2013 : année européenne des citoyens… chiche !

A vos vœux, prêts… partez !

En ce mois de janvier 2013, il est bon de rappeler à ceux qui nous gouvernent, aux parlementaires qui légifèrent, aux commissaires européens qui « directivent », à tous les représentants des institutions européennes et des Etats de l’Union européenne. qu’ils ont décidé eux-mêmes de faire de 2013 « l’année européenne des citoyens ».

Très belle intention mais, concrètement… que comptent-ils faire ?

S’ils manquent d’idée sur les réponses à cette grande question, qu’ils prennent le temps de regarder le film de Delphine Duquesne  « Citoyens !»

http://www.editionsquartmonde.org/catalog/product_info.php?products_id=606

dans lequel des militants de plusieurs pays d’Europe échangent sur ce sujet. Cela se passait dans le cadre d’une Université Populaire Quart Monde européenne intitulée « Tous citoyens pour une Europe active contre la misère ».

« Je ne me sens pas citoyen quand le fonctionnaire du service social me traite comme un enfant en me disant ce dont j’ai besoin et ce que je dois faire. C’est comme si je n’existais pas » dit une militante de Pologne.

Laura, (Royaume Uni) : « Lorsque les membres d’une famille sont séparés, que les enfants sont placés, ils éprouvent un sentiment de la perte. Ils ne peuvent pas se reconnaître citoyen, ni se projeter dans l’avenir en tant que citoyen. Ils n’ont pas été écoutés dans le passé. Pourquoi le seraient-ils dans le futur? »

Renée, de France, intervient: « Même si tu n’as pas d’argent tu es un citoyen ! » dit-elle. Et Patrick, de Villefranche (France) de rétorquer : « Vous parlez de la citoyenneté. C’est un mot difficile parce que quand on est dans la rue pour s’exprimer vis à vis des regards des autres personnes, on est vraiment mis de côté – Alors s’exprimer c’est plutôt dur… »

Jan, des Pays Bas, qui habite un camping à Breda témoigne: « Si tu changes de ville, après un certain temps, tu es rayé du registre de la commune. Tu es alors considéré comme “résident à l’étranger”. » Son collègue Klaas, également de Bréda, en déduit : «  pour le cas du camping, l’Europe nous dit que cela ne relève pas de sa compétence, Au plan national, le problème est nié.  Et au niveau local,  les gens se cachent derrière un jargon bureaucratique et refusent d’agir.  Donc la conclusion est encore pire. C’est qu’au niveau européen et au niveau local, il y a une absence de volonté de lutter contre la pauvreté. »

« Comment bâtir une Europe pour tous les êtres humains ? Il faudrait nous le demander à nous qui avons la vie difficile car nous connaissons  nos réalités et l’impact de la crise dans notre vie de tous les jours. Pour nous, il est très important d’être reconnus par les politiques pour que soient reconnues nos idées mais aussi nos besoins » interpelle une militante luxembourgeoise.

Eugen Brand, alors délégué général du Mouvement international ATD Quart Monde, interpelle ceux qui composent les institutions européennes en ces termes : « L’Europe ne se construira pas comme une Europe des droits de l’Homme, de la démocratie et de la paix, si les très pauvres ne sont pas là. Il est important de pouvoir bâtir une citoyenneté de la rencontre entre ceux et celles qui sont confrontés à la pauvreté et les autres, apprendre à réfléchir, agir, décider ensemble. »

Pour que ce ne soit pas un vœu pieux… Chiche ?

Pascal Percq (France)

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