Le choléra

Depuis plus d’un an au Cameroun, le choléra est la maladie qui bat son plein. Choléra par-ci, choléra par-là. Campagne contre le choléra ici et là.
N’allez pas croire que je suis contre la guerre qui est déclarée au choléra. Bien au contraire ! Je suis seulement étonnée que cette lutte ait du mal à aller au-delà d’un gros tapage médiatique pour aider véritablement les populations à éviter cette maladie.
Les affiches qui sont collées sur les murs dans nos villes, dans les centres hospitaliers, dans les écoles, dans les services publics, nous recommandent le respect des règles d’hygiène pour se mettre à l’abri du choléra. Mais est-ce suffisant ?
Il existe à Yaoundé, un bidonville situé dans une vallée qui sépare deux quartiers prestigieux, Bastos et Nlongkak. Ici, on a besoin de plus que le respect de simples règles d’hygiène pour éviter le choléra, à cause d’une insalubrité criarde et des inondations orchestrées par les pluies qui ont commencé à s’abattre dans la ville de Yaoundé au mois de juillet et qui continuent de tomber à grosses cordes.
Une maman qui habite ce quartier nous disait : ici le choléra fait partie de notre monde. Quand il pleut, il y a toujours inondations et les eaux qui montent souillent tout ce que nous avons, habits, vaisselles, meubles, documents. Nous passons la nuit éveillés et debout à essayer d’accrocher le plus haut possible dans nos maisons, ce que nous avons de précieux et de facile à porter. Parfois tu es dans ta maison et l’eau t’arrive au ventre. Tout ce qui est léger flotte sur les eaux et, parfois, est emporté. Parfois encore, les latrines sont touchées et l’eau est ainsi très contaminée. Nous ne sommes à l’abri d’aucune maladie. Avant les campagnes contre le choléra, nous mourrions déjà de choléra ici. Et en plus, nous souffrons de beaucoup de maladie de la peau, de paludisme. Pour les habitants de ce quartier, la saison de pluie apporte beaucoup de malheurs.
A la question de savoir pourquoi ils ne quittent pas cet endroit, elle nous a répondu : « qui peut se plaire à vivre dans un endroit pareil. Nous restons parce que nous n’avons pas les moyens d’aller ailleurs. Le gouvernement a déjà menacé de nous déloger. Mais où irions nous s’il ne nous aide pas à trouver un endroit. Nous n’avons pas d’argent pour payer un loyer ailleurs. »
Pour ces nombreuses familles, en dépit de toutes les campagnes, le choléra ne fera jamais partie que du présent. A moins que nous ne réexaminions nos façons d’aider les populations, surtout les plus pauvres, à éviter le choléra…

Jeanne Véronique Atsam (Cameroun)

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