Les murs gagnent du terrain…

A l’heure de la mondialisation, de la globalisation, il existe, actuellement, selon le géographe français Michel Foucher, grand spécialiste des frontières, au moins 17 murs à travers le monde, dont la majorité ont été érigés après 1989, date de la chute du mur de Berlin !
Un reportage paru, à Montréal, dans le quotidien francophone « La Presse » du 26 septembre 2009 notait que toutefois, la fonction de ces murs a changé : ils n’empêchent plus les gens de sortir. Ce sont maintenant des remparts qui servent à bloquer l’arrivée de l’Autre. Celui qui est pauvre. Celui qui fait peur.
Certaines de ces barrières sont connues : le mur entre le Mexique et les USA, ou celui entre Israël et la Cisjordanie. D’autres le sont moins : celui entre le Botswana et le Zimbabwe, le « mur de sable » dans le Sahara occidental, ou la barrière qui sépare l’Inde du Pakistan. Ainsi selon Michel Foucher, ces 17 murs internationaux couvriraient 7500 kms, soit 3% des frontières actuelles. Et si les projets en cours sont menés à terme, il y aura bientôt 18000 kms de frontières fortifiées.
Et c’est sans compter les frontières intérieures : les murs qui séparent les catholiques des protestants en Irlande du Nord, ou celui de Padoue en Italie, qui isole un quartier d’immigrés africains. A Montréal une clôture sépare le quartier aisé de Ville-Mont-Royal du quartier populaire, voire défavorisé de Parc Extension. Oui, celle-ci est peut-être moins hermétique car il y a quelques portes mais qui souvent sont fermées, comme par exemple en ce moment pour  Hallowen, afin que les enfants de Parc-Extension ne viennent pas importuner l’ « autre côté ».
Aux USA, mais aussi au Canada comme à Vancouver ou Toronto fleurissent les « communautés fermées ou gated communities » derrière des barrières que nul ne peut franchir sans y être autorisé. Ces communautés choisissent leurs résidants selon des critères d’âge, de richesse ou de classe sociale.
Et à l’heure de l’internet, tous les murs ne sont pas faits que de béton ou de barbelés. Reporters sans frontières a noté qu’au moins 12 pays ont érigé autour d’eux une « cybermuraille » qui bloque l’accès à des informations jugées indésirables ( Chine, Tunisie, Vietnam, Egypte…)
Que faut-il penser de tous ces murs ? Je l’ignore mais toutes ces barrières entre les Hommes me font peur. Est-ce , comme le dit  Michel Foucher dans le reportage de La Presse, le constat d’échec d’un rêve d’égalité et de développement ? Autrement dit, plus il y a d’inégalités, plus il y a de gens qui veulent aller chercher leur chance ailleurs, et plus l’ « ailleurs » voudra se barricader ?
Ou ces murs seraient-ils la matérialisation des préjugés que nous véhiculons tous, selon nos classes sociales, nos cultures, nos spiritualités… et qui excluent ceux qui ne vivent pas comme nous, qui ne pensent pas comme nous ?

Bernadette Lang (Montréal – Canada)

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