Lio ou sourire d’éléphanteau

Il est de ces jours, où notre vie est faite de rencontre inattendue. Un samedi matin du dernier mois d’aoBEût, le long d’une grande avenue de Sisaket, j’ai rencontré Lio. Lio est un petit éléphant de deux ans. Ses deux accompagnateurs invitaient le tout venant à lui offrir des morceaux de canne à sucre en retour de vingt bahts ( ½ euro). Ainsi, Lio est un petit éléphant vagabond et mendiant.

En 2002, “la fondation des amis des éléphants” s’alarmait de voir une centaine de pachydermes mendier dans les rues de Bangkok. Cette activité garantissait à leur propriétaire un revenu journalier entre 500 et 700 bahts soit environ 6 000 bahts mensuels (soit 130 euros).

En juillet 2009, après dix ans d’échec, le gouverneur de Bangkok mit en place deux types de mesures pour favoriser le retour des éléphants mendiants dans leur forêt.

Une première mesure répressive : une amende de 10,000 bahts (250 euros) et six mois de prison à l’encontre de ceux coupables de mendicité avec un éléphant sur la voie publique.

Une deuxième mesure plus populaire : le projet “Sourire d’éléphant” avec la création d’un foyer dans leur milieu naturel sur 1 200 hectares pouvant accueillir trois cents pachydermes.

Concrètement, la municipalité de Bangkok pour prévenir le risque du sous emploi des propriétaires d’éléphants a débloqué un budget de deux cent millions de bahts (quatre millions d’euros). Ce budget a permis de racheter soixante quinze éléphants mendiants (souvent âgés de trente à quarante ans) à leur propriétaire. Grâce à ces mesures, de juillet 2009 à juillet 2010, leur nombre dans les rues de Bangkok serait passé de deux cents à dix.

Lio, le petit éléphant ne mendie pas à Bangkok. Lio n’est pas un vieil éléphant à vendre. Certains jours, Lio mendit et grandit dans le tumulte des cités, loin de sa forêt.

Lio est originaire d’un des deux villages des éléphants du canton de Krapho dans le district de Tha Tum, province de Surin dans le nord est de la Thaïlande. Les familles de ces villages sont de la tribu aborigène Kuy. Chaque foyer possède en moyenne cinq éléphants. Ils sont considérés comme des membres de la famille.

Chaque année, sous la conduite des anciens de cette tribu, deux voir trois expéditions sont lancées dans la forêt pour capturer des éléphants sauvages. Ceux-ci seront soit conservés pour leur force de travail ou bien vendus.

La vie est aussi faite de ces moments de fêtes où Lio et les siens sont à l’honneur. Dans la ville de Surin, le 26 juillet dernier à l’occasion de Wan Asanha Bucha, jour de la commémoration du premier discours du Bouddha, quatre vingt trois bonzes bouddhistes ont reçu leurs offrandes matinales à dos d’éléphant.

Alain Souchard – Sisaket (Thaïlande)

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