La misère crie violence

Lorsqu’un groupe de jeunes tire sur une foule, comme ce fut le cas, récemment, lors de la fête des mères dans le 7th Ward, quartier pauvre de  la Nouvelle-Orléans ( USA ), et tue des enfants innocents, les familles, les organismes du quartier crient leur souffrance devant une telle violence. Dans leur désarroi, ils insultent et maudissent les jeunes, comme le font aussi les autorités d’ailleurs. D’autres se demandent comment les jeunes en sont arrivés là, à se haïr les uns les autres et à s’entretuer. Les autorités concernées, publiques ou privées, se mettent ensemble et  cherchent – en vain  – comment arrêter cet engrenage.

Pour ces jeunes, le rêve américain n’a pas eu lieu. Etre né dans une famille pauvre ne donne pas beaucoup de possibilités de réussir dans la vie. Comme beaucoup le disent : « Lorsque tu as une vie comme la nôtre, il faut chercher à survivre, sinon t’es mort arrivé à 21 ans, ou tu passeras ta vie en prison. » Dès leur très jeune âge, ils commencent à apprendre comment survivre. Kenneth C. en témoigne dans le livre « Not Meant To Live Like This » :  « Comme il n’y avait pas de père chez nous et que j’étais l’aîné de la famille,  je devais m’occuper de mes frères et soeurs. Je n’aime pas voir ma mère pleurer. Je devais leur trouver de quoi manger, quitte à me faire arrêter par la police. Je m’en foutais parce que l’essentiel pour moi, c’était de voir que mes petits frères et sœurs avaient de quoi  manger et aussi assurer qu’ils avaient leur uniforme pour l’école. Une fois je me suis fait tabasser par la police mais à la Cour ils ont vu que j’étais un enfant.»

Beaucoup de jeunes comme Kenneth crient leur violence. C’est leur façon d’exister.  Mais une fois qu’ils ont  fait de la prison, ils sont fichés et il n’y a plus de travail pour eux. Alors ils s’adonnent à vendre de la drogue comme si c’était la seule chose qui leur restait à faire pour survivre. La plupart de ces jeunes meurent très tôt ou sont handicapés pour la vie.

Les U.S.A honorent l’égalité des chances, mais semblent ignorer qu’il y a 20, 5 millions d’américains qui sont nés dans le filet de la pauvreté, et qui ne seront jamais égaux avec les autres. Qu’est devenu le rêve américain qui promet que chaque personne a droit non seulement à la vie, la liberté mais aussi à une vie de dignité et  à la joie de vivre.

Les enfants nés dans les familles pauvres arrivent à l’école maternelle avec une vie déjà hypothéquée (déficiences de développement ), selon un rapport fait par Annie E. Casey Foundation « Kids COUNT » :   85% des enfants de familles pauvres n’arriveront jamais au collège et leur avenir est en danger.

Si l’Etat, la Ville doivent lutter contre cette violence, il faudrait certainement regarder et s’investir en toute priorité dans la petite enfance, afin que dès  leur départ dans la vie, les enfants n’aient pas besoin de comprendre que, pour survivre, il faut utiliser la force.

 

Maria Victoire – Cyprès – USA

 

 

 

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