une erreur qui fait rire et réfléchir

enfant à la farineEn regardant cet enfant je me suis éclaté de rire, mais après j’ai réalisé que les enfants sont aussi sources de réflexion et bâtisseurs des projets. Durant mes études secondaires en Pédagogie Générale on m’a appris que « l’homme est un produit de la société, tout ce qu’il a vient d’elle »…

Après mes études de licence en Développement, le contact régulier avec les groupes d’enfants m’a appris autre chose. Maintes fois, j’ai vu comment les gestes (individuels ou communs, volontaires ou involontaires) qu’ils ont posés ont poussé la communauté à voir les choses autrement et à changer son regard sur les plus pauvres.

A Bukavu, l’enfant est souvent considéré comme celui qui apprend et moins celui de qui on apprend. Pourtant, si on regarde ses gestes, ses actions et ses mouvements on peut découvrir leur sens. Certaines actions entreprises par les enfants ont fait l’objet de réflexion pour les adultes. D’autres ont entraîné la communauté à réaliser des projets en faveur des plus pauvres. Ces projets ont aussi constitué des occasions pour renforcer les relations entre voisins, les liens entre les riches et les pauvres.

Il y a environ deux ans, les enfants du quartier Kasali ont décidé de soutenir leur ami Irenge dont la famille était exclue du reste de la société. L’activité finale a consisté à réhabiliter la maison. Ensemble avec les jeunes et les adultes, chacun a réussi à apporter sa contribution pour la réhabilitation de la maison de leur ami. Pendant que les plus petits puisaient de l’eau à mélanger avec la terre pour constituer le mortier, les jeunes garçons s’occupaient du découpage des bambous et les filles de la lessive. Quelques jours après, les voisins se sont sentis interpellés par cette action et ont commencé à visiter la famille.

Ces groupes ont réalisé la même activité en faveur des familles pauvres d’autres quartiers. Et après le travail, on retrouve presque tout le monde sali par la boue. Cette initiative a inspiré d’autres associations de jeunes du quartier Burhiba. C’est ainsi qu’en Février 2014, les jeunes de l’association « Réseau d’Action pour la Promotion des valeurs positives » ont décidé de réhabiliter la maison d’une veuve de leur quartier. Pendant le travail, les filles qui s’occupaient de la cuisine étaient distraites. Un enfant en avait profité pour jouer avec la farine. Je l’ai regardé pendant qu’il était couvert de la farine et j’ai vu l’image d’un enfant qui m’a fait rire. Après l’avoir lavé j’ai regardé la photo et j’ai réalisé qu’entre l’enfant avec et celui sans farine, il y avait « l’enfant ».

A travers ces gestes des enfants, j’ai compris qu’on ne peut pas cheminer avec quelqu’un sans connaître son identité. Derrière la famille d’Irenge, derrière d’autres familles pauvres, il existe des individus avec des droits. Les connaître permet de concevoir ensemble avec eux des projets adaptés à leur situation.

René MUHINDO – Bukavu – République Démocratique du Congo

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s