Pour Stéphane Hessel : s’indigner, c’est aimer !

Stéphane Hessel aux portes du paradis

Une silhouette longue, élégante, un sourire large et cette voix, exceptionnelle, forte, étonnante chez un nonagénaire. Stéphane Hessel est décédé à 95 ans ce 27 février.

On l’approchait avec simplicité, directement, sans intermédiaire.  Et au bout du fil, il vous écoutait attentivement, disponible dès que l’on s’exprimait au nom d’une cause ou d’un mouvement comme ATD Quart Monde dont il était un des amis fidèles.

Cette silhouette était fréquemment présente au rendez vous du parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro le 17 octobre. Anonyme dans la foule ou bien parlant haut comme en 2009 avec les enfants des groupes Tapori pour célébrer les 20 ans de la Convention internationale des Droits de l’Enfant qu’il considérait comme « la petite sœur » de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (dont il fut un des rédacteurs en 1948). Présent aussi à La Villette à Paris, en 2011, à la soirée des « Insoumis » du Forum contre la misère.

Quand on interrogeait Stéphane Hessel sur ce qu’il gardait de ses 20 ans, invariablement il répondait : « j’ai gardé l’amour de l’amour, la belle leçon du bonheur communicatif que m’a donnée ma mère ».

C’est parce qu’il aimait aimer qu’il a fait du refus de l’inacceptable un vrai défi à relever pour chacun. « Rien n’est plus terrible que l’indifférence et plus encore que l’indifférence, la résignation » disait-il.

Ce champion des Droits de l’homme, l’ami des très pauvres et des opprimés était d’abord un combattant, un résistant. « Résister c’est créer, créer c’est résister » avait-il lancé.

Il est de ceux qui ont traversé le siècle d’abord en disant « non » puis en s’engageant contre les nazis. Et puis pour les Droits de l’Homme, le respect de la dignité au Sud comme au Nord, en faveur de la cause des plus faibles, des très pauvres.

Et 60 ans plus tard, aux jeunes qui l’écoutent, il redit avec force  « Indignez vous » ce qui lui vaut un succès médiatique et éditorial inattendu.

Mais ce qu’on a moins entendu c’est ce qu’il disait ensuite : « Engagez vous ». « La faculté d’indignation et l’engagement sont deux composantes indispensables » disait-il.

S’engager oui mais pour quoi ? Pour les hésitants, Stéphane Hessel identifiait deux grands défis : le premier c’est « l’immense écart qui existe entre les très pauvres et les très riches qui ne cesse de s’accroitre. Ce seul constat doit susciter un engagement ». Et le second était « les droits de l’homme et l’état de la planète ». Il ajoutait : « Regardez autour de vous, les sujets d’indignation ne manquent pas. Et vous trouverez vite des situations concrètes qui vous amènent à donner cours à une action citoyenne forte ! »

A 95 ans, Stéphane Hessel nous a donné une ultime leçon avant de s’endormir : l’engagement est une relation d’amour. S’engager, c’est aimer.

Pascal Percq (France)

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