De l’assistanat à « l’art de la rencontre »

Il y a quelques semaines on a assisté en France à une vaste émotion à la fois politique, médiatique et populaire à l’annonce de la remise en cause du plan européen d’aide alimentaire. Du bénévole au ministre, tous étaient indignés qu’on puisse remettre en cause l’assistance vitale aux plus démunis…

Hélas, quelques semaines plus tard, que constate-t-on dans notre beau et riche pays?

– Que le dernier rapport de Médecins du monde évoque un « krach sanitaire » en France et des « politiques qui volontairement écartent du soin les plus vulnérables »

– Que le même rapport constate pour le logement que « 2010 a été marquée par la dégradation significative des conditions de vie des personnes rencontrées, le nombre de personnes avec un logement stable ayant baissé de 45% en 10 ans ».

– Que sur l’emploi les dernières déclarations politiques continuent de vouloir faire travailler quelques heures les sans travail pour qu’en quelque sorte ils « méritent » leur allocation de misère plutôt que de repenser la question de l’emploi pour tous à partir de la réalité de ce que vivent et sont les plus précaires.

– Qu’un jeune sur 5 en France sort toujours du système scolaire sans qualification

Et pourtant, les plus précarisés, eux, savent très bien ce qui ferait changer les choses vers plus de justice. Sur l’école par exemple ils nous disent:

« L’école laisse des traces indélébiles. Certains jours j’entends encore les moqueries, les mesquineries, let certaines images qui m’ont tant blessées »
« On parlait de notre enfant sans nous; je me sentais jugée, montrée du doigt,,,aujourd’hui il y a confiance et dialogue; la maîtresse m’a considérée comme une maman normale. On m’explique, on me demande mon avis, c’est moi qui dit oui. Je reste mère et responsable.
« A l’école on a toujours dit à ma fille qu’elle était dure, menteuse, désagréable, insociable. On a jamais su la cerner; il y a un mur d’incompréhension, »
« On n’est pas démissionnaire; au contraire on veut que nos enfants réussissent pour qu’ils ne revivent pas ce qu’on a vécu »

Alors quand nos ministres, responsables politiques et économiques, quand les citoyens entendront-il enfin que la lutte contre la misère n’est pas d’abord une question de nourriture ni de vêtement mais un besoin et un droit à exister dignement, à être reconnu comme une richesse, comme un Homme avec une utilité et un avenir?

La meilleure, la seule solution pour vaincre dans la durée la misère, c’est ce qu’Albert Jacquard appelle « l’art de la rencontre ».

Sébastien Billon (Angers, France)

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