Haïti, nous ne t’oublions pas !

le beau drapeau d'Haïti

le beau drapeau d’Haïti

Ce 17 Octobre 2013, j’étais sur le Parvis des droits de l’homme et des libertés, à Paris, là même où il y a 26 ans Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde inaugurait, avec 100 000 citoyens et citoyennes, une dalle où est gravée cette inscription : « Le 17 octobre 1987, des défenseurs des droits de l’homme et du citoyen de tous pays se sont rassemblés sur ce parvis. Ils ont rendu hommage aux victimes de la faim, de l’ignorance et de la violence. Ils ont affirmé leur conviction que la misère n’est pas fatale. Ils ont proclamé leur solidarité avec ceux qui luttent à travers le monde pour la détruire.

Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. » Joseph Wresinski.

Pendant toute la journée, alors que, « missionné » par le Mouvement Atd Quart Monde, je rencontrais Ministres et élus, j’avais en tête Haïti.

Je pensais aussi à ces centaines de milliers de personnes qui meurent, en tentant (souvent par la mer) de joindre un pays qui les acceptera et leur permettra de se loger, de travailler. Pour beaucoup, ce sera alors le centre de rétention.

Je pensais à ce peuple d’Haïti, oublié de tous. Comment parler du quotidien des familles de Grand Ravine ?

Après le séisme du 12 janvier 2010, l’épidémie de choléra qui a commencé en octobre 2012, s’est transformée en une épidémie meurtrière qui a déjà tué des milliers de personnes et continue d’en toucher des milliers d’autres. Le pays attend encore le « beau plan de reconstruction » annoncé. Quelques O.N.G dont ATD Quart Monde sont restées aux cotés des familles, mais beaucoup d’autres ont quitté le pays.

En Haïti, plus de 500 000 personnes n’ont toujours pas de logement et vivent dans des camps informels, dont  certains ne possèdent  ni latrines, ni douches, ni eau potable.

Pourtant, de l’argent il y en a eu et il y en a encore !!! La vérité, c’est que pratiquement aucun don n’a été directement envoyé en Haïti. Comme beaucoup d’autres personnes dans le monde, les Haïtiens se demandent : où est passé l’argent ?

Le bénéficiaire principal de l’argent octroyé par les Etats-Unis après le tremblement de terre s’est révélé être… le gouvernement des Etats-Unis lui-même ! L’ensemble du 1,6 milliard de dollars alloué par les Etats-Unis aux secours d’urgence a été dépensé de cette façon : 655 millions de dollars ont servi à rembourser le département de la Défense, 220 millions ont été envoyés au département de la Santé et des Services à la personne pour qu’il aide les Etats américains à fournir des services aux réfugiés haïtiens, 350 millions ont été affectés à l’aide d’urgence fournie par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid), 150 millions sont partis au département de l’Agriculture pour participer à l’aide alimentaire d’urgence, 15 millions au département de la Sécurité intérieure pour couvrir les frais d’immigration.

A peine 1 % des dons a été envoyé au gouvernement haïtien. Il en va de même avec les autres donateurs internationaux.

Le Center for Economic and Policy Research, la meilleure source d’information qui soit dans ce domaine, a analysé les 1 490 contrats attribués par le gouvernement américain entre janvier 2010 et avril 2011, et s’est rendu compte que seuls, 23 d’entre eux avaient été accordés à des entreprises haïtiennes !

Une grande partie de l’argent donné pour Haïti n’a pas encore été dépensée, et une partie non négligeable de l’argent promis n’a jamais été distribuée. La communauté internationale a décidé de ne pas laisser le gouvernement haïtien gérer lui-même le fonds d’assistance et de relèvement et a insisté pour que deux institutions soient créées pour approuver les projets et les dépenses dédiées aux fonds de reconstruction envoyés pour Haïti : la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) et le Fonds pour la reconstruction d’Haïti.

Depuis le séisme de nombreuses familles survivantes essayent d’aller sur l’autre partie de l’ile, en République Dominicaine.  Cela ne peut être une solution que pour un petit nombre. J’ai peur que dans peu de temps, à force de mépris vis-à-vis du peuple Haïtien, celui-ci voudra quitter, sa terre, cette terre de désolation.

Si les pays donateurs n’ont pas une approche totalement différente, nous allons vivre dans la Caraïbe, le même drame qu’en Méditerranée. N’oublions pas Haïti ! Il faut agir partout où nous pouvons le faire (ONU, ONG, gouvernements) pour que cesse cette effrayante double peine que subissent les Haïtiens et Haïtiennes.

Thierry Rauch    – Le Portel – France

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