Les grands perdants

Aux USA, le congrès a récemment, et avec difficulté, trouvé un accord concernant le relèvement du plafond de la dette. Ce fut un très long débat, pour ne pas dire combat, entre républicains et démocrates, qui a duré plusieurs semaines, débat entre le souhait du président démocrate Barack Obama d’augmenter les taxes pour les plus riches afin d’éponger les dettes, et les considérations des républicains qui estimaient que cela ne changerait rien, et que ce qu’il fallait c’était couper les dépenses de l’Etat. Autrement dit, couper les grands programmes qui soutiennent les familles les plus pauvres : par exemple, couper des milliards de dollars dans l’aide à la Santé [Medicare, Medicaid], dans le soutien alimentaire, dans la sécurité sociale et d’autres programmes dont bénéficient les très pauvres pour survivre. L’accord conclu prévoit un relèvement du plafond de la dette de 900 milliards de dollars, sans taxes pour les plus riches, et des économies budgétaires de 917 milliards de dollars en dix ans par des coupures graduelles dans les dépenses.

Encore une fois, ce sont les plus pauvres qui vont payer le prix d’un budget en déséquilibre, d’une mauvaise administration qui perdure depuis des années. Ces coupures vont peser très lourd dans la vie de ces familles.

Ainsi, Sparkle, jeune mère de famille avec quatre enfants en bas âge, a eu son électricité coupée pendant deux mois, car elle ne pouvait plus payer (elle devait $1,800). Elle a frappé à toutes les portes d’organisations supposées pouvoir soutenir des gens comme elle, qui ne pouvaient payer leur électricité. Malheureusement ces organisations ne pouvaient rien faire, car la somme dûe était trop importante et elles ne recevaient plus de subventions pour soutenir ceux qui en avaient besoin. A ce jour Sparkle n’a pas encore d’électricité dans sa maison.

Lance, jeune étudiant de 18 ans, veut poursuivre ses études mais il se retrouve en pleines difficultés dès le début de son année scolaire. Il doit mendier $2.80 tous les matins pour payer son transport. Bien que l’école soit gratuite, il faut trouver l’argent pour le transport, et $2.80 par jour est un énorme fardeau pour lui. Combien de temps Lance tiendra-t-il le coup avant de se décourager ?

Une autre mère de famille me disait récemment « Je ne regarde plus la télévision, je n’écoute plus les informations sur les débats autour de la dette. C’est trop dur en ce moment. Cela ne veut pas dire dire que je refuse de les écouter, mais je ne comprends pas ce qu’ils disent sur nous. Nous, les pauvres, nous resterons toujours invisibles aux yeux des politiciens. Ils ignorent nos souffrances quotidiennes. »

Tout ce débat sur la dette a évidement des répercussions sur la vie des plus pauvres aux États-Unis, mais aussi sur tous les autres pays pauvres de la planète. Oui, les pauvres payent très cher l’augmentation de la dette des pays. Comme toujours, ils sont les grands perdants.

Maria Victoire, New-Orleans (USA)

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