Le Grand Stade… des Roms

Alors qu’à Londres, le plaisir du spectacle des Jeux Olympiques est grandement tempéré par l’omniprésence de l’argent dépensé pour la construction des édifices ou encore distribué en prime aux médaillés, près de chez nous, en France, on s’apprête à inaugurer le plus grand stade de football jamais réalisé au Nord de Paris qui pourra accueillir plus de 50 000 spectateurs. Premier match inaugural : le 16 aout prochain. Construit avec les deniers publics, le coût du stade s’élève à 282 millions d’euros. Un mauvais esprit ergoterait : «en temps de crise, donnez leur du pain et des jeux »… Loin de nous cette pensée sacrilège envers le « dieu foot » mais tout de même, c’est dire si le sport s’accapare les priorités du moment. Au détriment de quelles autres urgences ?
Avec intérêt, on a suivi qu’en même temps que se construisait ce super stade, sortait de terre une dizaine d’immeubles de belle qualité architecturale et d’un bon standing. Naïvement on se disait que ces édifices accueilleraient à coté des sportifs bien des familles certaines parfois en attente de logement depuis des années. Surprise : on découvre que ces beaux immeubles richement décorés parfois d’un mur végétal sont en fait… 3000 places de parking couvertes.
Coïncidence, à 200 mètres de ce grand stade, un petit groupe de militants s’oppose à l’évacuation par les autorités d’une quarantaine de familles Roms installées depuis plusieurs mois sur un terrain appartenant à la même collectivité publique. Leur opposition n’est pas irréductible. Un seul argument dans la bouche du collectif des défenseurs des droits : « pas d’évacuation sans réinstallation ». C’est un principe simple, concret… largement promis lors des récentes campagnes électorales pour qui aurait la mémoire courte.
3000 places couvertes pour les supporters d’un coté -sans compter les 4000 places non couvertes- et… 40 familles sans abri de l’autre : comment ne pas être inconvenant en faisant un tel rapprochement ? Ce n’est même pas un dilemme : juste une aberration.
Le stade sera utilisé environ une quarantaine soirées par an. Et pourquoi ne pas installer les familles Roms au chaud dans ces super parkings de luxe ?
A propos, le stade n’a pas encore de nom.
Pourquoi pas le « Grand stade des Roms » ? Après tout, n’est-il pas situé historiquement sur l’ancien camp des gitans intitulé, ça ne s’invente pas : « la Borne de l’espoir » ?

Pascal Percq (Paris, France)

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