Combien de temps encore devra-t-on se faire humilier ?

La veille, Liliane a eu sa fille Sandra (19 ans) au téléphone, et celle-ci lui a dit qu’elle passerait la voir le lendemain. Sandra fait actuellement un stage dans un CAT1 près de Caen2 et a une chambre dans un foyer de jeunes travailleurs.

Depuis, plus aucune nouvelle de Sandra. Liliane se fait beaucoup de souci. Elle appelle le foyer où on lui dit que sa fille est partie le matin même vers 8h. L’éducatrice de Sandra n’a pas de nouvelle non plus. Liliane se décide à téléphoner au directeur du foyer il est 18h30.. « Que voulez vous que je fasse, allez à la police ». Liliane n’en peut plus. Après avoir téléphoné, nous partons au commissariat de police où on lui a dit de venir avec une photo. Une demi-heure avant qu’on daigne s’occuper le moindrement de nous! Un policier finit par nous dire « Entrez » et il repart.
Dans le bureau un autre policier, assis derrière une table, nous intime de nous asseoir d’une voix sèche. Et sans même nous regarder, il ajoute : « allez y, racontez ». Liliane commence. Elle a à peine dit deux phrases qu’il la coupe : « votre nom, votre adresse, votre date de naissance » en lui faisant répéter à plusieurs reprises. Je ne comprends rien. Liliane reprend ses explications. La manière dont s’exprime Liliane, visiblement, exaspère le policier. Liliane mentionne que sa fille est fragile. « Oui elle est donc handicapée mentale, ne mâchons pas les mots ».C’est plus fort que moi je ne peux plus me taire et je lui demande de parler autrement à Liliane. Au même moment Liliane reçoit un appel signalant que Sandra a été vue, le matin même, quittant le foyer avec un garçon. Liliane, en panique totale, passe l’appareil au policier. Après quelques minutes, il raccroche sans rien dire et compose un numéro: « Dave? Je veux parler à Sandra, passe la moi, je suis de la police tu comprends, alors arrête de faire le malin et tu me dis tout de suite où elle est. On t’a vu partir avec elle ce matin »
Un véritable cauchemar pour Liliane qui s’effondre. Le policier ajoute « voilà comment faut faire, ouvrir sa gueule et mettre la pression et ça, ça marche » Je n’y crois pas. Je me ressaisis et demande : « on peut savoir ce qui se passe »
Le policier répond : « On a le numéro du gars avec qui elle est partie ce matin, on lui met la pression. Il est sans doute handicapé aussi, comme elle ». Sandra est là et pour Liliane, il n’y a plus rien d’autre qui compte. Les policiers continuent de faire complètement abstraction d’elle, et je leur demande de la laisser parler à sa fille. Liliane est à bout et perd ses derniers moyens. Je prends le téléphone, parle à Sandra puis au garçon et leur dis qu’on va les rappeler dans une heure. Ce que nous ferons.
Liliane, en pleurs mais soulagée, dit au revoir aux deux policiers et
leur dit merci. J’en suis incapable tant je suis pleine de rage devant la manière dont Liliane a été accueillie, maltraitée. Aujourd’hui comme hier et comme demain les miens sont ainsi violentés. Peu à peu la rage fait place au dégoût et aux larmes que je ne peux plus contrôler. Combien de temps encore devra-t-on ainsi se faire humilier ?

Martine Lecorre (France)

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