L’angle mort de la pauvreté à l’Ile Maurice

Le travail inlassable de la conscientisation pour la lutte contre la pauvreté dans les sociétés du monde est immense mais certains citoyens ne trouvent dans cette lutte qu’un vain mot, qu’une vaine lutte. L’angle mort de la pauvreté est hallucinant lorsque certains citoyens à l’ile Maurice disent, «A Maurice il n’y a plus de pauvres ! ».

L’Ile  Maurice est devenue un paradis pour certains citoyens mauriciens. Un commerçant de la ville dit :  « Il y a du travail pour tous ici. Il y a  même des étrangers qui viennent chercher du travail et ils travaillent deux fois plus que les mauriciens. Les mauriciens sont devenus des paresseux.». Je me demande comment réagir .

Certains disent « Moi, je ne regarde plus les programmes autour de la pauvreté « A nou bouzé » (Bougeons nous contre la pauvreté) car c’est trop dur; il y a trop de pauvres et de souffrances. Je ne peux plus regarder ces émissions. Ca nous démoralise ! Certaines personnes veulent rester ainsi. Ils attendent tout du gouvernement et des autres qui travaillent.»

Deux réflexions qui amènent à penser qu’il faut éduquer les pauvres à prendre leurs responsabilités et aller travailler

Certains croient que les pauvres sont « confortables » dans leur misère et dans leur souffrance. Qui les voit comme des  êtres humains qui n’ont pas eu la chance de vivre en famille, avec des moyens décents, acculés d’habiter dans des taudis ; des enfants qui n’ont pas eu la chance d’avoir un bon niveau d’éducation, de génération en génération ?

Les pauvres « survivent » à l’Ile Maurice, certains travaillent pour un salaire déplorable.

Un homme d’affaire témoigne, «  Moi, je voudrais bien aider, je fais tout pour aider les pauvres, mais ils ne veulent pas sortir de leur misère. J’ai pris un homme de la rue chez moi. Je lui ai dit «  le seul travail que tu feras pour moi c’est de donner un bain à mon chien une fois par semaine, tu nettoies ma cour et je te donne 100 roupies par semaine, tu seras nourri et blanchi.» Mais tu sais ce qu’il a fait ? Il m’a volé et il est parti sans laisser de trace. Je ne l’ai plus revu ; comment veux-tu que je sympathise avec les pauvres. Ils ne veulent pas travailler ! ».

En fait, il faut chercher à comprendre si c’est un vrai travail que le type a eu et pourquoi il a volé pour ensuite quitter le soi-disant confort que le patron lui a fait croire. Si on calcule bien, le minimum vital à l’ile Maurice est de 10 000 roupies par mois pour une famille de trois et si on multiplie par 4 les 100 roupies, ça fait  400 par mois. On ne peut vivre avec ça, même si la personne est « nourrie et blanchie ».

Le taux de chômage enregistré dans le pays s’élevait à 7,8% au troisième trimestre de 2013 ; une majorité des chômeurs n’a pas le Certificat d’Etude Primaire (CPE). Et pourtant  Le pays prévoit un taux de croissance économique   de 3,7 % en 2014

Si le peuple mauricien ne regarde pas l’angle mort de la croissance de la pauvreté à Maurice, ils blâmeront toujours les pauvres pour être paresseux et ne verront pas l’injustice causée par ceux qui ont le pouvoir de dominer. Dans l’éradication de la pauvreté, nous sommes tous concernés qu’on le veuille ou pas. C’est l’affaire de tous les citoyens mauriciens afin de pousser nos gouvernements, nos institutions à définir des politiques ambitieuses pour son éradication à tous les niveaux (économique, culturel, social, politique, environnemental) ; et cela au niveau local, national et international pareillement.

Maria Victoire – Port Louis – Ile Maurice

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