L’engagement n’est il qu’un « passe-temps » ?

Il y a quelques jours, je me trouvais avec un petit groupe d’adolescents autour de bénévoles ayant mis en place un accueil des personnes sans domicile en milieu rural. La discussion en vient à évoquer le bénévolat et deux jeunes disent alors:

« Le bénévolat, c’est pour quand on est en retraite. »

Cette réflexion me surprend sur le coup et me fait « cogiter » après coup. Ainsi, je découvre que pour certains jeunes, la notion de bénévolat, avec tout ce que cela comporte de don, d’ouverture à l’autre, de solidarité et de fraternité,  est et sera réservée et assimilée à une sorte de hobby ou d’occupation post-vie active…

Terrible aveu me semble-t-il d’une société matérialiste obnubilée par le travail, par l’argent, par la construction de la vie personnelle et la réussite individuelle…

Avec le recul, cette phrase me donne envie d’écrire et de crier: Engagez-vous!

Oui, engagez-vous ! Et non « indignez-vous » comme le préconisait Stéphane Hessel (qui a toutefois écrit ensuite : « engagez-vous ! »). Car là où l’indignation, même si elle est salutaire parfois, souvent me semble véhémente mais personnelle, épidermique, ponctuelle, un peu aigre même et à l’effet et l’emprise limités sur l’Histoire et la réalité quotidienne, l’engagement est synonyme de durée et de continuité, de démarche collective, de vivre ensemble, d’enthousiasme et de conviction profonde; bref une volonté intérieure et ancrée qui se donne le temps et les moyens pour changer, un peu ou beaucoup, le monde où nous vivons.

Alors oui, engagez-vous! Dans les associations, politiquement, spirituellement, au travail, dans vos quartiers, dans les écoles de vos enfants…

Et si la précarité galopante, le découragement, la fatigue, le sentiment d’inutilité sont autant de freins et de raisons de douter, cessons de craindre et rappelons-nous cette belle phrase de l’Histoire de Pi :

« Le doute est utile pour un temps; nous avons nous aussi le droit de douter. Mais il nous faut aller de l’avant. Choisir le doute comme philosophie de vie, c’est comme choisir l’immobilité comme mode de transport. »

Alors osons, fonçons, engageons-nous (sans attendre la retraite !!!). Et c’est au prix de cette audace qu’ensemble nous changerons les choses et notre vie du même coup, que par-delà l’indignation, nous gagnerons le droit à la dignité pour tous

Sébastien Billon  – Angers –  (France)

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