Obligeons-nous à nous indigner !

Je fais mes courses, comme beaucoup, dans une grande surface. Depuis quelques jours, je retrouve dans le parking 7 à 10 jeunes garçons et filles de 18 à 30 ans.La 1ère fois que je les ai vus, j’ai tout de suite compris que ces personnes ne devaient pas avoir la vie facile, visiblement ils étaient à la rue, tous très marqués par la vie dure, les visages sont fatigués, certains marqués par l’alcool, parmi eux certains chinent1 une pièce à chaque personne qui descend de sa voiture. C’est ainsi que j’ai fait leur connaissance. Je donne quelques euros et j’engage la discussion . Ils paraissent surpris que je prenne ce temps et, comme dira Fred, que je m’affiche à leurs côtés. Mino me dira « Merci pour ton sourire et ton approche envers nous, on n’est pas des méchants et toi t’es chouette ». D’autres diront  » Merci M’dame vous êtes sympa »
Depuis une semaine je passe, chaque jour, du temps avec eux pour essayer de comprendre et de réfléchir avec eux comment je peux les soutenir, les entendre vraiment et, bien sûr, je leur dis qui je suis !!!
Hier lorsque je suis arrivée, tous étaient très énervés, remontés contre un vigile (avec son chien) puis le directeur du magasin venu leur demander de « vider » les lieux. La situation était très tendue, les jeunes disant « on ne fait rien de mal, on n’embête et gêne personne », le directeur répondant : « vous buvez, vous importunez les clients en réclamant de l’argent. Allez faire votre vie ailleurs, ici ce n’est pas
un abri pour voyous ou clochards, c’est un endroit privé ».
Les jeunes étaient très énervés, les insultes ont commencé à pleuvoir.. La police est arrivée en renfort (le directeur l’avait fait appeler). Tous les jeunes ont été embarqués, je n’ai rien pu faire….
Après le départ en fourgon de police des jeunes, je suis allée voir le directeur du magasin et lui ai demandé comment un homme comme lui pouvait accepter que des associations caritatives diverses puissent, lors de campagnes, récolter denrées alimentaires, argent et que par ailleurs il était capable de rejeter parce qu’ils étaient aux abords de son magasin, en chair et en os ces mêmes personnes..le ton est un peu monté, je n’ai pas réussi à me faire comprendre…
Je suis sidérée par ces manières de faire, on donne avec des filtres, on accepte des campagnes mais pas les gens eux-mêmes, on décide qui doit donner, ce qui doit être donné aux pauvres.. on les comprend mais on les rejette…on reste dans des clichés bons ou mauvais pauvres, méritants ou pas…
N’est-ce pas une réelle violence pour ces jeunes de se voir éjecter de ce parking alors qu’en haut des marches qui conduisent au magasin une association fait une collecte. Sur la pancarte il est noté « soutenez notre action pour aider nos pauvres »… N’y a-t-il pas de quoi faire de ces jeunes des révoltés?.. Et à chacun de s’indigner??

Martine Lecorre, Caen (France)

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