La misère ne recule pas automatiquement quand un pays se développe

Au moment du Sommet des chefs d’État à New York en septembre dernier, sont tombées les statistiques liées aux objectifs du millénaire. Depuis l’an 2000, des pays extrêmement peuplés comme la Chine, l’Inde ou le Brésil ont réussi à diminuer le nombre de personnes qui sont sous alimentées, n’ont pas accès à une eau potable, ne peuvent scolariser leurs enfants ou se soigner. L’explication avancée est principalement que ces pays ont connu un très fort taux de croissance durant ces dix dernières années.

C’est bien.

Mais j’ai très peur qu’avec ces bilans positifs, on ne conclue qu’il suffise que la croissance d’un pays, donc sa richesse globale, augmente, pour que la misère recule. Or s’il y a une seule leçon que les pays riches peuvent donner aux pays en voie de développement, c’est celle-ci : nos pays ont tous connu des décennies de croissance forte après la guerre de 40, le revenu moyen par habitant a considérablement grandi, mais nous n’avons pas éradiqué la misère. Pire, ceux qui la subissent sont encore plus marginalisés et « interdits de séjour » que dans des pays plus pauvres ! Et on voit actuellement aux États-Unis, pays le plus riche du monde, augmenter très sensiblement le nombre de personnes dans la pauvreté !

Ce qu’on constate aussi chez nous, c’est que la misère recule quand il y a de la croissance (et donc de l’argent à partager) et une volonté explicite de lutter contre l’extrême pauvreté, particulièrement si on associe ceux qui vivent dans la misère à la conception et la mise en œuvre des politiques dans ce domaine. On l’a vu en France, en Belgique ou au Québec par exemple dans les années 90. On mesure aussi l’efficacité des politiques ciblées sur le soutien aux familles très pauvres au Brésil durant la présidence de Lula.

Alors j’espère que nos chefs d’État verront clair dans ce qu’il reste à faire : soutenir la croissance sans doute (sans oublier de protéger l’avenir de notre planète) et centrer les efforts de la lutte contre la pauvreté sur ceux qui n’ont pas pu tirer parti des améliorations qui ont déjà eu lieu, de façon qu’on invente avec eux des manières de faire qui ne laissent plus personne de côté

Bruno Couder (Pierre Châtel, France)

 

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