Malthus et la marmaille

« J’ai vu des familles de huit enfants qui vivent dans une pièce. Ce n’est pas bien. On ne fait pas huit enfants quand on n’a qu’une pièce. »
Cette réflexion digne du café du commerce n’est pas seulement méchante, elle est stupide et couarde : plutôt que de régler le problème, noyons le chien !
C’est encore plus grave quand elle est prononcée par un personnage en charge de responsabilités d’Etat : Arno Klarsfeld, l’ex avocat président de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, de retour il y a quelques jours de Roumanie. (Le Monde 5 octobre 2011).
Cela mérite réflexion. Et si l’on suivait le précepte de Maître Klarsfeld ?
Car après tout, n’a-t-il pas raison : les enfants, voilà bien le problème et toute la question.
Ne faisons plus d’enfants et tous nos soucis seront réglés. Celui du logement par exemple : il y a suffisamment de logements sociaux en France pour peu qu’on réoccupe les pièces des logements laissés vacantes par le départ des enfants arrivés à l’âge adulte. L’école : encore un gouffre financier ! Réduisons les effectifs d’élèves et nous pourrons faire baisser la facture scolaire. Je ne sais si le cours des couches-culottes aggrave le déséquilibre de la balance commerciale française mais ce qu’on peut affirmer, sans grandes études, c’est que les enfants ponctionnent grandement le budget familial. ça vous coûte et finalement, avec moins d’enfants ce sont autant de ménages qui vivraient plus confortablement dans un pays dont l’Etat serait soulagé de la charge des allocations familiales. Et ne nous parlez plus de développement durable et de générations futures ! A nous la terre et tout, tout de suite !
Mais comment faire ? Simple. Il n’échappe à personne que les catégories de population  concernées en priorité sont vite identifiables : ce sont les familles pauvres qui font le plus d’enfants et parmi celles-ci une quantité non négligeable d’étrangers. D’où la « sortie » de Maître Klarsfeld à l’égard des Roms mais qui concerne aussi toutes les familles pauvres. Il semble que certaines fondations en Europe appuient déjà un programme de stérilisation des pères dans les quartiers pauvres. Pour les étrangers c’est encore plus simple : supprimons la notion de regroupement familial (admis depuis la loi de 1978) ainsi que pour les conjoints : or, voilà qui est fait depuis la loi Hortefeux du 20 novembre 2007 sur l’immigration « subie ».
Et oui, Maître Klarsfeld ne fait que développer un processus déjà en cours.
Une société sans enfants ? Malthus n’en revient pas… car on y va !
Oui, mais il y a un hic, me direz-vous. Qui cotisera pour nos retraites ? Qui viendra nous réchauffer le cœur dans la froidure du grand âge ? Une société qui refuse les enfants n’est plus société, elle n’est qu’égoïsme, sans projet, sans avenir.
Que dire de plus ? L’auteur de ces lignes est bien mal placé pour l’imaginer : père de six enfants, et grand-père de dix petits-enfants dont le dernier a eu un an mardi ! Quel cauchemar. Réveillons nous !

Pascal Percq (Paris, France)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s