Marie France et Paulette : divas d’un jour

En cette période électorale intense en France où le tintamarre de la communication médiatique semble couvrir le vrai débat politique, il faut saluer l’initiative de trois organisations : Amnesty International France, ATD Quart Monde et le Secours Catholique. Avec l’association Georges Hourdin, ces trois organisations ont décidé de donner la parole aux « sans voix » pour « faire changer le regard porté sur les plus pauvres, interpeller nos candidats à la fonction suprême sur les conditions des membres les plus fragiles de notre population ». Ce journal* sera diffusé à plusieurs millions d’exemplaires à travers le pays, dans les multiples quotidiens nationaux et régionaux de France.
« Sans voix, ou ne serait-ce pas plutôt paroles non entendues, non écoutées ? » questionne Marie-France qui se défend de « n’avoir rien à dire » comme beaucoup le pensent. « Aujourd’hui, affirme-t-elle, j’ai bien envie de crier, de hurler nos espoirs, pour qu’enfin on les entende (…). J’ai envie de dire qu’il faut que l’on aille voter. Pour essayer de porter toutes ces voix qui, pour une fois, peuvent se faire entendre. »
Autre mère – et même grand mère et arrière-grand-mère « Courage », Paulette s’exprime elle aussi dans ce journal. Paulette est militante dans le Nord de la France et a la rarissime expérience d’être « élue » municipale dans sa commune. Quel effet ? « Je pense qu’on m’écoute un peu plus » confie-t-elle. Mais, lucide, elle ajoute : « le problème ce n’est pas les « sans voix » ce sont les « sans oreilles » dit-elle. Elue, elle se considère comme une porte-parole de ceux qui n’ont jamais la parole même si elle a le sentiment de « marcher sur des œufs » quand elle-même s’exprime en public. Sa force elle la retire de ses contacts avec les personnes et les familles qui comme elle connaissent la grande précarité. Sa parole a aussi le mérite… de faire taire certains ! Ainsi, en sa présence certains n’osent tenir des propos indécents à l’égard des très pauvres ce dont ils ne se priveraient pas à d’autres moments.
Sûr : si tous les « sans voix » se mettaient à parler, pour le coup cela ferait un joli tintamarre ! Le débat public n’en serait que moins monotone.

Pascal Percq (Paris, France)

* http://www.parolesdesansvoix.org

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