Fait divers de l’exclusion ordinaire à l’école

C’est l’histoire d’un élève de sixième (11 ans et demi) agité, turbulent et pour tout dire très pénible en classe. Après une exclusion d’une semaine et à quinze jours des vacances de Toussaint, le principal dit à cet élève et à sa maman qu’il doit rester chez lui et ne plus venir au collège jusqu’aux vacances. Cela sans choisir de l’exclure par conseil de discipline et donc de façon tout à fait illégale et illégitime.

Bien sûr la maman, en position de faiblesse (son fils est quand même drôlement perturbateur) n’ose pas protester et s’opposer à ce qui n’est rien d’autre que le piétinement du droit de son enfant (l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans en France) et une incitation déguisée à la dé-scolarisation. Cette maman, il faut le dire, fait tout ce qu’elle peut depuis des mois et des années pour éduquer son fils malgré de multiples difficultés de tous ordres ; elle a même demandé une assistance éducative qui vient d’aboutir sur un placement alterné.

Alerté par cette maman, je me suis indigné et ai fait remonter ce cas de violence institutionnelle jusqu’à l’inspecteur à l’orientation dont dépend la structure pour décrocheurs scolaires dont je suis responsable. Je n’ai pas eu de réponse ni de retour directs à mon message. Je constate une nouvelle fois une forme d’impunité liée aux multiples dysfonctionnements de l’école dès qu’ils touchent à la hiérarchie et à des responsables, chefs d’établissement inspecteurs ou autres…

D’ailleurs, lorsque j’ai eu l’occasion de parler en commission départementale de cette situation de vive voix avec l’inspecteur et divers responsables, personne ne conteste devant moi ce dysfonctionnement, on me confirme même à demi-mot l’anormalité de cette situation, mais à aucun   moment il n’est question d’une mise au point avec ce chef d’établissement, d’un rappel à l’ordre tenant compte certes des difficultés posées par cet élève mais aussi de ses droits et des obligations du collège et des adultes responsables de sa scolarité.

Finalement la situation s’est « arrangée » suite au placement alterné qui a abouti à un changement de collège qui arrange bien tout le monde et qui sera sans doute bénéfique au jeune en premier, puisque l’accueil a été beaucoup plus positif et constructif dans ce nouvel établissement. Mais qu’est-ce qui empêchera l’autre chef d’établissement de persévérer dans son attitude de rejet et d ‘exclusion face aux élèves que l’on dit en difficulté, et qui sont en fait ceux qui nous mettent en difficulté ?…

Sébastien Billon – Angers – France

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