Le passé fait l’avenir…

Une fois n’est pas coutume, voyons une actualité plus personnelle pour évoquer le fait que l’amour de l’humanité est plus fort que la mort.
Peu avant Noël, comme tous ceux et celles qui la connaissaient, j’ai été « anéantie » par la mort brutale d’une amie. Vous savez, cette mort qui fait basculer votre vie et qui vous oblige à vous accoutumer à l’idée que vous ne verrez plus l’autre qu’à travers des souvenirs.

Mais non, je le refuse, cette « maudite » mort ne saura en rien dissoudre l’amour, au sens général, qui rayonnait autour de cette amie. Je ne parle pas de cultiver l’amour du passé, mais bien de celui qui construit l’avenir. Car cette épreuve de la vie, aussi difficile soit-elle, nous fait nous remettre en question, nous ouvre de nouveaux horizons, nous forme.

Au cours de diverses cérémonies d‘adieu organisées, elle m’aura permis de rencontrer d’autres personnes qui, elles aussi, vont déployer leur énergie à bâtir l’avenir.
Elle m’aura aussi rappelé l’énorme liberté intérieure dont la défunte jouissait et qui lui permettait de découvrir le positif qui existe en tout être humain. Elle ne tolérait pas que l’on parle des défauts, des faiblesses des uns ou des autres : «  À quoi cela sert-il ? On ne bâtit l’avenir que sur les forces des gens, pas sur leurs faiblesses. Et moi, seul, l’avenir m’intéresse. »

Une utopiste allez-vous dire ? Non, il y en a d’autres qui portent cet autre regard sur le monde, qui le portent et le vivent.
Il y a quelques années, on m’avait mentionné un livre, Les quatre premières minutes de l’écrivain américain Léonard Zurin. Il y parle de la tribu Babemba d’Afrique du Sud : quand une personne commet un acte répréhensible, irresponsable, elle est placée dans le centre du village, seule et sans entraves. Tous les travaux cessent et tous les hommes, femmes et enfants dans le village se rassemblent en un grand cercle autour de l’individu accusé. Puis, chaque personne de la tribu parle pour l’accusé, une à la fois, sur toutes les bonnes choses que la personne au centre du cercle a faites dans sa vie. On raconte ainsi chaque événement, chaque fait dont on se souvient, avec précision et exactitude. On rapporte soigneusement et longuement toutes ses qualités, ses bons gestes, ses forces. Cela peut durer plusieurs jours. La cérémonie ne prend fin que lorsque chacun est vraiment à court de tout commentaire positif. A ce moment-là seulement, le cercle tribal se casse pour faire place à une grande fête au cours de laquelle la personne est symboliquement ré-accueillie au sein de la communauté.
Quelle leçon d’humanité, de liberté, de paix, en ces temps de violence que nous traversons !

Alors oui, la mort, le passé, mais aussi le présent et la vie d’un village africain… font l’avenir. Et en plus, si j’ai bien compris, mourir ne signifie pas cesser d’exister, au contraire. On le fait autrement, c’est tout.

Bernadette Lang (Montréal, Canada)

Publicités

Une réflexion au sujet de « Le passé fait l’avenir… »

  1. Merci pour cette belle leçon. Merci de nous redire que vivre dans la paix, choisir de ne pas faire la guerre est possible. Si d’autres en font l’expérience, nous aussi nous pouvons arriver à vivre de cette même façon. Il suffit de le vouloir. Quelqu’un n’a t-il pas dit que vouloir c’est pouvoir…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s