Éloge du sarong

Parfois, des objets de notre vie quotidienne, tel que le sarong thaïlandais mériteraient d’être mis à l’honneur. Selon une chanson populaire :
« Le sarong est apprécié de tous ; riche ou pauvre, de la campagne ou de la ville. Son prix est très abordable et sa taille est juste comme il faut, ni trop grande ni trop petite. Ses usages sont innombrables. Il est entre tous, l’objet le plus populaire.»
Le sarong est un textile éphémère, avec ses lignes agencées sur différents plans et aux volumes multicolores dans un espace délimité. Sa forme simplifiée et modulable a généré différents usages, habitudes quotidiennes autour de comportements fondamentaux et universels tels que se protéger, se laver ou se vêtir chez de nombreux peuples d’Afrique et d’Asie. C’est à la fois un bien populaire et un signe d’appartenance à une culture locale. Le sarong est tellement populaire qu’il en existe de multiples motifs géométriques et artistiques.

A ma connaissance, les plus belles peintures murales du XIXe siècle de femmes thaïes en sarong se trouvent dans le temple bouddhiste de Wat Phumin dans la province de Nan.

Le sarong thaï est une pièce de tissu porté en guise de jupe, de pagne lorsque l’on va prendre sa douche. Nous pouvons nous essuyer le corps avec et le porter en vêtement de détente après une dure journée de travail. A l’extérieur, il peut être utilisé comme couvre-chef pour se protéger la tête des rayons du soleil, de la pluie ; de châle pour se protéger du vent ou du froid. A la saison chaude, il est apprécié comme tissu pour essuyer la sueur de notre front et de notre cou. Pour les enfants, ses usages sont aussi très nombreux : porte-bébé, hamac-berceau, couche culotte, voir même en jouet modulable. Dans l’usage quotidien, il est aussi souvent utilisé comme ceinture, corde, emballage, sac transport de provisions, tablier de cuisine, couvre table, essuie tout pour la vaisselle ou pour envelopper des instruments de cuisine voir des outils travail. Enfin, il peut aussi finir comme linceul pour un défunt.

Lorsque je pense à une personne qui serait l’expression de cette valeur du sarong thaïlandais, celle de Mr.Yen Kaew Manee s’impose à moi. En décembre 2008, avec un premier sarong en guise de pagne et un deuxième comme couvre chef, il faisait la une de plusieurs magazines. Le récit de son histoire personnelle avait ému toute la Thaïlande. A l’âge de 107 ans, avec une joie de vivre extraordinaire, il habitait seul dans sa barque. Sa pêche quotidienne, au fil du courant de la rivière Phetchaburi lui permettait de subvenir à ses besoins élémentaires. Il disait alors : « Les bigorneaux n’ont pas de main, ni de pied et portant ils doivent chercher de quoi se nourrir. Pourquoi l’homme livré à lui-même avec encore ses deux mains et ses deux pieds ne pourrait pas faire de même ?»

Alain Souchard, Sisaket ( Thaïlande )

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