ESPERER OU DESESPERER DU MONDE ?

La vie, telle que rapportée par les media, nous fait souvent vaciller entre l’espoir et le désespoir. Ce fut particulièrement le cas, ces derniers temps. Dans la même édition du journal francophone québécois « La Presse » du 5 février dernier, on relatait tout l’espoir qui sous-tend le bouillonnement des pays arabes, alors que Pierre Foglia, éditorialiste de ce journal, lui, pointait du doigt, le désespoir de trois familles, une canadienne et deux françaises :

« Un couple de Port-aux-Basques, à Terre-Neuve, a perdu la garde de ses deux enfants. Le rapport des services sociaux ne signale pourtant pas de sévices, aucune preuve de négligence ; il souligne même qu’on est en présence de parents attentionnés qui aiment leurs enfants. Des parents attentionnés qui aiment leurs enfants.

Mais alors ? Pourquoi leur retirer leurs enfants?

Tenez-vous bien: parce que leur quotient intellectuel n’est pas assez élevé.

Les services sociaux de Terre-Neuve soutiennent que le quotient intellectuel de ces parents n’est pas assez élevé pour qu’ils s’occupent de leurs enfants convenablement, et la ministre de la Famille ( Charlene Johnson) en rajoute une couche: un faible quotient intellectuel des parents peut présenter un risque pour la sécurité des enfants.

Vous imaginez (….) que maintenant, à Terre-Neuve, au Canada, pour avoir le droit d’élever des enfants, il faut avoir un certain quotient intellectuel.

C’est incroyable, cette notion de quotient intellectuel parental minimum, on tient là un débat de fond qui risque d’agiter le pays pas mal plus que la péréquation. (….)

Curieusement, au même moment, en France, une autre histoire d’élevage d’enfant fait grand bruit. L’histoire d’une petite fille de 5 ans, Cindy, placée à deux mois et demi en famille d’accueil parce que ses parents étaient incapables de prendre soin d’elle.

Cinq ans plus tard, la famille d’accueil est informée par les services sociaux que, « pour le bien de l’enfant » , la petite sera bientôt déplacée dans une autre famille d’accueil.

Les gens qui élèvent la petite depuis cinq ans l’adorent et elle le leur rend bien. C’est là le problème: les parents biologiques, qui continuent de visiter la gamine, se sentent écartés, avancent qu’on est devant un cas de détournement d’affection. Les services sociaux abondent dans leur sens: la petite sera retirée à la famille d’accueil trop aimante pour, disent les services sociaux, « casser le lien affectif entre l’enfant et le couple » .

Casser le lien affectif. C’est incroyable, non ? Et comme formulation et comme concept éducatif. Espérons que la nouvelle famille d’accueil ne tissera pas avec cette enfant des liens trop affectifs qu’il faudra encore casser. (….) »

Bernadette Lang (Montréal)

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s