L’autre a toujours une vérité qui nous manque

qui élisons-nous ?

qui élisons-nous ?

En France dans une semaine ont lieu les élections municipales. J’en ai profité pour observer les programmes et candidats des quatre principales listes d’Angers, ville de 150 000 habitants où je travaille, et ceux des deux listes de la petite commune de 1500 habitants où je vis.

Première remarque : à Angers il est beaucoup question de tramway, d’aménagements routiers, d’équipements sportifs…Mais, bien que lisant le quotidien local chaque matin, il a fallu attendre ce matin pour voir paraître un article sur des mesures sociales claires et concrètes, comme l’idée d’une complémentaire santé pour les plus démunis . D’ailleurs le candidat en question reconnaissait lui-même que « le sujet a été peu abordé pendant la campagne électorale. »

Quant à ma petite commune de résidence, le quasi- seul sujet de débat et de tension entre les deux listes a porté sur la fiscalité…

Mais il y a plus grave encore : En observant attentivement toutes les listes en présence, je n’ai relevé, autant à Angers que dans ma commune, aucune personne qui appartienne au Quart monde ou qui porte l’expérience de la grande pauvreté et des exclusions. On a veillé à mettre dans quasiment chaque liste une personne de couleur, un handicapé moteur, mais de personne ayant une expérience de pauvreté, point…

J’en connais pourtant, à l’heure où les expulsions locatives vont reprendre, où 600 000 foyers sont menacés de coupures d’électricité et où désormais 60% des français ne partent plus du tout en vacances…qui auraient beaucoup à dire et à proposer, pour autant qu’on leur accorde la confiance, l’écoute et l’accompagnement pour que leur expérience, leur pensée et leur parole se construisent et s’expriment.

Ce constat est terrible : car tant que dans nos conseils municipaux, mais aussi nos conseils d’écoles, nos conseils d’administration de maison de quartier ou autre équipes d’animations paroissiales, on ne se donnera pas comme obligation les moyens de faire une place, une vraie, aux plus exclus, nous ne pourrons prétendre faire société ensemble, avec tous et à partir du plus fragile.

Et pourtant les plus pauvres sont si riches de leur vie même

N’oublions jamais, comme le disait joliment et justement un des moines de Tibhirine: « L’autre a toujours une vérité qui nous manque »

 

Sébastien Billon –  Angers – France

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