Lettre à Mme. Viviane Reding, Commissaire de la Commission de l’Union Européenne

Chère Madame,

Oui nous en avons « assez » de voir les flics bâtonnés comme seule présence et message de notre société envers des familles enfouies dans les chemins creux, boueux, et dans les forêts ;

Oui, « assez » de voir les jeunes – dans les trains de banlieue de Paris, par exemple – devoir tenir lieu et place d’épouvantail parmi nous, tenus en troupeau;

Assez d’entendre la France officielle s’abêtir, comme si la sensibilité internationale  était illégitime lorsque  les Droits de l’Homme sont en jeu – légitimée par la même France d’ailleurs, en des moments de conscience plus perspicace.

Oui, assez. Seulement, « en avoir assez » d’un bruissement est une chose    aller au bout d’une préoccupation, se mettre en tête d’un mouvement de renouveau, en est une autre.

 Pour en rester à minorité des Roms en Europe de l’Ouest, aujourd’hui : qui de nous citoyens va au-delà de la gêne personnelle que provoque la présence des ces enfants, jeunes, femmes et hommes ? Qui de nous pousse sa commune à aménager de vrais terrains, à proposer la scolarisation aux enfants ?  Qui en dehors de quelques volontaires prend des initiatives de rencontre ?

Qui a protesté lorsque les habitants de Usti/Labem, en Tchéchie (alias Tchéquie ), ont construit un mûr   pour isoler la cité des Roms et Sinti? Que dit la Commission Européenne face à la discrimination massive dans tous les domaines qu’ils subissent dans un pays comme la Hongrie, ou autrement dit, en quoi la société hongroise est-elle encouragée à sortir d’une hostilité séculaire ? 

Et puis, il y a la violence faite aux pauvres de tout temps. Les protestataires, parmi lesquels le Père Wresinski ( fondateur du Mouvement ATD Quart Monde), la CIMADE, quelques « farfelus », ne faisaient pas foule lors  des rasements des bidonvilles autour de Paris, au bulldozer, CRS à l’appui, en 1970. Aujourd’hui, il y a la violence tout de « go », face à ceux qui arrivent sans contrat de travail  en Europe. Connus sont les camps de Lampedusa et de Calais. Mais il y a des centres de détention avant « Abschiebung » (expulsion) en Allemagne, il y a le cercle vicieux de la vie des familles sans-papiers en Allemagne, où un Directeur d’Ecole qui accepte un enfant d’une telle famille est condamné pour détournement de fonds publics sans que cela ne provoque de débat public. Il y a le glissement dans l’insécurité et la peur parmi les opinions publiques en Europe,  à étudier aux Pays-Bas et en Suède récemment, sans que cela secoue la vie publique et politique.

Où êtes-vous, Chère Madame? Allez-vous nous redonner courage? Souhaitez-vous que nous vous donnions courage?

Mascha Join-Lambert (Neudorf – Allemagne)

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Une réflexion au sujet de « Lettre à Mme. Viviane Reding, Commissaire de la Commission de l’Union Européenne »

  1. Bonjour Mascha, je suis bousculé et pas forcément à l’aise avec cette manière de dire les choses, car je suis aussi impressionné par les initiatives citoyennes qui donnent espoir comme ceux qui ont jeûné devant l’assemblée nationale et en même temps cela fait du bien de sentir ton refus et d’entendre ton interpellation.

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