L’errance des plus pauvres

La crise des logements sociaux au loyer modéré reste un grand défi pour les Etats-Unis. Pourtant le département de commerce indiquait qu’il y a eu un accroissement de logements à louer en Mars 2011 comparé à février où il était très bas.
Trouver une Maison pour y habiter en famille un, deux ou trois ans reste un défi pour bien des familles pauvres de la Nouvelle-Orléans, avant et après l’Ouragan Katrina.
La Ville de la Nouvelle-Orléans et ses alentours ont perdu 75, 000 logements soit presque 13% du marché des logements sociaux après l’ouragan Katrina.
L’Administration du Président Obama a pris des mesures importantes pour soutenir les familles pauvres, et ainsi les aider à trouver une solution à long-terme pour garder leur logement. Pourtant certaines familles ont du mal à rester dans un même logement : parfois c’est à cause du quartier, parfois à cause de l’insalubrité de la maison, parfois ce sont les expulsions forcées, parfois les propriétaires font leur propre loi, pas d’enfants, pas de jeunes, pas d’animaux. Les familles sont constamment en transition de logement. 68,000 familles ont déménagé plus de dix fois affirme le département des logements sociaux.
Elles déménagent plusieurs fois avant de vraiment se poser. Parfois la fatigue de chercher une maison dans un bon quartier les gagne, mais aussi la peur : peur de ne pas être acceptées dans le quartier, peur que les jeunes ne tombent sur de mauvaises fréquentations qui leur poseraient des problèmes, et plus encore peur de la violence qui règne dans le quartier … Ces familles sont littéralement USÉES par la recherche de logements, et cela les rend anxieuses et même agressives. Une grand-mère de 43 ans, Doris, pleure en racontant : « je croyais avoir une maison cette semaine, je l’avais visitée et on était tous très contents, j’avais tous mes meubles dans le camion, on était sur le point de signer le contrat. Mais le propriétaire a vu les enfants, il m’a dit qu’il ne me louait plus son appartement car il ne voulait pas d’enfants dans sa maison. » Et Doris d’ajouter, « J’ai besoin que mes enfants et petits-enfants puissent venir chez moi, que je puisse les accueillir. Maintenant je n’ai plus de maison, j’ai mis tous mes meubles dans un dépôt. J’ai appelé plusieurs propriétaires mais aucun d’eux ne veut d’enfants. « J’ai pleuré toute la journée » Sûre d’avoir trouvé un logement, elle avait rendu le sien, et du coup, elle se retrouvait sans lieu pour habiter. Avec le peu d’argent qu’elle avait mis de côté pour le déménagement, elle a dû payer l’entreposage des meubles. Elle a appelé d’autres propriétaires de logements, mais tous ont refusé de lui louer quoi que ce soit. C’est alors que Doris s’est mise à pleurer car elle sentait l’errance la gagner.
Il y a en a des milliers de familles comme Doris qui se trouvent dans cette même situation d’errance. Parfois elles trouvent un logement rapidement pour ensuite partir à nouveau mais parfois cela prend des mois.
La crise de logements c’est toujours les plus pauvres qui en payent le prix.

Maria Victoire (New Orleans, USA)

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