Un Noël à l’hôpital

Par respect pour lui, je ne peux pas donner son nom ici. Il a passé Noël à l’hôpital.
Il est arrivé dans cet hôpital peu avant Noël. Il avait fait une crise de paludisme grave qui l’avait presque laissé inconscient.
Conduit à l’hôpital d’urgence par son frère, il avait dû attendre plusieurs heures avant que les soins ne commencent à lui être administrés. Et pour cause ? Son frère et lui-même souffrant n’avaient pas un sou. Et les infirmiers leur avaient dit : «  nous ne pouvons rien faire pour lui s’il n’achète pas le nécessaire pour les soins. »
Abattu, triste, en colère, son frère était sorti à la recherche de l’argent. L’argent ? L’argent ! Heureusement il a pu trouver des personnes généreuses pour lui donner un peu d’argent ou pour lui faire un prêt de quelques francs qu’il a ramenés à l’hôpital pour que les soins commencent à être administrés à son frère.
Ce dernier a pu se remettre peu à peu et pouvait déjà, selon le médecin, sortir de l’hôpital. Mais, avant, il fallait payer la facture des frais d’hospitalisation. Sans argent pour le faire, il s’est retrouvé à passer Noël à l’hôpital alors qu’il n’était plus malade.
Notre système de santé a bien besoin lui aussi d’un médecin. Nous croyons qu’il est bien malade pour laisser souffrir, voire mourir, des patients qui arrivent malades et malheureusement sans argent, ou pour les garder prisonniers après qu’ils soient en état de rentrer chez eux.
La nouvelle année apportera-t-elle de nouvelles méthodes ? Nous voulons susciter des interrogations constructives, refaire l’image du pauvre qui n’est attendu nulle part, qui est à peine accepté au milieu des autres, restaurer la dignité de cette femme qui est incapable d’aller à l’hôpital avec son enfant pourtant très malade, parce qu’elle sait qu’elle sera criblée de critiques. Nous devons apprendre à mieux connaître le pauvre pour le voir autrement et élaborer des stratégies pour le soutenir efficacement.

Jeanne-Véronique Atsam (Cameroun)

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Une réflexion au sujet de « Un Noël à l’hôpital »

  1. Le frère a compris! Il a vu! Il a fait quelque chose… Etait-ce parce que c’était son frère de sang? Etait-ce tout simplement parce qu’on ne laisse pas quelqu’un sans soins?
    Est-il normal de le laisser tout seul parce qu’il y a tant à faire? Déjà Jeanne-Véronique l’a rejoint. D’autres personnes, anonymes, ont voulu aider ce frère…

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