Toi, plus moi, plus eux, plus tous ceux qui sont seuls

En ce temps de rentrée, nous sommes habités et riches de visages et de moments d’été qui nous reviennent et nous resteront.

– Je n’oublierai pas cette maman rencontrée lors d’une séance de bibliothèque de rue avec ses deux jeunes enfants. Je la revois rire aux éclats lors d’un conte, juste après nous avoir dit son été parfois long et difficile avec les enfants: un mari travaillant de nuit en intérim, les enfants réduits au silence dans le petit appartement, l’ennui au quotidien, l’absence de sorties et de vacances, son souci de les occuper et de les distraire sans trop savoir quoi et comment faire. Son éclat de rire rappelait que les vacances ne sont pas une chance mais un besoin vital pour se retrouver, soi-même et en famille

– Je n’oublierai pas les images de la Corne de l’Afrique. Voir ces cœurs d’enfants battre à travers la peau diaphane fut horrible, terrible… Sentiment violent de honte, de révolte, d’impuissance… Je n’oublierai pas non plus ce sondage radio auprès de 2500 personnes qui me donna le frisson: 80% des personnes interrogées disaient qu’elle ne ferait pas le moindre geste pour la famine, notamment par réaction au peu de mobilisation des États. Au-delà de toutes les complexités de la géopolitique, constat amer d’une forme de délit d’humanité à tous les étages quand il n’y a ni banque, ni euros, ni pétrole à sauver…

– Je n’oublierai pas la soirée passée avec cet ami, malheureux de ne pas travailler entre deux missions d’intérim et se disant prêt « à accepter n’importe quel emploi, à faire n’importe quoi ». Illustration forte d’une conviction personnelle profonde: Le problème principal pour les plus exclus de l’emploi n’est pas leur refus de travailler; ni seulement une question de type d’emploi et de métier particulier à leur trouver. L’enjeu est bien plutôt d’abord de mener une réflexion sur les conditions de travail, l’accueil et l’étayage en amont, l’accompagnement et le vivre ensemble sur les lieux de travail.

Parce que je ne me résous pas à la désespérance, je veux enfin me souvenir et garder cette chanson de Grégoire ( artiste français ) hurlée cet été dans la voiture par mon fils de sept ans; chanson certes « naïve » et qui « ne changera pas le monde » (dixit l’auteur) mais que je veux garder pourtant: d’écoute en écoute, elle m’a plu cette chanson,
– pour son refrain « toi, plus moi, plus eux, plus tous ceux qui le veulent, plus tous ceux qui sont seuls » comme une promesse de fraternité…
– par cette conviction que « tout est possible, réalisable, (qu’)on peut s’élever bien plus haut que nos rêves », comme un défi au manque d’espérance et de foi dans la grandeur et la force d’humanité de chaque Homme
– par cette conclusion en forme de vœu, vœu de « nous voir des étoiles plein les yeux, épanouis et heureux »

En cette rentrée je ne pourrais formuler mieux le droit et l’aspiration profonde et fondamentale au bonheur de chacun, et des plus faibles, fragiles et pauvres particulièrement.
Il dépend de chacun de nous de voir les étoiles brillant dans notre ciel
Il dépend de chacun de nous de permettre à l’autre de vivre sa part de bonheur et de paix

Sébastien Billon (France)

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Une réflexion au sujet de « Toi, plus moi, plus eux, plus tous ceux qui sont seuls »

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