Coup d’œil sur la rentrée scolaire à Bukavu

Le nombre d’uniformes visibles dans les établissements scolaires et les rues de Bukavu le 02 Septembre a induit certains experts en erreur. L’évaluation des objectifs de l’enseignement à partir des statistiques par certains agents de l’éducation, a abouti à la proclamation de la rentrée scolaire comme ayant été effective. Un préfet a déclaré à la radio : « 90% de nos élèves disposent du matériel scolaire une semaine après la rentrée. C’est un résultat positif, les statistiques le prouvent ».

Scientifiquement les chiffres constituent les indices de planification et d’évaluation irréfutables. Sont-ils socialement exhaustifs ?

Le matin de cette ouverture, d’autres enfants dormaient ça et là sur le trottoir des magasins du centre ville. Deux semaines plus tard, beaucoup d’autres se sont fait renvoyés de l’école soit pour non paiement des frais antérieurs, ou soit pour manque de matériel. Le plus triste dans notre quartier concerne deux parents muets convoqués au bureau de police pour avoir sauté sur un directeur d’école qui leur refusait un report de paiement des frais scolaires. Il l’avait pourtant fait pour d’autres. Ils ont déclaré : « la langue n’est pas un obstacle à la communication, le maître de classe d’à côté joue toujours l’interprète. Nous étions là avant tout le monde ». Cette altercation est le fruit du mépris.

Les statistiques semblent rationnelles pour nombreux experts mais du point de vue social elles ne garantissent pas la promotion de la dignité humaine qui est un fondement de droits de l’homme. La sacrifier ou la saboter pour une fin quelconque serait contre les normes éthiques et les textes juridiques internationaux, en l’occurrence la Déclaration universelle des Droits de l’Homme qui l’a déclarée sacrée.

Seule une société qui n’oublie personne peut être digne et aspirer à un changement réel. L’exclusion, voisine du mépris, est une violation des droits de l’homme. Y condamner toute une catégorie de société pour des chiffres en apparence logiques c’est freiner tout processus vers la paix.

Tant qu’il y aura des exclus dans ce monde, il n’y aura jamais de paix durable. Cette fillette, sans moyen d’accéder à l’école, traînant son frère dans la boue, et, tous les enfants comme eux  m’ont ouvert les yeux : les normes scientifiques doivent marcher selon le principe du respect des valeurs.

René MUHINDO (Bukavu, République Démocratique du Congo)

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