Une santé à deux vitesses…

Il y a peu, la sœur de mon mari, qui a eu une vie pleine d’épreuves, est décédée d’un cancer… Je connais beaucoup trop de personnes autour de moi, qui sont dans la pauvreté, et qui finissent ainsi leur vie trop tôt, bien trop vite. En pensant à eux, parfois, je crains que l’on fasse moins bien attention à ceux, parmi les malades, qui sont pauvres. Que l’on prenne tout simplement moins bien soin d’eux. Qu’on les traite de manière à ce que cela coûte moins cher entres autres.

Je le constatais encore chez ma fille qui a eu une opération compliquée il n’y a pas longtemps. Comme elle ne pouvait pas se permettre de payer « les prestations complémentaires » de son Assurance Maladie, elle n’a pas eu le droit à des soins poussés dont elle aurait eu absolument besoin. Pas question non plus du soutien d’une personne à domicile pour l’aider pendant qu’elle devait rester alitée. C’est vraiment la santé à deux vitesses.

 Mais je l’avais aussi constaté au niveau du respect tout court, dans la vie quotidienne à l’hôpital. Quand dans la vie, en venant du très bas, on a tout le temps fait l’expérience du rejet et du non estime – et qu’on est donc terriblement blessé dans son âme – on espère encore bien plus que, au moins dans un hôpital, ce soit différent. Qu’au moins là, dans un « lieu de guérison par définition » on mette tout, mais vraiment tout, en œuvre pour que tu ailles bien… Mais tu tombes sur certains médecins par lesquels tu ne te sens pas réellement pris au sérieux, ou qui ont une telle attitude de condescendance. Tu dois sonner plusieurs fois pour que, enfin, les infirmières se déplacent… C’est chaque fois comme de petites piqûres d’aiguilles en plus qui s’enfoncent dans ton corps. Et quand tu entends encore ta voisine se plaindre auprès du personnel parce que, pendant la nuit, tu as sangloté de douleur… c’est comme la dernière goutte qui fait déborder le vase.

Comment alors bien guérir ? Comment des vies, déjà fragiles comme de la dentelle, ne se fragiliseraient-elles pas encore plus ? Dès fois je me dis : « Mais c’est peut-être justement ça que veulent bien certains pour ceux qui se sentent déjà comme de trop sur terre : une santé à deux vitesses, des relations à deux vitesses, et une mort par conséquent aussi à deux vitesses… »


Nelly Schenker avec Noldi Christen (Suisse)

*Tableau de Nelly Shenker:  Pauvre = Mort ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s