Chacun de nous est concerné par ce qui arrive aux autres…

L’un des défauts de la vie moderne est l’incapacité des gens à percevoir tous les bienfaits dont ils bénéficient chaque jour. Un autre défaut est de rester chacun tourné sur soi même, sans trop de regard au prochain. Chacun est à la recherche de son bonheur, convaincu que ce qui arrive aux autres n’est pas de sa faute.

Et pourtant, nous sommes tous responsables les uns des autres. Chacun de nous est concerné par ce qui arrive aux autres. Si suffisamment de personnes croient à cette idée et agissent en conséquence, nous ne règlerons peut-être pas tous les problèmes, mais nous ferons au moins un grand pas pour soulager ceux qui ont des conditions de vie difficile.

Noël se célèbre dans quelques jours. Et avec Noël, c’est l’année 2010 qui descend doucement dans les archives du temps. Que nous aura appris l’an qui s’en va ? De quoi serons-nous capable en 2011 ? Chaque année me rend plus consciente, me donne à mieux voir et à comprendre davantage. Depuis ma tendre enfance, j’ai passé une bonne portion de ma vie au contact de personnes pour qui la vie est dure à cause de la pauvreté. J’ai été témoin de la lutte de tant d’hommes et de femmes qui tenaient malgré leur dénuement à offrir le meilleur à leurs enfants. J’ai vu tant d’enfants faire des efforts multiples et variés, efforts trop souvent supérieurs à leur jeune âge, dans le but de soulager leurs parents, leurs frères et sœurs, et de rendre la vie moins triste dans une situation de misère dont on peine à trouver les justes mots pour en peindre le tableau.

Mais ce n’est pas seulement les luttes de ces hommes, femmes et enfants qui m’ont touchée. C’est surtout leur courage, leurs sourires et rires, vrais et purs, au milieu de tant de tristesse, et aussi leur générosité, le souci de partager le peu qu’ils ont avec ceux qui comme eux, peinent sur le chemin de la vie.

Mais plus, ce qu’il y a de meilleur dans l’esprit ces personnes qui vivent dans la misère et la pauvreté, c’est leur audace de croire et d’espérer qu’un jour les choses peuvent aller mieux pour elles, malgré que leurs vies soient embourbées dans la misère. Elles ne demandent pas la lune. Elles savent que leur salut dépend en premier lieu de leurs efforts et n’attendent pas de nous que nous résolvions leurs problèmes à leur place. Elles ont simplement besoin de ne pas se sentir lésées par nos arrangements institutionnels, oubliées par nos lois, exclues par nos regards, effacées par notre indifférence. Chacun de nous est concerné par ce qui arrive aux autres…

Jeanne-Véronique Atsam  (Cameroun)

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