Rosa… Merci !

En ce début novembre, le moral est plutôt morose. Depuis des mois, au Québec, on entend parler de commission Charbonneau, de corruption, de maffia, de trahison, d’intimidations… Depuis des semaines, les élections municipales ont envahi notre espace. Et chacun de se redire l’importance d’aller voter pour participer à la construction de nos villes, de projet de société où tout être humain ait sa place. OUI MAIS, le soir des élections, à peine un québécois sur deux a voté. 2 168 000 suivent l’émission du Banquier[1] consacrée à Céline Dion sur le réseau TVA et 220 000 s’intéressent aux résultats des élections ! Tout le monde ne porte pas le même intérêt à l’avenir de la société…

Et voilà qu’une amie très engagée envers les plus pauvres et pour la construction d’une société plus juste, sans exclusion, Mieke Van Dyck m’écrit de Belgique (Flandre). Sans le savoir, ce flash de vie, qu’elle transmet et que je vous livre intégralement, me redonne espoir. Oui, il y a encore des gens qui oublient les préjugés, qui bâtissent la solidarité…On peut aller de l’avant !

« Rosa aime les chiens. Le voisinage le sait, l’entend. Quelques chiens, une dizaine, recueillis dans la rue, ont trouvé un « chez eux » chez Rosa et son ami.

Rosa me dit: Quand je suis absente durant la journée, et que je rentre le soir, chaque chien a des choses à me raconter. Cela fait du bruit !

La voisine n’aime pas Rosa, ni ses chiens. La nuit, elle frappe sur le mur et cela, les chiens n’aiment pas ça et le manifestent à leur manière. Pour les calmer, Rosa dort en bas, sur un canapé, près de ses chiens.

Jusqu’à présent, le propriétaire a toujours été bienveillant. Mais, ces derniers mois, son attitude a changé. Rosa et son ami se sentent abandonnés et même poursuivis. Ils ne dorment plus. Rosa se sent si mal qu’ils ont cherché un autre logement.

Enfin, ils ont trouvé une petite maisonnette, cachée derrière un garage, au fond d’un terrain. Rosa est tranquille, ses chiens sont tranquilles. Tout le monde se sent bien.

Après quelques jours, Rosa découvre un monsieur qui vient la nuit, avec un carton, pour se coucher parmi les voitures. Il arrive tard et part tôt le matin. Il ne vient pas chaque nuit.

Un soir, Rosa a mis une couverture dans le garage.

Le lendemain, vers 7h du matin, Rosa est sortie en pyjama et a vu l’homme, couvert de la couverture. Il avait les yeux ouverts.

Rosa lui a dit : Bonjour monsieur ! Et ils ont un peu discuté : le monsieur reçoit de la nourriture de l’hôpital chaque soir, les restes de la journée. Chaque mois, la nuit, il va chercher des vieux habits qu’il trouve dans des sacs plastique préparés pour une organisation. Pour se laver, il va jusqu’au canal et se lave avec un chiffon.

Rosa de continuer : je ne lui ai pas posé plus de questions pour ne pas lui faire peur et qu’il n’ose plus revenir. Dernièrement, je suis repassée, pensant le voir, peut-être, au cours de la journée. Et les larmes aux yeux, elle ajoute : il avait écrit par terre, dans le sable, avec son doigt : Merci ! »

Bernadette Lang –  Montréal – Canada


[1] Jeu-loterie où le participant cherche à acquérir le plus d’argent possible

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s