La Mort et le Mariage comme rassemblements à Bukavu

Dans ce monde, la naissance, le mariage et la mort sont communs à tous. De ces mots, certains étant naturels, sont aussi culturels. Mais moi je pense que parmi eux, certains sont injustes dans leurs célébrations.  Par exemple, la manière de célébrer le mariage et la manière de pleurer un mort à Bukavu.

Lorsque quelqu’un se marie, chacun cherche à apporter sa contribution. Un ou deux mois avant l’événement, le couple choisit le comité organisateur. Le mariage religieux précède la fête. Lors du Mariage de Riziki en Juillet dernier, on a assisté  à deux situations :

–          Certain-e-s frères, sœurs et ami-e-s qui avaient des moyens financiers se sont absentés à la fête et à la messe sous prétexte qu’ils étaient empêchés. La plupart d’eux avaient  contribué et avaient reçu leurs invitations.

–          Ceux qui n’avaient pas des moyens financiers ont assisté beaucoup plus à la messe parce qu’ils n’avaient pas d’invitation pour la fête. Dans beaucoup de cérémonies  on oublie parfois ceux qui nous portent beaucoup à cœur lorsque les circonstances de la vie obligent certains à prioriser les conditions financières.

Lorsqu’il y a un décès, les choses se passent différemment.  Il n’y a pas  de condition  fondamentale de participation. On pleure son frère ou sa sœur, son ami-e- ou son voisin-e- même si ça faisait longtemps qu’on ne se parlait pas. Souvent, on ne travaille pas.

A Kasha, un quartier de la commune de Bagira, un couturier de 70 ans est mort le 18 Août 2013 à 18 heures. Le matin, les frères qui ne l’avaient pas visité depuis presque deux ans sont venus de partout. Beaucoup de voisins (riches et pauvres) ont assisté sa famille. Les jeunes garçons ont creusé la tombe, pendant que les hommes adultes fabriquaient le cercueil. L’un des adultes a négocié avec la Société Nationale d’Electricité pour que la maison soit alimentée en courant pendant une semaine. Deux jeunes garçons se sont rapidement occupés de l’installation du courant. Les femmes ont chanté de la maison au cimetière le jour de l’enterrement. Durant 4 jours, des jeunes ont animé le deuil en musiques religieuses. Le dernier jour, le deuil s’est clôturé par une messe à laquelle les personnes de toutes les religions ont participé. Tout le monde assiste pour être assisté demain.

En comparaison, lors d’un mariage, son frère, sa sœur ou son ami-e- étant d’une religion différente de la sienne, souvent on ne va pas à la messe. On ne met pas ses compétences au service de l’organisation sans en faire partie. On ne participe pas à la fête sans invitation, tout le monde n’accède pas à la table d’honneur. Lors d’un décès, c’est  le contraire. « Autant la mort n’annonce pas, autant de fois, elle rassemble sans exclure. Voila pourquoi à Bukavu elle devient comme un rassemblement naturel qui n’exclut pas ».

C’est comment chez vous ?

René MUHINDO –  République Démocratique du Congo –  Bukavu

 

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4 réflexions au sujet de « La Mort et le Mariage comme rassemblements à Bukavu »

  1. je suis tout d’accord avec toi mon frere. la mort est comme la pluie qui tombe pour tout le monde et ne choisi pas u comme le soleil qui eclaire tout le monde. seulememt ceux qui sont loin du defun recoivent des invitations pour assister a l’enterement de leur frere mais pour le mariage, on ne fait que les annoncer. comme tu l’a dis, meme les personnes qui se regarder au coin de l’oeil, pleurent ensemble mais pour le mariage ils s’en degagent. la mort nous rassemble plus que le mariage car, meme ceux qui ne connaissent pas le defunt, il se tiennent debout lorsque ce dernier suit sn chemin d’enterement, cela montre combien de fois ils pleurent ensemble. contrairement au mariage, ce pas le cas. je suis loin du pays mais tout evenement d’un deces me parvient par mail.

  2. Bonjour René, je trouve cet article vraiment intéressant, surtout original ; il ouvre une réflexion sur les grands rituels qui ponctuent la vie quotidienne de tous les êtres humains à travers le monde et chacun pourrait s’interroger, comme tu le suggères, sur le sens des rituels auxquels nous sommes souvent tellement habitués que nous ne voyons plus ce qu’ils véhiculent comme signification.

  3. salut René. je pari que si cette réalité n’était qu’Africaine ou disons encore plus Congolaise si non Bukavienne, encore une fois le monde pourrait se moquer des Africains, Congolais et Bukaviens. Dieu merci ce sont des faits universels. En orient comme en occident, au sud comme au nord, vous ne pouvez pas accéder dans une salle de fête de mariage sans invitation. j’ose croire en outre que s’il fallait imprimer des invitations pour pleurer les défunts, l’on risquerait de manquer les invités comme les financièrement fort qui boycottent même les fêtes du mariage. de même, si l’on ne pouvait pas distribuer des invitations pour la fête du mariage, l’on manquerait de place où mettre les gens. finalement que faut-il faire? La nature elle-même a déjà tranché.

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